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293 - [Royauté]

Estimation 2 000 € - 3 000 €
Description
[Royauté] Testament de Louis XVI imprimé sur soie, vers 1795 Testament de Louis XVI, fait au Temple le 25 décembre 1792 Copie du testament imprimée sur soie à Londres par W. Bulmer pour M. Peltier, N° 11, Ponton-street, Haymarket Exemplaire de Son Eminence Mgr le cardinal de Rohan Portrait en médaillon de Louis XVI, gravé au pointillé par Mariano Bovi (1757-1813), spécialiste italien installé à Londres de la technique stipple engraving (fait faillite en 1805), d'après Pierre-André Le Suire peintre miniaturiste vers 1795 51 x 32,5 cm à vue (trace de mouillure) présenté sous un cadre doré d’époque Seconde Restauration, 59 x 41 cm (accdts) ; au dos, étiquette (une partie effacée) de la maison d’estampes Vallardi, installée depuis 1814 au 5 boulevard Poissonnière à Paris L’exécution de Louis XVI, survenue le 21 janvier 1793, ne marqua pas seulement la fin d'un règne, mais le début d'une phase de sacralisation sans précédent de la figure royale au sein des communautés de l'émigration française. Parmi les objets de dévotion politique les plus singuliers produits durant cette période, le testament du roi, rédigé à la tour du Temple le 25 décembre 1792, occupe une place centrale. L'édition imprimée sur soie à Londres par William Bulmer, à l'initiative du publiciste Jean-Gabriel Peltier, constitue un exemple de la convergence entre l'excellence technique de la typographie britannique et la ferveur idéologique des royalistes exilés. Cet objet est à la fois un manifeste politique et une relique sacrée. Le testament de Louis XVI est rédigé dans l'isolement de sa captivité alors que le procès devant la Convention nationale suivait son cours. Le roi y exprime son pardon à ses bourreaux, recommande à son fils de ne pas chercher à venger sa mort et réaffirme sa fidélité à l'Eglise catholique romaine. Dès le lendemain de son exécution, le texte circule sous forme de copies manuscrites et de brochures clandestines en France, mais c'est en Angleterre que sa production prend une dimension monumentale et luxueuse. Pour les émigrés français, le testament n'est pas une simple déclaration de dernières volontés, il devient le texte fondateur de la Restauration future. La décision de l'imprimer sur soie, une matière noble associée traditionnellement aux vêtements liturgiques et aux attributs de la royauté, vise à extraire le document du flux quotidien de l'imprimé éphémère pour l'inscrire dans la permanence. A la fin du XVIIIe siècle, William Bulmer, considéré comme l'un des artisans imprimeurs les plus talentueux de Londres, exerce de 1790 à 1819. Pour le testament de Louis XVI, Bulmer utilise les types gravés par William Martin, un fondeur dont le style marquait une rupture avec les formes anciennes pour adopter la rigueur et la clarté du style « Moderne » de l’époque. L'impression sur soie posait des défis techniques considérables. Contrairement au papier, la soie n'absorbe pas l'encre de la même manière et peut se déformer sous la pression de la presse à plat. Bulmer a dû adapter sa technique pour garantir que les lignes fines des caractères de Martin restent nettes et que le texte demeure lisible malgré la texture du tissu. Cette prouesse technique justifiait le prix élevé de ces exemplaires, qui étaient vendus nominativement comme des objets de dévotion destinés à être encadrés et exposés dans les intérieurs aristocratiques. Emigré à Londres après la journée du 10 août 1792, le publiciste Jean-Gabriel Peltier y fonde une agence éditoriale qui devient le pivot de la résistance royaliste contre la Convention, puis contre le Directoire et le Consulat. Peltier est un polémiste infatigable, connu pour ses journaux comme L'Ambigu et sa participation aux Actes des Apôtres. En publiant ce document à Londres, il s'adresse à deux publics : la noblesse française en exil, pour renforcer la cohésion autour du culte du roi martyr, et l'opinion publique britannique, pour justifier l'effort de guerre contre la France républicaine. Notre exemplaire de prestige a été commandé par le cardinal de Montmorency-Laval, grand aumônier de France en 1786, cardinal le 30 mars 1789, émigre en 1792, et marie à Mittau en 1799, à la demande de Louis XVIII, Madame Royale et le Duc d'Angoulême.
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Lieu de vente
Date 08/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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