Parfum d’enchères à Cannes

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Une importante collection de flacons de parfums des XIXe et XXe siècles sera mise en vente par Maître Jean-Pierre Besch dimanche 16 avril 2017 à Cannes et en Live sur Interencheres. Estimés de 20 euros à 24 000 euros, ces petits bijoux parfumés, délicatement ouvragés, provenant d’une collection prestigieuse, devraient faire tourner la tête des enchérisseurs.

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Le parfum à travers les âges

Intermédiaire entre les dieux et les hommes, effluve d’ambiance, moyen de guérison ou instrument de séduction : le parfum accompagne depuis toujours les civilisations et revêt de multiples usages. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la France domine la production, accueillant à Grasse et à Paris les plus grands parfumeurs d’Europe. L’entourage de Louis XV est alors qualifié de « cour parfumée ». Mis de côté lors de la période révolutionnaire, le parfum redevient rapidement à la mode au cours du XIXe siècle, prisé des milieux bourgeois. La fabrication s’industrialise et les grandes maisons se développent avec, parmi elles, Guerlain qui produit son eau de Cologne impériale (estimée entre 150 et 200 euros), séduisant l’impératrice Eugénie.

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A la mode parisienne

C’est surtout au temps des expositions universelles, où les chantiers haussmanniens donnent à Paris son nouveau visage, que nous ramènent les flacons sophistiqués de la vente cannoise. Vêtues de leurs longues robes et de leurs ombrelles, les femmes se hâtent dans les grands magasins qui se dressent sur la capitale. Au Bon Marché, la mode est aux parfums de luxe français dont le contenant acquiert peu à peu de l’importance. Il est désormais de bon ton de séduire ces dames en offrant aux fragrances un écrin élégant, véritable parure féminine.

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Du flacon comme oeuvre d’art

Les maîtres-parfumeurs Piver, Roger & Gallet ou Coty sollicitent ainsi les artistes, leur laissant le soin de créer le flacon adéquat à chacun de leur modèle. Pour commercialiser son parfum « Ambre Antique » (estimé entre 600 et 1 000 euros), François Coty s’associe en 1910 au verrier René Lalique, alors connu pour ses créations joaillières, qui imagine quatre femmes vêtues à la mode antique moulées avec raffinement sur un flacon à la patine brun-rougeâtre. Paul Poiret lance quant à lui les Parfums de Rosine (un flacon estimé entre 2 800 et 3 500 euros), premiers parfums de couturier qui inspirent très vite d’autres créateurs de mode, de Lanvin à Chanel. Avec l’Art nouveau puis l’Art déco au XXe siècle, le flacon devient ainsi un support privilégié où les artistes laissent libre cours à leur imagination, devenant une parure féminine à l’image du parfum XXII de Delettrez (estimé entre 2 400 et 3 500 euros) présenté sous la forme d’un collier de perles. Panthère, divinité asiatique, fleurs, château : les flacons proposés à la vente offrent une sélection de packaging originaux où se succèdent les décors les plus sophistiqués, frôlant parfois l’extravagance. N’en déplaise à Alfred de Musset qui s’exclamait « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse », cette importante collection en enivrera certainement plus d’un.

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Lien vers l’annonce de la vente

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