Description
[Littérature]
Francis Jammes (1868-1938) poète et écrivain
L.A.S., [7 mai 1928], adressée à Jean-Edmond Weelen, 1 page in-4, avec enveloppe affranchie
C’est au pays que tu n’as jamais vraiment réalisé, pourtant un peu la commune de Balansun, dans l’arrondissement d’Orthez, avec des champs de blé qui n’en finissent plus, des chênes qui suent au soleil, des geais, des pies et des cerises, un ruisseau, et les miens autour de moi, tous les miens, dans l’éternelle béatitude.
L.A.S., 4 mai 1928, Jean-Edmond Weelen, 1 page in-8 ; Weelen, jeune écrivain et critique tourangeau, prépare une enquête pour sa revue/chronique La Touraine. Il interroge les « grands écrivains » sur leur résidence de prédilection
Francis Jammes répond à Weelen sous forme d’un poème en prose autographe signé, dans lequel il définit son paradis terrestre, le village de Balansun, situé près d’Orthez dans le Béarn, où le poète passa ses plus belles années créatrices, notamment à la maison Chrestia entre 1897 et 1907.
Le texte déploie toute l’esthétique « naturiste » de l'auteur, faite de simplicité et d'observations vraies. La formule saisissante des arbres qui « suent au soleil » témoigne du génie de Jammes pour humaniser la nature et en restituer la chaleur physique, presque charnelle.
La conclusion du texte élève cette description bucolique vers la sphère spirituelle. En réunissant le décor de sa terre natale et la présence des siens, Jammes transforme ce coin de Béarn en un éden terrestre, s'abîmant « dans l’éternelle béatitude ».
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