Notre sélection de lots-phares : Meubles et objets d'art

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OUDRY Jacques-Charles (Paris 1720-Lausanne 1778)
"Nature morte au n°45

OUDRY Jacques-Charles (Paris 1720-Lausanne 1778) "Nature morte au lièvre et perdrix suspendus au-dessus d'un entablement où sont disposés une jatte de fruits, une bouteille et un pain de suc" Sur sa toile d'origine, signée et datée "J.C. Oudry /1763" en bas à gauche. Haut. : 85 cm ; Larg. : 73 cm Signée au revers de la toile. Dans un cadre en bois sculpté et doré d'époque Louis XV (recoupé). Provenance : Vraisemblablement collection de M. Achille Fould (1800-1867), Ministre de Napoléon III, puis par descendance jusqu’à l’actuel propriétaire. Fils de Jean-Baptiste Oudry, Jacques-Charles Oudry a pour maîtres son père et Nicolas de Largillière. Reçu en 1748 à l'Académie de Peinture avec une Nature morte au gibier (toile, 161 x 192 cm, Montpellier, musée Fabre), il devient peintre de la cour de Bruxelles puis premier peintre de Charles de Lorraine. Suivant l'exemple de son père, marqué par les natures mortes hollandaises du siècle précédent, il se spécialise dans des natures mortes dépouillées de tout artifice précieux, créant un contraste entre la virtuosité technique et la simplicité du sujet. L'illusion du trompe-l'oeil est particulièrement bien rendue dans notre tableau, où les éléments sont savamment disposés sur un entablement de pierre légèrement chantourné, créant ainsi une certaine profondeur. Les fruits disposés en diagonale, occupant ainsi la largeur de l'entablement, ainsi que la botte d'oignons, font converger l'attention vers le centre de la composition, occupé verticalement par le lièvre et la perdrix. Celle-ci, les ailes déployées, anime la surface plane du mur, et répond à la rondeur des éléments disposés en contre-bas. La lumière latérale ravive les couleurs des différents éléments de la composition et notamment la blancheur du pain de sucre, encore rehaussée par la mouche noire. Jacques-Charles Oudry allie ici une parfaite composition à un rendu exceptionnel des textures et des couleurs. Le velouté des plumes et des ailes répond à la surface lisse de la bouteille, tandis que les fruits semblent tout juste cueillis.
Réf. : 1539 - 19

Tableaux anciens (avant l’impressionnisme 1870) Par : AUDAP - MIRABAUD
Vendredi 30 juin à 13h30 à PARIS : VENTE TABLEAUX - MOBILIER ET OBJETS D'ART
 
Émile-Jacques RUHLMANN (1879-1933)
Canon dit anciennement Inclinable, n°271
Émile-Jacques RUHLMANN (1879-1933)
Canon dit anciennement Inclinable,
Émile-Jacques RUHLMANN (1879-1933)
Canon dit anciennement Inclinable,
Émile-Jacques RUHLMANN (1879-1933)
Canon dit anciennement Inclinable,

Émile-Jacques RUHLMANN (1879-1933) Canon dit anciennement Inclinable, n° 37 (ancien référencier) ou n° 270 (nouveau référencier) Rare fauteuil à dossier réglable en inclinaison. Les longs flancs arrondis sur l'arrière recevant les crémaillères et munis de manchettes d'accotoir en très léger débord. Le dossier aux angles droits. Les pieds sphériques sur platine exécutés en bronze, anciennement argenté (traces d'argenture au revers des platines). Barre de réglage d'inclinaison du dossier en laiton nickelé. Garnitures et tapisserie façon léopard (non d'origine). Circa 1920/25. Estampillé RUHLMANN au fer à chaud sur la traverse arrière. Dimensions hors-tout : H. 82 cm - l. 72,5 cm - P. 103 cm Garniture, tapisserie et coussin non d'origine, pieds désargentés, châssis consolidé. Archives : Une photographie d'époque et le bleu (voir illustrations) du modèle de notre fauteuil sont conservés dans le Fonds Ruhlmann du Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt. Remerciements : Nous adressons nos plus vifs remerciements à Mme Afsaneh Girardot, chargée de la documentation au Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt, pour sa grande disponibilité et son aide précieuse. EE Un inédit de Jacques-Émile Ruhlmann Ruhlmann est assurément la personnalité la plus emblématique et la plus connue du grand public parmi les artistes-décorateurs de l'époque Art déco, en témoigne le surnom de Riesener du XXe siècle qui lui a été donné. Certes, d'autres artistes de cette période sont devenus mythiques mais aucun n'a associé son nom, à ce point, aux arts décoratifs et représenté, de cette manière, ce mouvement aujourd'hui mondialement (re)connu. Aussi, nous avons cette impression, ou ce sentiment, que tout a déjà été dit, que le tour de l'oeuvre a été fait de façon exhaustive et que, finalement, plus rien n'est à découvrir ou à apprendre. Or, ce fauteuil " Canon " nous révèle le contraire. Son nom tout d'abord, ignoré jusque-là, puisque ce modèle est répertorié, dans l'érudit ouvrage de Florence Camard consacré à l'artiste, sous le titre " Inclinable ", qui se révèle un intitulé descriptif. Dans cette même publication, aucune image de ce siège n'est reproduite, ni une photographie d'archive, ni un dessin et encore moins un bleu, c'est pour dire comme l'oeuvre avait pu être oubliée jusqu'à maintenant. Cette appellation " Canon ", nous l'imaginons, doit plus à sa forme qu'au nom de son premier commanditaire comme il était de coutume d'user, chez Ruhlmann, pour chaque nouveau modèle. Il est fort probable que la photographie d'archive et le bleu, retrouvés dans le Fonds Ruhlmann conservé au Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt, étaient jusqu'à aujourd'hui inconnus et si tel n'a pas été le cas, ils sont demeurés manifestement inexploités et non publiés ; seul un dessin, assez sommaire et relativement éloigné du modèle définitif, pouvait être trouvé relativement facilement. De sa présence sur le marché des ventes publiques, à notre connaissance et malgré de longues recherches, pas de traces supplémentaires, si ce n'est la présentation sous le feu des enchères en 1999 d'un modèle identique, juste assorti d'une attribution découlant de son hypothétique provenance de chez le célèbre restaurateur Pierre Prunier dont l'établissement avait été, en partie, décoré par Ruhlmann. Au regard de ces éléments, il est très vraisemblable que c'est la première fois qu'un tel siège sera mis à l'encan accompagné de sa réelle paternité et du nom que lui avait choisi son auteur Jacques-Émile Ruhlmann ; la chose est suffisamment rare pour que nous puissions parler d'une nouvelle d'importance dans le marché de l'Art déco. Il est également très intéressant à partir de ce modèle de siège, créé, nous le pensons, entre 1921 et 1923, de noter cette incursion dans le modernisme de Jacques-Émile Ruhlmann bien avant le tournant des années 1927/29. Ce fauteuil nous révèle ainsi une nouvelle facette de l'artiste à cette période, une préoccupation sous forme de tentative aux limites du fonctionnalisme, alors qu'il sortait d'une décennie boudoir-couture pour entrer dans la suivante qui s'habillera de préciosité, de somptuosité et de virtuosité, qualités qui donneront cette aura internationale au créateur. L'extrême rareté de ce modèle de fauteuil " Canon " repose essentiellement sur cet aspect évoqué précédemment, il devait être probablement très difficile pour Ruhlmann de placer une oeuvre empreinte de tant de modernité dans les décorations qui s'adressaient à des clients qui l'avaient choisi pour tout autre chose, ceci ne rend l'existence de ce siège que plus savoureuse.

