Photo 1/13 du lotPhoto 2/13 du lotPhoto 3/13 du lotPhoto 4/13 du lotPhoto 5/13 du lotPhoto 6/13 du lotPhoto 7/13 du lotPhoto 8/13 du lotPhoto 9/13 du lotPhoto 10/13 du lotPhoto 11/13 du lotPhoto 12/13 du lotPhoto 13/13 du lot
Une sélection par : MILLON - SVV MILLON & ASSOCIES
Lot n°99
Interencheres LIVE
Estimation : 18 000 - 20 000 €
Clavicule de Salomon. Important talisman magique sous forme de rouleau manuscrit sur papier vélin. Bohême ?, Seconde moitié du XVIIIe siècle. Le rouleau de 3,16 m de long, fragilisé par endroits avec quelques coupures, s'est divisé en trois parties avec le temps. La première partie mesure 194 cm, la seconde 77 cm, et la troisième 45 cm. Il mesure 10,5 cm de hauteur. Qqs petites pertes de papier (et de texte) au début et à la fin du rouleau, qqs restaurations (dont certaines ont bruni). Il porte au recto un long texte écrit en largeur, en allemand et tchèque ancien, ponctué de 9 croix à trois branches peintes en rouge, vert ou bleu (croix patriarcale soit une croix latine à double traverse : la traverse supérieure, plus courte que la traverse inférieure, rappelant la présence du titulus crucis - écriteau de la condamnation - au-dessus de la tête du Christ). Le texte divisé donc en 11 sections (séparés par les croix) de 10 lignes - dont la première écrite en grandes lettres en tchèque ancien - se compose d'une sorte de litanie constituée de noms (Christ, Saints et esprits célestes ou infernaux) et mots sacrés ou esotériques séparés par des petites croix alternant avec des prières et invocations en tchèque ou en latin. Au verso, rédigé en hauteur cette fois, un titre en latin et en allemand : "Vinculum Se Ucla Viculae [Vinculum seu Claviculae] dass ist das bau[e]n oder binden Salomonis Grosse würtung und jugend hat nachdem wunsers lieben herrn Jesu Christi" suivi d'une Croix de la Passion avec échelle de Jacob dessinée à l'encre et rehaussée au lavis, portant les mentions AGLA (formule hébraïque "Atah Gibor Leolam Adonai" généralement traduite par "A toi seigneur puissant et éternel", utilisée par certains pour chasser les démons) et "Christe Miserere Mei", et surmontée des lettres INRI et surmontant les lettres CMB (pour Caspar, Balthazar et Melchior) ; et d'une suite de 32 pentacles ou talismans ch. 1-32. Ces 32 "sigilli" sont légendés en allemand et renvoient à des sorts de protection ou d'amélioration divers : contre la peur de la mort, l'empoisonnement, l'envie et la haine, la peste et le choléra, la maladie de peau et la lèpre, les morsures de serpent, le désespoir, les ennemis, les actions invisibles, l'erreur, les mauvais esprits, la magie et les mages, pour vaincre quelqu'un lors d'un jugement ou d'un conflit, être aimé des gens, disperser les pensées tristes, acquérir le trésor et la richesse, les grandes amitiés, la prédiction de l'avenir, les arts et les vertus, pour un déroulement heureux de toute chose, sceau de Salomon contre les mauvais yeux, carré magique pour acquérir la connaissance, etc., le tout dernier servant à invoquer les esprits. A la suite de cette série de 32 sceaux se trouve un groupe de 4 sceaux de protection contre le mal (Tetragrammaton, AGLA, et pentagramme surmonté des lettres IE) et une indication en allemand marquant la fin de la taille supposée du Christ. Le nombre 32 auquel s'ajoute le dernier groupe de sceaux ferait donc référence à l'âge christique. La fin du rouleau est constituée d'une suite de 6 petits pentacles ou talismans légendée en allemand et en latin (protégeant le propriétaire des talismans s'il est fait prisonnier et/ou en cas de guerre), et de 4 figures dont un très beau diagramme magique final (Sceau de Dieu ou Sigillum Dei Aemeth) renfermant le nom de Dieu et de plusieurs anges, surmontant les 4 cercles des évangélistes encadrant le cercle du Christ. Les sceaux dessinés et les incantations manuscrites sont destinés à invoquer et maîtriser les puissances célestes et infernales dans le but de protéger le propriétaire de ces talismans et lui apporter le bonheur. Ils trouvent leur source dans la Clavicula Salomonis (la petite clef de Salomon), nom générique donné à différents grimoires de magie (Le Testament de Salomon, Le Lemegeton, le Grand grimoire ou Dragon Rouge, etc.) dont l'origine est attribuée au roi Salomon considéré par les occultistes ou même certains historiens comme Flavius Josèphe comme un sorcier ayant reçu ses pouvoirs de Dieu. Le Lemegeton par exemple se compose de 5 parties : la Goetia décrit 72 démons et le rituel pour les invoquer ; la Theurgia Goetia pour invoquer des esprits en partie bons et en partie mauvais ; l’Ars Paulina décrit les esprits et anges qui gouvernent les heures du jour et les signes du zodiaque (d'après les supposées découvertes de l'apôtre Paul) ; l’Ars Almadel (du nom de son présumé auteur arabe) qui décrit vingt esprits bienveillants du zodiaque ; et l’Ars Notoria, qui est un mélange de prières et de mots magiques permettant la communion avec Dieu et la connaissance des sciences humaine et divine (ce dernier texte est absent de certains manuscrits). La Clavicula Salomonis n'existe que sous des formes manuscrites, renfermant des formules de magie cérémonielle pour conjurer les anges des ténèbres, ainsi que des rituels et symboles pour provoquer l'amour, punir ses ennemis, se rendre invisible, etc. Ce rouleau se rapproche beaucoup dans sa structure d'un autre rouleau, du XVIIe siècle cette fois, d'un comte autrichien Veit Constantin von Seeau, étudié par Irmgard Hampp (Sigilla Salomonis, eine "Zauberrolle" aus dem 17. jahrhundert), dans Zauberei und frömmigkeit, Tübingen, 1966 ; sans oublier évidemment les 2 rouleaux de Anton Buechler et de Johannes Michael (16e et 17e siècles) vendus chez Christies en 2018 et 2019. Le propriétaire-destinataire de ce rouleau n'a pu être identifié bien que le début du texte mentionne un certain Konstantino (Polo Natenio?).
Livres - Manuscrits - Autographes - Bandes dessinées