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25 - Paul GAUGUIN (Paris 1848 - Atuona 1903) Moïse sur la montagn…

Estimation 40 000 € - 60 000 €
Description
Paul GAUGUIN (Paris 1848 - Atuona 1903) Moïse sur la montagne et Tahitiennes jouant de la flûte Encre et aquarelle sur papier recto verso Exécuté vers 1893-94 37,8 x 24,5 cm à la vue Signé G (en bas à droite du dessin supérieur) Cette œuvre sera incluse dans le Catalogue Raisonné digital de Gauguin, actuellement en préparation sous l'égide du Wildenstein Plattner Institute, Inc. Provenance: Marie-Jeanne Gloanec, Pont-Aven; puis par voie de succession jusque l'actuel propriétaire Exposition: Gauguin et le groupe de Pont-Aven ; Quimper, Musée des Beaux-Arts, , 1950, p. 22, no. 16 (titré Moise sur la montagne ); Kenavo Monsieur Gauguin; Pont-Aven, Musée de Pont-Aven, 2003, pp. 112-113, reproduit en couleurs Bibliographie: Lee van Dowski , Die Wahrheit ûber Gauguin; Darmstadt, 1973, p117, reproduit Daniel Wildenstein et Raymond Cogniat, Paul Gauguin, Paris , 1974, p89, n° 4 partiellement reproduit « Vers le milieu du XIXe siècle, Courbet proclamait : "La peinture est la représentation des objets visibles… Le fond du réalisme, c’est la négation de l’idéal" ; mais en 1900 Gauguin rétorquait : "Je ne suis pas un peintre d’après nature, aujourd’hui moins qu’avant. Tout chez moi se passe en ma folle imagination." Que de chemin parcouru ! Désormais Gauguin, avec les Symbolistes, ne voit plus dans les formes et dans les choses que "la signification visible d’une pensée" ; une conception nouvelle de la vie et du monde est apparue. » René Huyche in Musée de Beaux-Arts de Quimper, Gauguin et le groupe de Pont-Aven, Paris, Editions des Musées nationaux, 1950, p. 7 Dans une lettre du 21 juin 1950, Gilberte Martin-Méry explique à Georges Salles, directeur des Musées de France, son projet d’exposition consacrée à Gauguin et le groupe de Pont-Aven. Elle explique sa difficulté à rassembler un groupe cohérent d’œuvres de Gauguin et mentionne notamment poème illustré ; Moïse sur la montagne et Tahitiennes jouant de la flûte : « Malheureusement, il n’y a plus de Gauguin dans la région de Pont-Aven et du Pouldu : seuls, une esquisse et un poème illustré par Gauguin, Moïse sur la montagne, conservés par les derniers descendants de la pension Le Gloanec. […] » Extrait de la lettre de Gilberte Martin-Méry in Musée de Beaux-Arts de Quimper, Gauguin et le groupe de Pont-Aven, Paris, Editions des Musées nationaux, 1950, pp. 5-6. Cette œuvre est un extrait d'une page du livre d'or de l'Auberge Gloanec, lieu emblématique où les peintres de l'École de Pont-Aven avaient l’habitude de se rassembler. Restée dans la famille de la tenancière de l'auberge depuis des générations, cette page est demeurée inédite sur le marché de l'art jusqu'à ce jour. En explorant le verso de cette feuille, une découverte inédite a été faite : un poème intitulé L’Aubépine blanche et le genêt d’or figure. Il y est fait mention du Bois d’Amour, lieu qui a inspiré le tableau fondateur du synthétisme et du courant Nabis, peint par Paul Sérusier en 1888. Ainsi, tout s’imbrique, l’influence de Gauguin sur le courant Nabis et l’Ecole de Pont-Aven, le poids de la terre bretonne sur son œuvre et son goût pour les lieux restés loin de la corruption de la civilisation humaine. L’insertion en haut de la page du livre d’or d’un dessin représentant deux femmes tahitiennes contemplant l'horizon résonne en écho à ses voyages vers des terres lointaines, toujours en quête d’une existence humaine dépourvue de tout matérialisme. Gauguin, décidé assurément à faire de cette page une œuvre autobiographique, adopte une démarche singulière. Il fusionne musique, poésie et dessin. Inspiré peut-être par Alfred Jarry, qui séjourne en 1894 avec lui à l'Auberge, le peintre compose quelques vers où l'humour prédomine et dénote d’une certaine ironie et distance à l'égard des conventions sociales : "Moïse sur la montagne dit à ceux qui l'écoutaient Que ceux qui jettent leurs ordures par la fenêtre aient soin de ficeler leur paquet Qu'ils regardent si le garde champêtre passe, meurt ou ne se rend pas Et surtout que par amère dérision, ils ne prennent pas le garde pour un facteur en lui demandant une lettre de chargée" Parallèlement, l'artiste introduit quelques notes de musique, préambule de l'air bien connu « Au clair de la lune », signé avec esprit du pseudonyme de « Gouneau », en probable référence à Charles Gounod, compositeur d'opéras et de musiques religieuses du début du XIXe siècle. Enfin, il représente en bas de sa page, à l’encre et à l'aquarelle, un homme assis sur un rocher face à la mer au soleil couchant. La tête a été ajoutée certainement postérieurement. S'agit-il d'une représentation de Moïse sur la montagne ou d'un autoportrait de Gauguin lui-même ? Il est en tout cas certain que cette feuille transcende les frontières des arts et affirme Paul Gauguin comme un artiste polyvalent, créant des œuvres symboliques et mystiques, mais imprégnées d'un esprit sarcastique.
À propos de la vente Art Moderne
Lieu de vente
Date 30/06/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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