Objets d’art et de décoration du XXe siècle (après 1890) Par : DE BAECQUE et Associés
Jeudi 29 juin à 14h30 à Lyon : ART NOUVEAU - ART DÉCO
 
 
 
 
 
Pierre-Adrien DALPAYRAT (1844-1910) & Alphonse VOISIN-DELACROIX n°88

Pierre-Adrien DALPAYRAT (1844-1910) & Alphonse VOISIN-DELACROIX (1857-1893) Série Anatomique (viscère), conçue en 1892/93 Rare et exceptionnel pichet formant sculpture Épreuve en grès émaillé vert de bronze, les reliefs traités sang-de-boeuf Non signé H. 25 cm Restaurations Bibliographie : Art nouveau - Symbolismus und Jugendstil in Frankreich - Catalogue de l'exposition éponyme organisée à l'Institut Mathildenhöhe de Darmstadt (Allemagne) du 24 octobre 1999 au 13 février 2000 puis au Bröhan-Museum de Berlin du 17 mars au 2 juillet 2000, éditions Arnoldsche, Stuttgart, 1999. Modèle identique reproduit page 193 sous le n° 182 du catalogue et décrit sous le seul nom de Dalpayrat et daté par erreur 1898 Exposition : Art nouveau - Symbolismus und Jugendstil in Frankreich - Catalogue de l'exposition éponyme organisée à l'Institut Mathildenhöhe de Darmstadt (Allemagne) du 24 octobre 1999 au 13 février 2000 puis au Bröhan-Museum de Berlin du 17 mars au 2 juillet 2000. Modèle identique présenté lors de ces manifestations et reproduit sous le n° 182 du catalogue et décrit sous le seul nom de Dalpayrat et daté par erreur 1898 Historique : Durant la très brève collaboration entre Pierre-Adrien Dalpayrat et Alphonse Voisin-Delacroix, interrompue brutalement par le décès de ce dernier le 2 avril 1893 alors qu'elle n'avait été initiée que le 15 janvier 1892 et officialisée le 30 novembre de la même année, les deux artistes cherchèrent un nouveau moyen d'expression à travers le grès émaillé, tant dans la maîrise technique que dans un répertoire de formes, pour certaines totalement novatrices. Ils mirent au point, en parallèle à une production plus académique pour l'époque, des séries dites Zoomorphes et Anatomiques, la création des nouveaux modèles étant due au seul Voisin-Delacroix. Alors qu'il est probable que ces grès extrêmement singuliers n'avaient pas encore été conçus ou achevés pour l'exposition de Divonne-les-Bains à l'été 1892, la littérature nous confirme que des oeuvres issues des séries Anatomiques ont bien été présentées à la Galerie Georges Petit du 12 au 27 décembre de cette même année ; il nous est impossible à ce stade, compte tenu du manque de détails dans les archives de cette manifestation, de savoir si une oeuvre identique à notre pichet y fut exposée. En mai 1893, malgré la disparition d'Alphonse Voisin-Delacroix, les expositions d'oeuvres de Dalpayrat & Voisin-Delacroix prévues à Chicago (Exposition Universelle) et au Champ-de-Mars à Paris eurent tout de même lieu. Peu de temps après, Pierre-Adrien Dalpayrat, bien que continuant, parfois longtemps, la fabrication de certains modèles conçus durant son travail en commun avec Voisin-Delacroix, abandonna presque totalement l'édition de cette série dite Anatomique E.E

Objets d’art et de décoration du XXe siècle (après 1890) Par : DE BAECQUE et Associés
Jeudi 29 juin à 14h30 à Lyon : ART NOUVEAU - ART DÉCO