5 raisons d’acheter de la faïence de Blois


Une production directement inspirée de la Renaissance, dans laquelle chimères, tritons et Charles Quint évoluent au milieu de rinceaux et de feuilles d’acanthe en regardant vers les châteaux de la Loire… À l’occasion de la dispersion de la plus importante collection de céramiques blésoises, organisée par Maître Guillaume Cornet samedi 23 septembre 2017 à Blois et sur le Live d’Interencheres, le commissaire-priseur détaille les atouts de ces faïences du XIXe siècle.

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1. Une terre cuite sous les feux de l’actualité

Pour protéger ses précieuses faïences, Michel Pasquier avait transformé l’une des pièces de sa maison de Cheverny, à quelques kilomètres de Blois, en chambre forte. Les céramiques y étaient exposées à l’intérieur de vitrines sécurisées. Disparu il y a quelques mois, le collectionneur avait constitué cet ensemble pendant plus de 40 ans, en prenant soin d’adjoindre tous les ateliers successifs de cette production, active de 1862 à 1953. Concomitamment à la dispersion de ses 145 pièces a lieu la parution du premier ouvrage de référence sur les céramiques de Blois*, qui se base sur la collection de Michel Pasquier. « La plupart des faïences blésoises que nous mettront aux enchères y sont photographiées », détaille Maître Guillaume Cornet en rappelant que cette documentation constitue un précieux atout pour la traçabilité et la valeur des pièces.

 

2. Une immersion dans le décor de la Renaissance

Les artistes de la faïence blésoise s’inspirèrent directement des châteaux de la Loire entourant Blois, et de la période au cours de laquelle ils furent construits : la Renaissance. « Le registre décoratif de cette époque est omniprésent :  rinceaux sur fonds bleus, feuilles d’acanthes, chimères, tritons, ainsi que les emblèmes royaux de la salamandre ou de l’hermine. Les anses en serpentines, dont l’enroulement rappelle celui du serpent sont également particulièrement représentés. » Maître Guillaume Cornet tient également à ajouter que toutes les pièces étaient réalisées à la main et donc quasiment uniques. « Pour tous ceux qui aiment les céramiques de la Renaissance, la faïence de Blois offre la possibilité d’acquérir des pièces se référant directement à cette période en bien meilleur état que celles du XVIe siècle et beaucoup plus accessibles ! »

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3. Une reconnaissance internationale : sur le marché comme au musée

Dès les débuts de sa production, la céramique de Blois connaît une renommée internationale, essentiellement portée par les collectionneurs de la région et par les touristes étrangers venus visiter les châteaux de la Loire. Ainsi elle participa aux expositions universelles et rejoignit les collections des musées internationaux. Grâce à cette diffusion mondiale, la cote de cette production reste encore aujourd’hui plutôt soutenue et appuyée par les acheteurs étrangers, notamment américains. « Il y a deux ans nous avions dispersé une importante collection similaire à celle de Michel Pasquier note Maître Cornet. Les prix sont montés jusqu’à 1 500 euros pour les grosses pièces, comme les jardinières, et jusqu’à 600 ou 800 euros pour coupes, porte-buis, gourdes de pèlerins et autres petits objets qui se vendent très bien. »

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4. Des tableaux émaillés d’intérêt muséal

Le premier atelier de céramiques de Blois est lancé par Ulysse Besnard en 1862. Ce Blésois d’origine, peintre reconnu et directeur du musée de la ville, renonça à la peinture pour se consacrer aux arts du feu. Il réalisa notamment de véritables peintures sur faïences représentant des scènes historiques. « Plusieurs de ces plaques de grands formats, exécutées avec beaucoup de finesse, seront proposées à la vente et devraient intéresser les musées et les institutions locales. Particulièrement rares aux enchères, elles sont estimées de 700 à 3 500 euros. » 

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5. Un art moderne qui a su se diversifier et se renouveler

Hormis Ulysse, la vacation rassemble également les autres grands noms de la faïence de Blois, élèves ou émules du maître fondateur : Emile Balon, Gaston Bruneau, Josaphat Tortat et Adrien Thibault. L’une des caractéristiques de leur production est la réalisation de pièces utilitaires : lampes à pétrole, veilleuses, services à café, vases et bénitiers… Loin de rester figé dans le temps et dans la contrainte de la Renaissance, la céramique de Blois a su évoluer vers d’autres styles et de nouvelles figures. « Emile Balon et Gaston Bruneau, deux artistes plus tardifs ont par exemple opté pour une faïence plus épurée et plus lustrée, offrant des reflets métalliques rappelant ceux des pièces hispano-mauresques. Ces pièces présentent aujourd’hui des estimations plus attractives, autour de quelques centaines d’euros », précise Guillaume Cornet. 

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Lien vers l’annonce de vente des lots

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