Le décor de théâtre de la Belle Époque

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Bienvenue dans l’atelier Jambon-Bailly, spécialisé dans la fabrication des décors de l’Opéra, de la Comédie Française et des pièces de Sarah Bernhardt dans les années 1900… Jeudi 20 avril 2017, en direct sur le Live d’Interencheres, la maison de ventes d’Argenteuil mettra aux enchères près de 300 souvenirs de cet établissement et notamment tous les dessins et les tableaux à partir desquels les décorateurs créaient leurs ornements.

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Lever de rideau sur la vie théâtrale à Paris pendant la Belle Époque. Côté scène, les spectacles attirent de plus en plus d’amateurs, de tous les milieux, qui s’esclaffent devant les pièces de boulevard et se passionnent pour les dernières créations des auteurs contemporains. Côté coulisses, les décorateurs croulent sous les commandes. « Parmi les établissements les plus actifs figure celui de Marcel Jambon et de son élève et gendre Alexandre Bailly, qui collaborent avec les plus prestigieuses institutions comme l’Opéra, l’Opéra-comique, la Comédie Française et travaillent avec de grands noms de la scène, comme Sarah Bernhardt », détaille Maître Marie-Laure Thiollet.

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L’atelier de 100 mètres de long dans lequel s’affaire une trentaine d’employés est situé dans le nord-est parisien, au pied du parc des Buttes-Chaumont, loin de la théâtrale agitation au cœur de la capitale. Ici, le leitmotiv artistique est de réaliser les décors les plus réalistes possibles, en reconstituant minutieusement chaque détail des paysages ou des intérieurs invoqués. « Pour créer leurs ornements, les décorateurs s’appuient sur une documentation très fournie et classée par ordre alphabétique. Des images découpées dans les revues de l’époque, telles que « L’art pour tous » ou « Le Paris illustré », mais surtout des dessins, des pochades et des tableaux réalisés par leurs soins sur le motif et pris sur le vif dans des lieux-source d’inspiration », explique Maître Caroline Rivière. Le porte-folio « nature » présente ainsi quarante huiles sur panneau représentant des études de sous-bois, de forêts, de clairières, de pins, de chênes, de noyers, de sapins ou de de marronniers (estimation 150 à 200 euros) tandis qu’un dossier spécial Camargue contient des vues peintes d’Arles, des arènes de Nîmes ou encore d’Avignon, toutes précisément localisées (estimation de 150 à 200 euros).

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Pour réaliser leurs cahiers de tendances, Jambon et Bailly firent le tour du monde. De l’Inde au Japon, de l’Espagne à la Grèce, les artistes se rendent également en Egypte, pour capter l’essence des décors orientalistes très recherchés des théâtres parisiens. « Palmiers, jardins d’hiver et vérandas, particulièrement appréciées sous le Second Empire et bien des années après, fleurissent également dans les pochades de l’atelier. La qualité de ces œuvres réalisées in situ est vraiment remarquable, et elles sont d’ailleurs toutes signées ou monogrammées », ajoute Maître Elodie Pasquinet en rappelant que les estimations oscillent de 50 à 500 euros.

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Parmi les lots mis aux enchères figurent également les documents témoignant des commandes de leurs illustres clients : des convocations de présentation de leurs travaux aux théâtres parisiens ainsi que des projets pour les monuments publics (les arènes de Béziers), les Expositions universelles et une commande du Bon Marché… Une véritable immersion au cœur de cet atelier inspiré, qui participa à la création du décor de la Belle Époque. Et pour conserver et présenter les souvenirs acquis au cours de cette vente, le meilleur des écrins n’est autre que la vitrine en chêne de style néogothique également mise en vente et qui, selon la tradition familiale, aurait été donnée par Sarah Bernhardt à Alexandre Bailly pour régler les décors réalisés pour son théâtre, qu’elle n’était pas en mesure de payer…

Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

 

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