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un vase en bois orné d'un motif sur fond blanc
Premium FRANCOIS EPIN ART & DESIGN CONSULTING

17 - Masho

Estimation 2 300 € - 2 800 €
Description
Masho Sans titre Repose-poignet de calligraphe (wanchin) sculpté de trois crânes dans un champ de Musashino Bambou Période Taishō-Shōwa, ca. 1920-1940 H21 L5 P1,5 cm Signé : Masho saku (fait par Masho). Inscription sur l'œuvre en Romanji : "Edasumi ya, mukashi no hana no, na wa nan to" [Quel est le nom de l'arbre d'où provient cette branche de charbon, et quelle fleur a fleuri sur cet arbre ?]. L'edazumi est un "charbon de branche", utilisé comme allume-feu pour le charbon sumi dans une cérémonie du thé. Il s'agit d'une petite branche de chêne, d'azalée ou de camélia carbonisée, peinte en blanc avec de la chaux. Artiste : Masho Wanchin Repose-poignet pour la calligraphie, à décor de trois crânes dans la plaine de Musashino Japon Époques Taishō–Shōwa, première moitié du XXe siècle Bambou sculpté et gravé 21 × 5 × 1,5 cm Signé Masho saku « Fait par Masho » La surface convexe d’un segment de bambou est ici transformée en paysage miniature. Dans la partie inférieure apparaissent trois crânes à demi enfouis parmi de longues herbes, tandis que quelques tiges élancées occupent la partie droite de la composition. L’économie du décor, laissant une grande partie de la surface du bambou intacte, accentue le caractère silencieux et méditatif de la scène. Le paysage est celui de Musashino, vaste plaine située à l’ouest d’Edo, l’actuelle Tokyo, célébrée depuis l’Antiquité dans la poésie japonaise. Mentionnée notamment dans le Man’yōshū et les Contes d’Ise, elle devient au fil des siècles un paysage littéraire presque idéal, caractérisé par l’immensité de ses champs, ses herbes d’automne et, fréquemment, la lune apparaissant très bas sur l’horizon en raison de l’absence de hautes montagnes. Ce thème fut particulièrement apprécié par les peintres de yamato-e et devint un motif classique des arts décoratifs japonais. À cette image poétique de Musashino se superpose ici celle, beaucoup plus sombre, du nozarashi 野晒し, littéralement un corps ou des ossements « exposés aux intempéries ». Le crâne abandonné dans une plaine déserte appartient à l’imaginaire japonais de l’impermanence et apparaît également dans les récits fantastiques et les kaidan. On connaît notamment des objets des époques Edo et Meiji associant explicitement un crâne nozarashi à un paysage de Musashino. Les trois crânes ne doivent donc probablement pas être lus comme les protagonistes d’une légende particulière, mais comme une méditation sur la disparition des êtres. Leur présence au milieu des herbes renvoie à l’idée bouddhique de mujō 無常, l’impermanence de toute chose, mais également à une esthétique plus largement japonaise où la beauté du paysage automnal et la conscience de la mort peuvent coexister. Cette lecture est encore enrichie par l’inscription gravée sur le bambou : Edazumi ya mukashi no hana no na wa nan to que l’on peut rendre ainsi : « Cette branche devenue charbon… quel était autrefois le nom de la fleur qu’elle portait ? » Le terme edazumi 枝炭 désigne le « charbon de branche » employé dans le chanoyu. De petites branches carbonisées, traditionnellement recouvertes d’une matière blanche, sont intégrées à la composition du feu lors de la cérémonie du thé. Le poème est particulièrement pertinent au regard du décor. Il interroge la transformation irréversible de la matière. La branche aujourd’hui réduite à du charbon fut autrefois un arbre vivant portant des fleurs, mais leur nom même semble désormais perdu. Les crânes introduisent exactement la même interrogation sur l’existence humaine. Qui furent ces êtres dont il ne reste que les os ? Quel était leur nom, leur visage, leur vie ? Le rapprochement entre le poème et les trois crânes donne ainsi à ce modeste objet de lettré une profondeur inhabituelle. Le bambou, matière végétale autrefois vivante, la branche transformée en charbon et les corps devenus ossements participent d’une même réflexion sur la métamorphose, le passage du temps et l’effacement de l’identité.
À propos de la vente Art Animation VII : Monstres, Méchants et Antagonistes
Lieu de vente
Date 18/10/2026 à 15h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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