ALEXANDRE LANDRE - STRASBOURG
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Frédéric FIEBIG (1885-1953) Le Grand Tolstoï
Gravure origina…
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Frédéric FIEBIG (1885-1953) Le Grand Tolstoï
Gravure origina…
Estimation 250 € - 500 €
Lot volontaire
Description
Frédéric FIEBIG (1885-1953)
Le Grand Tolstoï
Gravure originale sur bois sur papier, signé dans la planche en haut à gauche, 1910.
H_31 cm L_21 cm
Bibliographie : œuvre reproduite dans l'ouvrage Frédéric Fiebig, sa vie et son œuvre, écrit par Madame Kyra Kapsreiter-Homeyer
"La force de Fiebig se manifeste surtout dans les nombreux portraits gravés par lui sur bois et sur lino. Ces portraits sans doute ont incité la baronne de Rotschild à proposer en 1912 à Fiebig d'ouvrir un atelier de portraitiste. Divers portraits de Madame Fiebig ainsi que d'une pianiste faisant partie de leur cercle de connaissances montrent comme Fiebig savait, de quelques vigoureuses entailles, donner des êtres une représentation frappante de justesse et d'expressivité, et faire ressortir leurs traits caractéristiques. Le plus admirable est celui de l'écrivain russe Tolstoï qui existe en cinq différentes versions ainsi qu'en de nombreuses études préliminaires au crayon et au fusain.
Dans la plus magistrale de ces gravures, celle qu'on a coutume d'appeler «Le grand Tolstoï» (repr. 35), l'écrivain se présente presque de face, la tête légèrement inclinée vers la droite. Sa barbe divisée en deux masses ondoyantes, ses cheveux et les grands aplats de son visage sont taillés en tâches claires, allongées, anguleuses, dans le bois sombre. Fiebig ne laisse subsister que le contour du visage auréolé de cheveux qui se prolonge sur les joues creusées, une ride profonde au front, et les ombres qui soulignent les yeux, le nez, la bouche.
On ne peut que s'associer à l'abbé Breuil lorsqu'il déclare au sujet de ce portrait de Tolstoï : «Je ne connais nulle autre effigie du grand russe aussi condensée, aussi admirable».
L'œuvre de Fiebig a effectivement un tel impact, une telle force expressive qu'on l'a rapprochée des travaux dus au ciseau des expressionnistes, citant à ce propos les gravures sur bois de Schmidt, Rottluff, Erich Heckel, Ludwig Kirchner et spécialement Emil Nolde. [...]
En février 1913, Henri Breuil consacra à Fiebig, à l'occasion de sa grande exposition individuelle chez Bernheim-Jeune (décembre 1912), un long article où il louait l'art de Fiebig et en particulier son talent de graveur dont le portrait de Tolstoï donne toute la mesure. Il y qualifiait Fiebig de «graveur inégalable» pour cette raison que «il a trouvé l'excessive formule qui contient la vie». Par là il faisait sans nul doute allusion au don de Fiebig pour réduire à l'essentiel la représentation d'un être ou de la nature, et pour atteindre ainsi la plus intense expressivité, telle que, précisément, elle est l'apanage du «Tolstoï». L'abbé Breuil privilégiait ce portrait par ces mots : «...à mon sens il résume parfaitement l'art de Fiebig. En le regardant vous y trouverez ses toiles exposées chez Bernheim».
Dans cet article, l'abbé Breuil en vient aussi à parler de la technique personnelle de Fiebig dans ses tableaux contemporains des gravures sur bois : «... touches larges, grasses, carrées ou allongées, s'appliquant à tout, traduisant les différents aspects de la nature avec une spontanée et formidable franchise, bien qu'on sente que cette manière est le résultat d'une étude sérieuse et réfléchie».»
- Kyra Kapsreiter-Homeyer, Frédéric Fiebig, sa vie et son oeuvre.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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