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24 - Auguste RODIN (Paris 1840 - Meudon 1917) Enguerande d'après …

Estimation 3 000 € - 5 000 €
Description
Auguste RODIN (Paris 1840 - Meudon 1917) Enguerande d'après l'Eve Héliogravure sur papier 15 x 10,2 cm la feuille et 11,3 x 6,4 cm à la cuvette Signé en bas à droite A. Rodin dans la planche Nous remercions Madame Christina Buley-Uribe de nous avoir confirmé l'authenticité de cette œuvre. Un certificat d'inclusion au Catalogue raisonné, actuellement en préparation, sera remis à l'acquéreur. En 1884, l’écrivain Émile Bergerat entreprend la publication, dans une édition de luxe, de sa pièce Enguerrande. Le récit met en scène le naufrage de la reine de Corse, Enguerrande, sauvée par un pêcheur après le drame maritime. Soucieux d’enrichir cette édition d’un important appareil iconographique, Bergerat sollicite Auguste Rodin pour la réalisation de deux dessins destinés à accompagner l’ouvrage. Cette commande constitue un moment décisif dans le parcours de l’artiste, puisqu’il s’agit de sa première intervention dans le domaine de l’illustration éditoriale. À cette date, Rodin développe un intérêt croissant pour les possibilités de transposition graphique de son œuvre sculptée. Dans ce contexte, il délaisse volontairement les compositions libres inspirées de Dante — souvent exécutées au pinceau dans une veine proche de la peinture — au profit d’un langage graphique plus incisif, fondé sur le dessin à la plume d’après ses propres créations plastiques. Pour Enguerrande, il choisit ainsi de travailler à partir de la figure d’Ève conçue pour La Porte de l’Enfer. Le 11 mai 1884, Bergerat adresse au sculpteur la demande suivante : « Voulez-vous être assez gentil et tenir votre bonne promesse et me faire deux beaux dessins pour mon poème. Je vais le publier en une édition magnifique, et il faudrait que ce fût rapidement pour la reproduction » Quelques jours plus tard, le projet semble définitivement arrêté et Bergerat annonce à l’éditeur la participation de l’artiste sous la forme de « 2 compositions ». Le 20 mai, après réception du premier dessin, l’écrivain témoigne de son enthousiasme dans une nouvelle lettre adressée à Rodin : « Rodinopolis ! Le dessin est superbe, rembrandtesque et d’un bel effet. Peut-être un peu petit s’il faut réduire. Je vous remercie de tout cœur » Le dessin évoqué dans cette correspondance correspond à l’original aujourd’hui conservé dans une collection particulière (fig. 1), que Bergerat demandera néanmoins à l’artiste de reprendre ultérieurement. Le 30 juillet, Bergerat revient sur la question de l’illustration et transmet à Rodin les réserves formulées par l’éditeur : « Voici les épreuves de vos dessins. Ils sont bien venus, et vous devriez être satisfait. Mais l’éditeur m’écrit ici que celui debout va faire gueuler les bourgeois souscripteurs. À mon sentiment il faut écouter cet homme. Ne pour- riez-vous pour la scène de la cabane tracer une femme (résumé des formes : 20 ans, dans le goût du Botticelli par exemple). Il est inutile d’y mettre un fond noir. C’est un dessin de statuaire non pas de peintre, et l’allure des contours sont ce qui intéresse de votre main. Vous seriez bien gentil de faire cela dès maintenant, car nous marchons ferme et vite, et il faut être prêt. Peut-être êtes-vous moins occupé que vous l’étiez ». La composition représentant Ève-Enguerrande ne fut finalement pas retenue pour la publication définitive de l’ouvrage. Elle donna toutefois lieu à plusieurs essais d’impression préparatoires à l’édition de luxe. L’un de ces tirages, fortement encré, est aujourd’hui conservé au musée Rodin (fig. 2), tandis qu’un autre exemplaire, sensiblement plus clair, correspond à celui présenté ici (fig. 3). Cette deuxième épreuve (fig. 3) correspond au lot que nous proposerons en vente le 30 juin 2026. Afin de répondre aux attentes conjointes du commanditaire et de l’éditeur Frinzine Klein et Cie, Rodin réalisa finalement une nouvelle version d’Enguerrande debout (fig. 4). Dans cette seconde composition, les éléments du décor intérieur de la cabane du pêcheur — notamment la charpente de bois, la chaise ou encore la poignée de porte — apparaissent avec une lisibilité accrue, témoignant d’une volonté d’adaptation aux exigences narratives et éditoriales de la publication.
À propos de la vente Art Moderne
Lieu de vente
Date 30/06/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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