Photo 1/3 du lotPhoto 2/3 du lotPhoto 3/3 du lot
Premium MILLON

20 - Jean Francis AUBURTIN (Paris 1866 - Dieppe 1930) Jeune fille…

Estimation 5 000 € - 7 000 €
Description
Jean Francis AUBURTIN (Paris 1866 - Dieppe 1930) Jeune fille à la grotte Technique mixte 50 x 73 cm à la vue Non signé Provenance : Famille de l'artiste Par voie de descendance Collection particulière Exposition : Musée des Beaux-Arts de Rouen, "Le temps des Collection", Ve édition Né dans le tourbillon d’un siècle finissant, Jean-Francis Auburtin conjugue influences et indépendance d’esprit. Attiré par l’impressionnisme et l’école de Pont-Aven, il répond aussi à des commandes officielles académiques, tout en s’ouvrant à l’orientalisme et au symbolisme, dont il retient un vocabulaire de sirènes, faunes, cyclopes et centaures. À travers ses nymphes et naïades, Auburtin "affronte l’éternel combat que se livrent la terre et l’eau, l’esprit et la matière, la nature et le renouveau...". Comme l’écrit Béatrice de Andia, "La peinture délicate et bucolique que présente Jean-Francis Auburtin […] est profonde et sereine. Ses paysages en demi-teintes évoquent l’âge d’or d’un paradis perdu. Discret, mystérieux, dans le silence de contours vaporeux, il suggère une mystique imprécise...". Si ses grandes décorations murales, héritées de l’exemple de Puvis de Chavannes, constituent le versant officiel de son œuvre, Auburtin mène parallèlement une carrière plus intime de paysagiste. Carnets en main, il traque le motif et en constitue un vaste répertoire formel. Au Sud, il exalte couleurs et contrastes ; en Normandie, il privilégie les dégradés subtils ; en Bretagne et dans les Pyrénées, il assimile les leçons de l’ukiyo-e. Préférant l’utilisation de la gouache en couches superposées, de papiers gris texturés, de formats proches du kakémono, de cadrages asymétriques, de vues plongeantes d’Étretat ou des horizons très hauts, Auburtin manifeste son goût pour le japonisme, particulièrement entre 1894 et 1914, confirmé par l’adoption d’un monogramme, signe, d’après Christian Briend, d’un désir d’identification à un artiste japonais. Le paysage est également le théâtre d’une Arcadie moderne. Dans ces scènes "où s’opère la confrontation entre les mondes terrestre et marin, l’élément narratif reste le plus souvent allusif afin de laisser toute leur résonance, à des moments suspendus. L’appel, l’écoute, qui figent les figures dans une immobilité attentive, intemporelle, constituent les thèmes principaux de la plupart de ses toiles […]". Nourri de son amitié avec Guillaume Mallet, wagnérien et théosophe, l‘imaginaire d’Auburtin confère aux figures une dimension archaïque : nymphes et sirènes "ne participent pas, selon Jean-David Jumeau-Lafond, à un spectacle antique" ; elles semblent "dans la vision d’Auburtin […] par leur antériorité temporelle" être "l’âme même d’une nature avant l’humanité, intacte et pure". Cette vision culmine dans la série des Pyrénées, notamment autour du pic de Béhorléguy, dont les variations lumineuses et saisonnières exaltent la permanence d’une nature souveraine. Ainsi, Jean-Francis Auburtin choisit de représenter des figures directement inspirées de la mythologie. Qu’il s’agisse de nymphes ou de centaures, l’artiste en fait les sujets principaux de sa peinture, comme dans Les Nymphes dans la vasque et dans L’Echo des Nymphes. Le monde aquatique en particulier, avec ses innombrables sirènes et nymphes, constitue un terreau privilégié de l’imaginaire et d’effets d’étrangeté dans l’art de la fin du XIXe siècle. Ces figures sont mises en scène dans des lieux à la fois évocateurs d’une certaine réalité, puisque nous pouvons reconnaître tantôt les côtes bretonnes, normandes ou encore plus au Sud dans les Pyrénées ou à Porto par exemple. Néanmoins, le traitement témoigne d’une sensibilité tout à fait novatrice grâce aux colorations irréelles teintées de bleu, de vert et de rose, suggérant un monde et des personnages presque surnaturels ou immortels, comme le suggère parfaitement Tunique rose. Par exemple, dans Jeune fille à la grotte ou dans Nu devant le lac, Auburtin crée deux atmosphères oniriques baignées d’un camaïeu de bleu d’une part, et de teintes vertes d’autre part. Les figures sont comme suspendues dans de majestueux paysages de lacs et de montagnes desquels murmurent le cours de fleuves au premier plan. Dans la Jeune fille à la grotte, l’artiste imagine une femme assise dans la cavité d’un rocher, dos au spectateur, regardant vers un horizon qui nous échappe. Dans Nu devant le lac, Auburtin choisit de représenter cette figure féminine au premier plan, tandis que les courbes de son corps se mêlent au sol et aux feuillages. Ses héroïnes incarnent ainsi l’insaisissable bruissement de la nature, tout en se dérobant à toute iconographie connue. En liant l’immensité du paysage à une figure qui personnifie la « voix » du fleuve, il affirme, dans une poésie d’une grande originalité, son appartenance au mouvement symboliste. Citations in « Jean-Francis Auburtin, Un âge d’or », Musée de Lodève, Snoeck Gent, 2021, pages 10-12.
À propos de la vente Art Moderne
Lieu de vente
Date 30/06/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi