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Jacqueline MARVAL (Quaix en Chartreuse 1866 - Paris 1932)
L'…
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Jacqueline MARVAL (Quaix en Chartreuse 1866 - Paris 1932)
L'…
Estimation 2 000 € - 3 000 €
Lot volontaire
Description
Jacqueline MARVAL (Quaix en Chartreuse 1866 - Paris 1932)
L'Espagnole à Biarritz
Huile sur carton
37,8 x 46 cm
Signé en bas à droite Marval
Titré au dos du carton "Espagnol à Biarritz"
Porte au dos le cachet du marchand de couleurs Sennelier à Paris
Nous remercions le Comité Jaqueline Marval de nous avoir confirmé l'authenticité de cette œuvre qui sera incluse dans le Catalogue raisonné de l'artiste actuellement en préparation.
En 1895, elle quitte Grenoble pour s’installer à Paris, dans le quartier de Montparnasse où elle fait la rencontre de nombreux artistes, tels que Flandrin, Marquet, Matisse, Van Dongen, Marquet, Manguin, Camoin et Picasso. Elle peint des paysages et adopte un style vif, spontané, aux antipodes des productions réalisées au sein de l’atelier de Gustave Moreau. Elle affiche déjà la marque de son œuvre, aux traits souples et rapides, sans fioriture, aux teintes pastels et lumineuses.
L’entrée dans le XXe siècle incarne un tournant dans sa vie. En 1901, elle participe au Salon des Indépendants, ce qui marque le début d’une véritable carrière d’artiste peintre. Elle est remarquée par le célèbre marchand d’art, Ambroise Vollard, qui acquiert quelques-unes de ses œuvres les plus notables. Elle fait une percée dans un monde majoritairement masculin, devenant à la fois créatrice et modèle. Elle développe une poésie chromatique aux couleurs pastel et délicates, exaltant un parfum saisissant de douceur et de fraicheur. Le sujet de l’enfance ainsi traité devient un prétexte parfait pour ces expérimentations. De cette façon, dans Deux enfants Jacqueline Marval parvient à traduire toute la tendresse du geste qui unit ces deux enfants devant un décor floral.
Au cours des années 1920, Jacqueline Marval s’impose comme une figure pleinement reconnue de la scène artistique. En compagnie de Jules Flandrin, et par l’entremise de son cercle relationnel — notamment du couturier Paul Poiret — elle découvre Biarritz, où elle séjourne désormais de manière régulière. La cité balnéaire devient alors l’un des foyers majeurs de son imaginaire pictural. De ces séjours naît un ensemble d’œuvres consacrées aux rivages atlantiques, aux figures de baigneuses et de pêcheurs, témoignant de l’attention renouvelée de l’artiste aux espaces de sociabilité et de villégiature. Ces peintures excèdent toutefois le simple motif de la scène balnéaire. Elles constituent un témoignage sensible des mutations sociales et culturelles de l’entre-deux-guerres : l’émergence de la plage comme lieu de loisir moderne, l’évolution des usages vestimentaires et la progressive transformation du rapport au corps dans l’espace public. À travers ces représentations, Jacqueline Marval délaisse progressivement le nu académique traditionnel. Son œuvre révèle une mutation du regard porté sur le corps, désormais inscrit dans une expérience collective, sociale et moderne.
Elle alterne alors entre des scènes de plages, comme avec La femme en rose, plage ou encore L’Enfant et son ombre (circa 1920-1930), où se côtoient hommes, femmes et enfants, en train de se baigner, se prélasser, s’amuser. Elle représente tantôt une foule de vacanciers, tantôt des figures isolées. Elle témoigne ainsi de cette nouvelle mode et de la démocratisation des plaisirs balnéaires. Dans La femme en rose, plage, nous reconnaissons les parasols rouges et blancs typiques du bord de mer biarrot, comme dans Un coin de plage, Biarritz et dans La Fillette au cabas circa 1923.
Biarritz est également l’occasion pour Marval de s’adonner aux portraits féminins comme L’Espagnole à Biarritz, et des autoportraits parfois déguisés. Parmi ses sujets récurrents, l’image de l’Espagnole, qu’elle dépeint dans toutes ses couleurs et d’une manière particulièrement moderne avec de grands yeux maquillés, une coupe au carré et des tenues à la mode. Louis Vauxcelles lui dédie même les mots suivants : « De même qu’on dit un Renoir, un Denis, un Maillol, pour résumer certain type de femme imaginé par ces artistes, de même doit-on dire : un Marval » (Louis Vauxcelles, Mme Marval, dans Gil Blas, 5 mars 1912).
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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