Ader
237
-
Une coiffe liturgique Jijin - ??, portée par les prêtres et …
237
-
Une coiffe liturgique Jijin - ??, portée par les prêtres et …
Estimation 500 € - 600 €
Lot volontaire
Description
Une coiffe liturgique Jijin - ??, portée par les prêtres et missionnaires catholiques en Chine, fin XIXe - début XXe siècle
En satin de soie noire, de forme carrée et repliable à plat pour le rangement et le transport, brodée en fils de soie polychrome et métallique or de symboles chrétiens sur chaque face : le Calice et l'Hostie rayonnante portant le blason de la Cie de Jésus accompagné d'une croix et des trois clous de la crucifixion. La Colombe du Saint-Esprit volant dans un rayonnement de lumière au-dessus d'une grappe de raisins stylisée évoquant le sang du Christ. Le Sacré-Cœur de Jésus au-dessus d'un croissant de lune surmonté de flammes rouges et de trois fleurs. Il représente l'amour divin et la dévotion au Sacré-Cœur, très répandue chez les missionnaires jésuites et lazaristes. Le Cœur Immaculé de Marie (ou second Cœur) surmonté d'une fleur à quatre pétales évoquant la croix et en partie basse les trois clous de la Passion. Ces motifs sont encadrés par des bordures d'inspiration chinoise représentant des têtes de ruyi, fleurs de prunier et orchidées, lotus, rochers et nœuds sans fin. La coiffe est prolongée par deux longs rubans brodés de fleurs de pivoine.
16 x 16 cm ; longueur : 102,5 cm
Le jijin - ??, littéralement " étoffe de cérémonie ", est une coiffe liturgique adoptée par les prêtres et missionnaires catholiques en Chine à partir du XVIIe siècle. Son port fut officiellement autorisé en 1615 par le pape Paul V, à la demande des Jésuites, afin de tenir compte des usages et convenances de la société chinoise. En effet, se présenter tête nue devant une personne de rang supérieur était traditionnellement considéré comme une marque d'irrespect ou d'humiliation. Le jijin permettait ainsi au prêtre de demeurer couvert pendant la célébration de la messe, tout en affirmant son statut religieux. Sa forme carrée, inspirée des coiffes chinoises traditionnelles, témoigne de l'adaptation des missionnaires aux coutumes locales. Confectionné généralement en soie brochée, il est constitué d'une calotte carrée prolongée de pans retombant autour de la tête et dans le dos. Les angles sont fréquemment agrémentés de cordons ou de liens. L'ornementation, profondément chrétienne, associe ainsi une forme chinoise à des symboles de la Passion du Christ, de la Crucifixion et de la foi catholique. Le jijin fut confirmé dans son usage par Clément X en 1673 et demeura porté par le clergé catholique chinois pendant plusieurs siècles. Il constitue ainsi un témoignage remarquable de la rencontre entre tradition vestimentaire chinoise et liturgie catholique. Son usage déclina progressivement au début du XXe siècle avec l'occidentalisation des pratiques ecclésiastiques et disparut pratiquement après le Premier Concile de Chine de Shanghai en 1924. Les exemplaires conservés sont aujourd'hui rares et offrent un témoignage particulièrement précieux de l'histoire des premières missions catholiques en Chine.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi