Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
AGUTTES
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GEORGES ROUAULT (1871-1958) Solange, 1935-1939
Huile sur pap…
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GEORGES ROUAULT (1871-1958) Solange, 1935-1939
Huile sur pap…
Estimation 20 000 € - 30 000 €
Lot volontaire
Description
GEORGES ROUAULT (1871-1958)
Solange, 1935-1939
Huile sur papier marouflé sur toile
Non signée
Timbre ‘Atelier de/Georges Rouault’ [non Lugt] et annotée ‘Isabelle Rouault’ au dos
28 x 17,5 cm - 11 x 6 7/8 in.
Oil on paper laid on canvas, unsigned, stamped with the ‘Atelier de/Georges Rouault’ mark and inscribed ‘Isabelle Rouault’ on the reverse
Provenance :
Famille de l’artiste, France
Bibliographie :
Olivier Nouaille et Olivier Rouault [catalogue établi par], Rouault, L’œuvre peint, Tome III, Paris : Fondation Georges Rouault, 2021, décrit et reproduit sous la référence 2791, p. 183
Georges Rouault, Visages, Dix études de l'atelier reproduites en fac-similés, Paris : Daniel Jacomet et L'étoile filante, 1969, reproduit par le procédé Jacomet sous le n°1
Exposition(s) :
Painters of Passion, Adventures in Color by Kandinsky, Rouault, and Their Contemporaries, Tokyo, Panasonic Shiodome Museum of Art, 17 octobre-20 décembre 2017, n°76
Georges Rouault and the Expressionists, Painters of Passion, Miyagi, The Miyagi Museum of Art, 12 août-9 octobre 2017, n° inconnu
Georges Rouault, Genève, Interart Galerie, 30 avril-2 juillet 2010, n° inconnu
Rétrospective Georges Rouault (1871-1958), dans les collections privées françaises et étrangères, peintures et œuvres sur papier, Paris, Galerie Schmit, 16 avril-4 juillet 2008 (reprise 10 septembre-15 décembre 2008), n° inconnu
Rouault, the painter who kept his spiritual liberty, Daejeon, Daejeon Museum of Art, 4 mai-27 août 2006, n° inconnu
Notice :
« L'abandon des Filles et du Bestiaire
Raréfaction des Types, et, davantage encore, des Juges, à ces deux faits s'ajoutent deux abandons encore plus radicaux : celui de la veine des Filles et celui de celle du Bestiaire fantastique. Après 1930, Rouault a délaissé totalement ces deux veines d'inspiration.
« Et la grâce féminine elle-même surgissait sous ses doigts » (Raïssa Maritain)
Peut-on dire qu'il a remplacé les Filles par des jeunes filles ? Quelques-unes des créations les plus émouvantes du vieil artiste entre 1930 et 1950 représentent en effet des personnages féminins réduits à la tête ou vus en buste, de face, ou, plus rarement de profil, parmi lesquels on ne peut pas ne pas citer quelques-unes de ses créations majeures à cette époque : la figure espagnole intitulée Les Mille et Une Nuits de 1942 (fig. 2288), l'énigmatique Sibylle de Cumes de 1947 (fig. 2293), où la présentation du modèle de profil, le geste de son doigt qui semble désigner une fleur, ses yeux baissés dans une orbite d'un noir intense, la coloration générale où dominent des verts glauques et mystérieux, tout cela fait de ce personnage une expression étrange et adéquate de la fameuse Sibylle qui avait inspiré Virgile et tant d'artistes médiévaux avant Michel-Ange. Si la Sibylle de Cumes est peinte dans des verts inquiétants, Véronique (fig. 2286) l'est dans des bleus très doux et qui n'en disent que mieux l'espérance. De face, ses grands yeux ouverts, la tête couverte d'un voile décoré par une croix, les lèvres entrouvertes, l'air mélancolique et doux, elle est, avec la Sainte Marthe (fig. 2284) qui lui est contemporaine, une des figures de saintes les plus célèbres de Rouault. Il y retrouve l'esprit de l'art gothique où la spiritualité la plus haute s'allie à une sorte de familiarité et de vérité quotidienne. On notera comment cette figure de sainte est l'aboutissement des poétiques figures profanes que Rouault avait multipliées à partir de 1935. L'une d'entre elles s'appelait d'ailleurs Véronique. La croix sur le voile, une expression plus recueillie, la majesté naissant de l'encadrement de la tête par un arc en plein cintre utilisé aussi pour des figures de Christ : il ne faut rien de plus pour atteindre d'emblée à la spiritualité la plus authentique. Cette réussite, qui inspira à Rouault un de ses vitraux les mieux venus dans l'église du plateau d'Assy en Haute-Savoie, est peut-être encore dépassée par la Sainte Marthe qui lui est contemporaine. La disposition du cadre, la nudité du fond, n'y mettent que mieux en valeur le visage, auquel une légère inclinaison confère une familiarité que l'on ne trouvait pas à un pareil degré dans la Véronique. L'harmonie chromatique plus nuancée, plus douce, augmente cette impression de charme dégagé par cette figure. »
Bernard Dorival, Rouault, L’œuvre peint, Tome II, Monte Carlo : Éditions André Sauret, 1988, pp. 13-14
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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