Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Description
[Art]
Olivier Pichat (1823-1912) peintre et photographe, et le panorama de la bataille de Tel el Kébir (1883)
Réunion de + de 105 clichés photographiques en majorité contrecollés sur carton fort, formats et états divers, env. 22 x 28 cm
Rarissime fonds d’atelier d’un peintre-photographe
Pichat était avant tout un peintre. Ces photographies n'étaient pas des œuvres finies, mais il s’en servait comme des outils. Beaucoup de peintres de cette époque cachaient l'usage de la photographie pour ne pas "dévaluer" leur talent manuel. Le fait de conserver ces épreuves montre l'envers du décor de la création artistique industrielle de l'époque. L’artiste utilise ici la photographie de manière utilitaire et artistique, comme une "banque de données" de postures. Chaque planche photo est un document de travail, un rouage d’un puzzle immersif visant à produire l'illusion la plus parfaite possible d’un panorama réaliste, une reconstruction quasi-cinématographique basée sur l'image technique. Olivier Pichat n'était pas seulement un peintre ; il était un "metteur en scène" utilisant la photographie comme un outil de pré-production, exactement comme le feraient les réalisateurs de cinéma quelques décennies plus tard.
Le panorama de la bataille de Tel el Kébir, les secrets de fabrication d'un chef-d'œuvre disparu
Le panorama, inauguré en grande pompe au Royal Aquarium de Westminster en 1883, reposait sur une toile circulaire monumentale, d’environ 120 mètres de circonférence et près de 15 mètres de hauteur. Le spectateur se tenait sur une plateforme centrale surélevée, entouré par la peinture. Le sol entre la plateforme et la toile était souvent aménagé avec du vrai sable, des débris et des accessoires réels pour créer une illusion de 3D parfaite. Pichat a choisi de représenter l'instant le plus dramatique : l'assaut final au lever du jour du 13 septembre 1882. La Household Cavalry (Life Guards et Blues and Royals) était représentée en pleine charge dans le désert, balayant les lignes de défense d'Urabi Pacha.
Pour garantir la véracité, Pichat s'est rendu sur place juste après les combats. Il a pris des notes précises sur la couleur du sable, la configuration des tranchées et l'emplacement exact des batteries d'artillerie. Son style se caractérisait par un réalisme presque photographique, très apprécié des militaires de l'époque qui pouvaient y reconnaître leurs propres unités.
Bien qu'il ait fait ses premiers croquis en Egypte sur le site même de la bataille, Pichat a également séjourné en Angleterre pour s'assurer d'une précision historique irréprochable, faisant poser des officiers et soldats britanniques ayant réellement participé à la bataille, pour capturer leurs traits, leurs postures et l'usure exacte de leurs uniformes de campagne. Cette attention aux détails a grandement contribué à la crédibilité de son œuvre auprès du public britannique.
Pichat a particulièrement étudié les régiments de la Household Cavalry incluant les Life Guards et les Royal Horse Guards. Ce sont eux qu'il a représentés avec le plus de détails dans leurs charges héroïques ; et es Highlanders, les régiments écossais, notamment la Black Watch (42nd Highlanders), qui ont joué un rôle crucial dans l'assaut des retranchements de Tel-el-Kébir. Il a fait poser les officiers et les soldats ayant participé à la charge pour capturer leurs traits, leurs postures et l'usure exacte de leurs uniformes de campagne. Cette attention aux détails a grandement contribué à la crédibilité de son œuvre auprès du public britannique.
Des clichés photographiques inédits
Ces tirages photographiques albuminés contrecollés sur carton fort portent pour un grand nombre le cachet rouge d’atelier de l’artiste OP . Plusieurs pièces présentent des croquis rapides au crayon ou au fusain, reprenant une ligne d'épaule ou le galbe d'une jambe. Ces dessins sont la "main" de Pichat dialoguant avec la photo.
La présence de pigments et souillures de peinture (bleu, ocre, rouge) sur les marges et au verso des photos témoigne de leur présence physique sur l’échafaudage ou le chevalet pendant l'exécution de la fresque monumentale. Certaines épreuves présentent des quadrillages à la mine de plomb. Cette technique, visible sur les photos de groupes de Highlanders et d'artillerie, qui servait à projeter les proportions exactes sur une toile monumentale de 120 mètres de long. Chaque carré de la photo correspondait à une section précise du panorama.
Les sujets abordés regroupent à la fois des vues réelles du champ de bataille et du camp militaire, ainsi que des mises en scène de postures de soldats anglais et egyptiens. Toutes les composantes de l’armée britannique sont représentées : l’infanterie écossaise (Highlanders/Highland Brigade sous le commandement général Major-Général Sir Archibald Alison, 4 régiments : 42nd (Black Watch), commandé par le lieutenant-colonel Duncan Macpherson ; 74th (Highland Light Infantry), commandé par le lieutenant-colonel Abel Straghan ; 75
Photos modifiées le 07/09/2026 à 15h43
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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