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Francis Picabia (Français, 1879-1953) Transparence, c. 1932-…
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Francis Picabia (Français, 1879-1953) Transparence, c. 1932-…
Estimation 20 000 € - 30 000 €
Lot volontaire
Description
Francis Picabia (Français, 1879-1953)
Transparence, c. 1932-1933
Sans-titre
Crayon, fusain et encre sur papier.
Signé au crayon.
Haut. 35,6 Larg. 30,5 cm.
Provenance : collection Bénédicte Joannon (1908-1999), Rhone, par descendance familiale.
Picabia. Transparence. Pencil, charcoal and ink on paper. c. 1932-1933.
Certificat du comité Picabia.
LES TRANSPARENCES DE PICABIA
Les Transparences sont certaines des œuvres les plus emblématiques d’un artiste qui se présentait comme « peintre en tous genres » et qui mit un point d’honneur tout au long de sa vie à ne jamais se laisser enfermer dans un style, dans un genre, par un groupe ou par un marchand. Réalisées entre 1927 et 1932, les Transparences illustrent la rupture de Picabia avec le mouvement Dada qu’il avait porté. Le terme apparait pour la première fois lors d’une exposition à la galerie de Théophile Briant en octobre 1928. La superposition de plusieurs images prenant comme point de départ des figures classiques de Botticelli ou de Piero della Francesca, s’inspirant de la Bible ou de la mythologie, associant l’Antiquité et l’époque moderne, dans un univers onirique fait dire à Marcel Duchamp qu’elles « expriment la sensation de la troisième dimension sans l’aide de la perspective ». Léonce Rosenberge lui écrit : "Les transparences sont l’association entre le visible et l’invisible. C’est cette notion du temps, ajoutée à celle de l’espace, qui constitue précisément la doctrine de votre art. Au-delà de l’instantanéité, vers l’infini, tel est votre idéal."
A la fin de l’année 1929, alors qu’il débute son travail sur Judith, Picabia change de source d’inspiration et se plonge dans le recueil de photographies de Peter Landow, Natur und Kultur : Das Weib, 120 Aufnahmen, publié à Berlin en 1925. Ces photos, qui reprennent dans leurs légendes l’origine des femmes représentées ainsi que les indications du photographe, fascinent l’artiste "qui cherche à restituer les poses et les mises en lumière théâtrales de ces modèles dans nombre de ses œuvres" (Francis Picabia catalogue raisonné, t. III, Fonds Mercator, p. 59). Picabia ne se contente naturellement pas d’une reproduction servile de la photographie mais la détourne au service de son oeuvre. Jouant avec l’androgynie des modèles, une femme suédoise au corps athlétique devient alors un homme. Ici, la pose du modèle à droite de la composition rappelle celle d’une australienne sur la planche 21 de Landow. Découvert caché derrière une toile du prix de Rome 1907, Marcel Féguide, ce dessin était conservé dans la succession de Bénédicte Joannon (1908-1999), mélomane et fille d’un industriel et homme politique de la Loire. Elle a été datée très précisément des années 1932-1933 par le comité Picabia. C’est une nouvelle fois une période de rupture pour Picabia : rupture amoureuse d’abord puisque débute sa relation avec Olga qui sera son ultime épouse, rupture artistique enfin avec la mise en place d’une peinture figurative, qui ouvrira plus tard les portes du Pop Art.
Aymeric Rouillac et Brice Langlois
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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