L’application météo du XVIe siècle

Mise à jour du 24 avril 2017 : le compendium s’est envolé à 80 000 euros et a été acquis par un acheteur allemand, à l’issue d’une bataille au téléphone et en live. Un prix que Matthieu Semont juge à la hauteur de l’objet, particulièrement touché par la découverte de ce nécessaire astronomique, exceptionnel par sa rareté et sa finesse d’exécution.

Avant le smartphone, pour consulter l’heure, la météo et son agenda, il y avait au XVIe siècle le compendium astronomique, un objet scientifique mystérieux, doté des applications les plus perfectionnées. Estimé de 20 000 à 30 000 euros, il sera mis en vente par Maître Matthieu Semont le samedi 22 avril 2017 à Olivet et sur le Live d’Interencheres. Rendez-vous pris avec les astres pour un alignement favorable.

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A la cour de Prague

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Remontons le temps, tournons quelque peu à l’est et rejoignons la Bohème du XVIe siècle. Sur la rive gauche de la Vltava, le château du Hradčany domine majestueusement Prague et sa vieille ville. Là, l’empereur Rodolphe II s’est retiré du monde, en proie à de puissantes crises de mélancolie. Seul, il s’adonne à sa passion pour les arts et les sciences, pour devenir le plus grand mécène de son temps. Autour de lui s’affairent les peintres, sculpteurs, mathématiciens, médecins, astrologues et astronomes les plus importants de toute l’Europe.

Parmi eux, l’horloger Erasmus Habermel est nommé fabricant de l’empereur en 1593. Depuis son atelier pragois, il produit en abondance un large choix d’instruments où les mathématiques se mêlent à l’astronomie et l’astrologie.

C’est l’un d’eux que Maître Matthieu Semont découvre fortuitement au cours d’un inventaire. Face à l’objet en alliage de cuivre doré, finement gravé à la main et assez petit pour tenir dans une poche, le commissaire-priseur reconnaît un compendium astronomique.

Si le parcours de l’objet reste énigmatique, il était sans doute destiné à un dignitaire italien. Réservé aux érudits, le compendium astronomique témoigne des premiers développements de la pensée scientifique, dans laquelle l’astrologie et l’astronomie jouent un rôle prépondérant.

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Un objet énigmatique

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Réalisé vers 1590, l’objet dévoile, à mesure qu’on l’explore, de multiples instruments scientifiques : un cadran lunaire, un cadran horizontal, une table des planètes au cours des heures diurnes, une boussole, un tableau des heures égales et inégales, une rose des vents…

Présent dans les musées du monde entier, le compendium astronomique n’a pourtant pas encore révélé tous ses secrets et le fonctionnement de ses applications avant l’heure reste encore baigné de mystère. « Hormis le cadran solaire et le cadran lunaire qui pourraient servir au voyageur pour connaître l’heure, il est difficile de déceler l’utilité de tous ces instruments, quatre siècles plus tard », explique l’expert Bruno Petitcollot.

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Une oeuvre d’art de la Renaissance

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« Un tel objet coûtait certainement très cher à l’époque et nécessitait plusieurs mois de réalisation. » Instrument novateur, il est aussi d’une remarquable finesse d’exécution et révèle la beauté des objets de la Renaissance. Erasmus Habermel parvient ainsi à transformer un instrument scientifique en une œuvre d’art raffinée. « Cette infinie habilité, nous la retrouvons sur le marché de l’art, pour la première fois depuis plusieurs décennies. »

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Lien vers l’annonce de la vente

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