[Vidéo] Dubuffet, Michaux, Dado sortis de la poussière

Mise à jour du 27 mars 2017 : record mondial pour une aquarelle d’Henri Michaux adjugée 56 000 euros. La Barbe des astrologues de Tyr de Dubuffet  a quant à elle trouvé preneur pour 325 000 euros.

Dimanche 26 mars 2017, Maître Michel Siboni dispersera une collection insolite à l’Hôtel des ventes de Sceaux. Des œuvres de Jean Dubuffet, Henri Michaux, Dado, Diego Giacometti, Dali seront mises en vente avec des pièces d’art d’Asie et d’arts premiers. La vente succède à la découverte exceptionnelle de cette collection de deux intellectuels amateurs qui accumulèrent tout au long de leur vie des pièces majeures et atypiques.

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Une découverte insolite

Le soleil se lève sur les berges de Seine et avec lui, la clameur matinale. Sillonnant les rues de l’île Saint-Louis, Maître Michel Siboni rejoint l’appartement où il a été appelé pour un inventaire successoral. Il ignore encore ce que renferme le bel immeuble bourgeois.  « En entrant, j’ai d’abord vu toutes ces œuvres d’art africain, ces bibelots, ces livres sur lesquels la poussière s’était accumulée, raconte le commissaire-priseur. Mais alors que je pousse quelques vêtements, je reconnais une première huile de Jean Dubuffet. Je décide de continuer à explorer la pièce et une deuxième, troisième, quatrième œuvres de l’artiste apparaissent aux côtés d’encres d’Henri Michaux et de pièces signées Dado. » A cet instant, il comprend qu’il est face à une collection majeure des plus insolites et éclectiques. 

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Le « goût Cordier »

Derrière l’apparent fouillis de l’appartement, se cachent des pièces d’une grande qualité, sélectionnées avec soin et déjà exposées dans plusieurs galeries et institutions publiques.  « On doit cette collection, démarrée dans les années 1970, à un riche industriel qui était très ami avec le directeur de galerie Daniel Cordier, connu pour avoir lancé les plus grands de l’art brut et de l’art informel, et qui conseillera le couple dans le choix de ses œuvres. » Cette collection que son épouse poursuivra seule suite à la séparation du couple, est ainsi révélatrice d’une tendance, le « goût Cordier ». A côté des figures évanescentes et dessins hallucinatoires d’Henri Michaux ou des décors grotesques et monstrueux de Dado, on découvre un « Paysage mental » (estimé 120 000 – 150 000 euros) et un être sans membre, doté d’une longue barbe (estimé 300 000 – 400 000, adjugé 325 000 euros), signés Dubuffet.

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Un univers magique

Dans cet étonnant cabinet de curiosités, les civilisations du monde entier semblent s’être données rendez-vous. Les œuvres les plus atypiques côtoient une table signée Giacometti (estimée 60 000 – 90 000, adjugée 230 000 euros), une nappe dentelée esquissée par Miro (estimée 10 000 – 15 000, adjugée 21 500 euros) et des marionnettes et masques chinois ou africains. « De nombreuses œuvres sont liées à la mort et à la sorcellerie. Le couple était passionné par les rites funéraires et la culture chamanique. » Dans cette caverne d’Ali Baba, tour à tour étouffante et rassurante, l’âme du collectionneur rôde toujours. « En dehors de ses missions régulières en Asie pour l’UNESCO, la propriétaire fréquentait peu de monde et vivait recluse dans son appartement. »

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Deux intellectuels amoureux de l’art

Mais loin d’être le fruit des excentricités d’un couple passionné d’occultisme, les pièces dévoilent l’univers de deux passionnés d’art, de philosophie, de religion et de littérature. « On découvre une collection très intellectuelle des années 1970-1980. » Sur les œuvres et les objets, des petits papiers ont été délicatement posés. La collectionneuse y notait les citations de ses auteurs préférés, recueillies au fil des années. Ce sont ainsi des œuvres chargées d’histoire et de souvenirs qu’emporteront un à un les enchérisseurs, comme autant de fragments de la vie passée de ses propriétaires.

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Lien vers l’annonce de la vente

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