Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium FRANCOIS EPIN ART & DESIGN CONSULTING
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KOBAYASHI Ikuhide 小林幾英
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KOBAYASHI Ikuhide 小林幾英
Estimation 1 700 € - 2 000 €
Lot volontaire
Description
KOBAYASHI Ikuhide 小林幾英
nom civil Kobayashi Eijirō 小林英次郎
également connu sous les noms de Hikitei 飛幾亭 et Shinpitei 箴飛亭
Shinban andō utsushi-e
Shinban kage-e zukushi
« Jeux d’ombres et projections »
Japon, 1881 (Meiji 14)
Deux nishiki-e, estampes xylographiques polychromes sur papier
Éditeur Higuchi Gintarō, Tokyo
Format ōban, 36,5 × 23,5 cm chacune
Ces deux estampes de Kobayashi Ikuhide, élève d’Ochiai Yoshiiku, comptent parmi les témoignages particulièrement séduisants de la culture visuelle populaire des premières décennies de l’ère Meiji. Publiées en 1881, elles appartiennent à la catégorie des omocha-e, ou « estampes-jouets », et portent les titres Shinban andō utsushi-e et Shinban kage-e zukushi. Des exemplaires des deux feuilles sont conservés au Centre international de recherche sur la culture japonaise, qui les attribue à Kobayashi Ikuhide, également identifié sous son nom civil Kobayashi Eijirō.
Les compositions réunissent une multitude de silhouettes noires disposées sur un fond rouge éclatant. Personnages de la vie quotidienne, figures de divertissement et créatures surnaturelles s’y succèdent dans un répertoire à la fois comique, théâtral et inquiétant. On y distingue des femmes en kimono, des voyageurs, un masseur aveugle, un conducteur de pousse-pousse ou encore diverses figures en mouvement, auxquels se mêlent des yōkai et autres êtres fantastiques, parmi lesquels kappa, yūrei, figures monoculaires, parapluies animés, êtres au cou démesurément allongé et scènes de métamorphose.
Le kage-e, littéralement « image d’ombre », appartient à une longue tradition japonaise de jeux de silhouettes. À l’époque d’Edo, ces divertissements pouvaient être réalisés derrière les parois translucides des shōji, à l’aide des mains, du corps ou de petits accessoires, afin de faire apparaître animaux, personnages et formes fantastiques. Les estampes de ce type relevaient elles-mêmes de la catégorie des omocha-e et transformaient ces jeux visuels en images imprimées.
L’utsushi-e appartient à un autre registre, celui de la projection lumineuse. Développé au Japon à partir de la lanterne magique occidentale introduite à la fin du XVIIIe siècle, ce spectacle utilisait des appareils de projection portatifs et des plaques peintes pour créer sur écran des images mobiles, des transformations et des apparitions surnaturelles. Il constitue ainsi l’une des formes majeures de spectacle optique japonais précédant le cinéma.
Ces deux feuilles se situent précisément à la rencontre de ces cultures de l’ombre, de la projection et de l’image populaire. Leurs silhouettes condensent tout un monde de gestes, de types sociaux et de créatures fantastiques dont le spectateur est invité à reconnaître les formes. Plus qu’une simple représentation de spectacles, elles témoignent du goût de l’époque pour les illusions visuelles, les métamorphoses et le jeu entre apparition et disparition.
Leur fond rouge uniforme renforce encore cette dimension spectaculaire. Les corps réduits à leur contour deviennent presque des signes graphiques, tandis que la juxtaposition du quotidien et du surnaturel restitue l’atmosphère des divertissements populaires, des exhibitions de curiosités et de l’imaginaire des bakemono et des yōkai.
Un exemplaire de Shinban kage-e zukushi conservé au Musée national d’Histoire japonaise est précisément décrit comme une estampe montrant, entre autres, kappa, fantômes, processions, masseurs et diverses figures d’ombres. Le musée la classe dans sa collection consacrée aux récits fantastiques et aux yōkai.
À propos de la vente
Art Animation VII : Monstres, Méchants et Antagonistes
Lieu de vente
Date
18/10/2026 à 15h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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