Lot n°128
Interencheres LIVE
Estimation : 80 - 100 €
BIBLIOTHEQUE PACHIAUDI FLOURNOY (Th.). Des Indes à la Planète Mars. Etude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie. Deuxième édition conforme à la 1e édition. 44 figures dans le texte. Paris et Genève, Alcan et Eggimann & Cie, 1900. In-8 demi-chagrin brun, dos lisse, titre doré (reliure de l'époque). Rel. usée. Le médecin psychologue suisse Théodore Flournoy (1854-1920) s'intéressait au paranormal et au grand courant spirite de l'époque. Il rencontra en 1894 la médium Catherine Élise Müller, qu'il rebaptisa « Hélène Smith » dans son important ouvrage Des Indes à la planète Mars. La médium disait écrire sous la dictée d'un certain Léopold, qui serait un autre nom pour Joseph Balsamo dit Cagliostro. Impressionné par l'étendue de son talent, Flournoy décida d'étudier son cas. Pour ce faire, il assista à de nombreuses séances et la soumit à quelques expériences qui modifièrent ses transes et la plongèrent dans le somnambulisme. Hélène Smith se mit à écrire des romans en état de somnambulisme, partagés en trois grands cycles. Dans le cycle martien, elle communiquait avec des habitants de la planète Mars et écrivait dans un autre alphabet. Dans le cycle hindou, elle était la réincarnation d'une princesse indienne, fille d'un cheikh arabe, et parlait le sanscrit par glossolalie. Enfin, lors du cycle royal elle prit la personnalité de la reine de France Marie-Antoinette d'Autriche. Théodore Flournoy publia ses recherches en 1900, dans Des Indes à la planète Mars. Il reprit à F. W. H. Myers l'idée de conscience subliminale pour expliquer les états créatifs d'Hélène Smith. Il demanda également à Ferdinand de Saussure d'examiner les langues qu'elle écrivait spontanément. Il montra que les alphabets qu'elle utilisait étaient fantaisistes et calquaient le français, et que ses rêveries reprennaient des connaissances auxquelles elle avait eu accès. Cependant, son scepticisme ne le fit pas tomber dans un positivisme étroit : il déclara ne pas pouvoir éclairer tous les phénomènes, et laissa en suspens la question des pouvoirs parapsychiques. Il poursuivit sa carrière en fondant, en 1901, avec son disciple Édouard Claparède, la revue Archives de Psychologie et en présidant le Congrès de psychologie expérimentale en 1909, essayant sans succès de faire intégrer les phénomènes médiumniques dans la recherche psychologique.
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