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Camille COROT (Paris 1796 - 1875)
Vieil Italien debout de pr…
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Camille COROT (Paris 1796 - 1875)
Vieil Italien debout de pr…
Estimation 30 000 € - 40 000 €
Lot volontaire
Description
Camille COROT (Paris 1796 - 1875)
Vieil Italien debout de profil, Rome, 1826
Huile sur papier
23,5 x 17 cm
Daté en bas à droite Février 1826
Cachet de la Vente Posthume en bas à gauche
Provenance :
Vente posthume Camille Corot, n° 269
Acquis par Mr Chamouillet
Collection Ply, 1892
Durand-Ruel, 1895
Collection L. H. Higgintson, 1906
Vente Parke Bernet, NY, 21 octobre 1956
Collection Dieterle
Collection Martin Dieterle puis par voie de succession
Bibliographie :
Alfred Robaut, L'œuvre de Corot , catalogue raisonné et illustré, tome deuxième, Paris , 1905; n°93, décrit page 36 et reproduit page 37
Figure majeure de la peinture de paysage au XIXe siècle, Jean-Baptiste Camille Corot occupe une place singulière dans l’histoire de l’art, à la croisée de la tradition néoclassique et des recherches sensibles qui annoncent déjà la modernité picturale. Né à Paris en 1796 dans un milieu bourgeois prospère, il est d’abord destiné au commerce familial avant de parvenir, non sans résistance paternelle, à se consacrer pleinement à la peinture. Formé successivement auprès d’Achille Etna Michallon puis de Jean-Victor Bertin, tous deux héritiers de l’enseignement de Pierre-Henri de Valenciennes, Corot assimile les principes du paysage néoclassique : étude attentive du motif, rigueur de la composition et idéalisation poétique de la nature. Toutefois, dès ses premières années de pratique, l’artiste se distingue par une approche plus immédiate et sensible du réel, accordant une attention particulière aux variations atmosphériques et à la vérité lumineuse du paysage observé.
Le premier voyage en Italie, entrepris entre 1825 et 1828, constitue à cet égard une étape fondatrice dans la construction de son langage pictural. Conformément à la tradition académique, le jeune peintre gagne la péninsule afin de se confronter directement aux maîtres italiens et à la lumière méditerranéenne. Après avoir traversé la Suisse, Corot s’installe à Rome en décembre 1825 et multiplie les campagnes de peinture dans les environs de la ville, dans les monts Sabins, la région des lacs albains ou encore à Tivoli. Durant ce séjour, il réalise un ensemble considérable d’études peintes et dessinées sur le motif, longtemps considérées comme de simples exercices préparatoires, mais aujourd’hui reconnues comme l’un des aspects les plus novateurs de son œuvre. Par leur spontanéité d’exécution, leur économie de moyens et leur capacité à saisir l’instant fugitif, ces travaux annoncent déjà certaines recherches qui seront celles des peintres impressionnistes plusieurs décennies plus tard.
L’œuvre intitulée Vieil Italien debout de profil, Rome, 1826 s’inscrit pleinement dans ce contexte d’observation attentive du réel. Réalisée au cours du premier séjour romain de l’artiste, elle témoigne de l’intérêt porté par Corot aux figures populaires italiennes, rencontrées dans les rues de Rome ou dans les campagnes environnantes. Loin de toute idéalisation héroïque, le modèle est représenté avec une grande sobriété, où la silhouette du modèle émerge doucement d’un fond sombre et indéterminé. De subtils jeux de lumière viennent souligner la figure du personnage et ses vêtements, tandis sur l’ombre de ses jambes habille le sol, permettant ainsi de détacher le modèle de l’arrière-plan. Par une touche souple et des contours volontairement fondus, Corot privilégie moins la précision descriptive que l’atmosphère générale de la scène. La palette restreinte, dominée par des tonalités brunes et sourdes, participe à cette impression de silence et de méditation. L’artiste s’éloigne ainsi d’une image pittoresque italienne et propose une vision profondément humaine et sensible.
Admiré aussi bien par les artistes de l’École de Barbizon que par les futurs impressionnistes, il demeure un intermédiaire essentiel entre deux conceptions artistiques. Vieil Italien debout de profil, Rome, 1826 apparaît ainsi non seulement comme un précieux témoignage de son premier séjour italien, mais également comme l’expression précoce d’une sensibilité nouvelle, emprunte d’une discrète poésie et d’une certaine véracité de la perception.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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