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École espagnole ou flamande. Deuxième quart du XVIe siècle.
Voir la version originale (English)
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École espagnole ou flamande. Deuxième quart du XVIe siècle.
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Estimation 4 000 € - 7 000 €
Lot volontaire
Description
École espagnole ou flamande. Deuxième quart du XVIe siècle.
« Notre-Dame du Lait »
Relief en bois sculpté, laissé à l'état naturel.
65 x 52 x 13,5 cm.
L’une des dévotions mariales les plus répandues du Moyen Âge, qui se distingue par sa dimension intime et maternelle très marquée, est celle de la Vierge au Lait, également connue sous le nom de Vierge de Bethléem. Cette iconographie, s’inscrivant dans la tradition des représentations de la Vierge à l’Enfant, met l’accent sur le lien affectif qui les unit à travers l’acte de l’allaitement. L’appellation « Vierge de Bethléem » est associée à la Grotte du Lait, située près de la basilique de la Nativité dans la ville de Bethléem, où, selon la tradition, la Vierge allaita l’Enfant Jésus. Malgré la grande popularité de cette dévotion et de l’iconographie qui y est associée, le Concile de Trente (1545 à 1563) préconisa d’en restreindre la représentation pour des raisons de pudeur et de décorum. Néanmoins, cette iconographie continua de jouir d’une popularité considérable en Espagne, comme en témoignent, par exemple, plusieurs œuvres de Pedro de Mena (1628-1688).
Cette iconographie représente la Vierge allaitant son Fils, bien que dans le relief présenté ici, le sujet soit abordé de manière indirecte, selon une approche que l’on pourrait qualifier d’allégorique. Marie n’est pas explicitement représentée en train d’allaiter, mais elle dirige son regard vers le spectateur tout en portant une main à son sein dans un geste qui fait allusion à l’allaitement. De son autre main, elle soutient l’Enfant-Jésus, debout sur un rebord de fenêtre, l’empêchant ainsi de tomber. Ce procédé de composition, dans lequel les deux personnages sont placés derrière une ouverture architecturale et interagissent avec le rebord de la fenêtre, est caractéristique de nombreuses représentations de cette dévotion mariale datant de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, tant en peinture que dans les estampes, qui ont peut-être servi de modèles à cette œuvre.
Le relief représente la Vierge Marie au centre de la composition, serrant l’Enfant contre son corps et établissant avec lui un lien visuel et émotionnel fort. Elle porte une tunique et un manteau qui épousent étroitement les contours de son corps ; leur traitement rappelle, dans une certaine mesure, la technique du drapé mouillé, suggérant l’anatomie sans la définir explicitement. La figure se distingue par son élégance, qui transparaît tant dans la composition d’ensemble que dans la délicatesse avec laquelle la main portée à sa poitrine a été sculptée. Le mouvement du voile contribue également au dynamisme de la composition.
Le visage ovale de Marie correspond à un idéal de beauté sereine. Ses traits se caractérisent par de petits yeux ovales aux paupières nettement dessinées, un nez fin, une bouche légèrement entrouverte aux lèvres charnues et un menton proéminent. Son expression légèrement souriante renforce le caractère doux de la représentation. Ses cheveux, disposés en mèches ondulées, encadrent sa tête et contribuent à en accentuer le volume. Le voile recouvrant une partie de sa tête joue un rôle particulièrement important, car ses larges plis s’étendent vers la droite, formant une succession de volumes décroissants rendus en bas-relief. Ce procédé crée un jeu d’ombres et de lumières qui enrichit la surface sculpturale et renforce l’impression de profondeur.
L’Enfant Jésus, quant à lui, est représenté nu, avec un physique potelé. Il se tient debout sur le rebord de la fenêtre, s’agrippant d’une main au cou de sa mère tandis que de l’autre, il tient un fruit, ce qui pourrait être interprété comme une référence symbolique à la Rédemption. Sa tête arrondie présente des traits faciaux clairement définis, notamment ses joues saillantes, son nez et ses paupières bien marquées. Ses cheveux, disposés en boucles épaisses et volumineuses, révèlent un traitement sculptural d’une grande expressivité.
D’un point de vue stylistique, ce relief s’inscrit dans la tradition de la Renaissance, comme en témoignent l’idéalisation du visage de Marie, la régularité de ses traits, le modelé des volumes et le traitement anatomique de l’Enfant. L’élégance de la composition et la maîtrise de la sculpture en relief, particulièrement évidentes dans le traitement des drapés, suggèrent que l’œuvre a été réalisée par un sculpteur doté d’une grande maîtrise technique. Bien qu’il ne soit pas possible d’établir une attribution précise, ses caractéristiques formelles permettent de dater sa réalisation au deuxième quart du XVIe siècle. Il convient également de se demander si cette œuvre pourrait être une importation flamande ou peut-être une pièce réalisée dans un atelier de la péninsule ibérique d’après des modèles issus de cette école, dont l’influence s’est fortement fait sentir dans la production sculpturale de la fin du XVe siècle et pendant une grande partie du siècle suivant.
Nous tenons à remercier le Dr Javier Baladrón, docteur en histoire de l’art, pour avoir identifié et catalogué cette œuvre.
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Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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