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EDGARD DEGAS (1834-1917)
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EDGARD DEGAS (1834-1917)
Estimation 200 000 € - 300 000 €
Lot volontaire
Description
EDGARD DEGAS (1834-1917)
Danseuse attachant le cordon de son maillot
Modèle original en cire conçu entre 1885 et 1890
Épreuve en bronze à patine brune nuancée de rouge, fonte à la cire perdue
Edition par Hébrard de 20 épreuves numérotées de A à T et de deux numérotés HER et HER D à partir de 1919
Signé « Degas » en creux, numéroté « 33 HER D » et porte le cachet de l'éditeur « A.A. Hébrard/ Cire perdue » près du pied gauche
H. 42,5 x L. 21 x P. 15 cm, sur une base en marbre noir de Belgique H. 1,8 x L. 22 x P. 16 cm
Poids : 4,08 Kg
Provenance :
-Collection Myran Eknayan (1892-1985) ;
-Collection Jacqueline Delubac (1907-1997), par héritage;
-Collection particulière par succession ;
-Collection particulière
OEuvres en rapport :
-Edgard Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, modèle en cire pigmentée, plastiline, armature métallique, liège, sur base en bois, 43,2x 20,6 x 20,1 cm, ancienne Collection Mr et Ms Mellon, National Gallery of Art, n°inv.1999.80 .4 ;
-Edgar Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, bronze n°33 MODELE, porte le cachet "DEGAS" inscrit dans la cire avant la fonte, porte la marque de fonderie "CIRE PERDUE A.A. HEBRARD", porte l'inscription "33/MODELE" sur la terrasse, 43.2 x 18.1 x 12.9 cm, Pasadena, Norton Simon Museum, n°inv. M.1977.02.14.S ;
Autres exemplaires en bronze répertoriés dans les musées
- Edgard Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, bronze, H.42,5,cachet de la signature en creux « Degas », numéroté « 33 A » et porte le cachet de l'éditeur « A.A. Hébrard/ Cire perdue », New York, Metropolitan Musem of Art, n°inv. 29.100.405;
- Edgard Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, bronze, cachet de la signature en creux Degas, numéroté « 33 B » et porte le cachet de l'éditeur « A.A. Hébrard/ Cire perdue », San Diego Museum of Art, n°inv.1991.12;
- Edgard Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, bronze, cachet de la signature en creux Degas, numéroté « 33 D » et porte le cachet de l'éditeur « A.A. Hébrard/ Cire perdue », Cincinnati Art Museum n°inv.1992.138 ;
- Edgard Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, bronze, dim41.91 × 21.27 × 15.4 cm, exemplaire HER, Los Angeles County Museum of Art, n°inv. M.2025.64.15;
- Edgard Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, bronze, H.43 cm, cachet de la signature en creux « Degas », numéroté « 33 P » et porte le cachet de l'éditeur « A.A. Hébrard/ Cire perdue », Paris, musée d'Orsay, n°inv. RF 2079 ;
- Edgard Degas, Danseuse attachant le cordon de son maillot, bronze, H.43 cm, cachet de la signature en creux « Degas », numéroté 33 R et porte le cachet de l'éditeur « A.A. Hébrard/ Cire perdue », Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhague, n°inv IN.2659 ;
Bibliographie :
-Joseph S. Czestochowski, Anne Pingeot, Degas Sculptures. Catalogue raisonné of the Bronzes, Memphis, 2002, notre exemplaire indiqué comme « non localisé » et t répertorié sous le n°33 HER D, p.187 ;
-Ss dir. Jacqueline Delubac, Le choix de la modernité. Rodin, Lam, Picasso,Bacon, musée des beaux-arts de Lyon, cat Expo tenue au musée des Beaux-arts de Lyon du 7 mars 2014-16 février 2015, Actes Sud/Musée des Beaux-arts de Lyon, p.232 et notre oeuvre présente sur une photographie p.191.
Littérature en rapport:
-Edgar Degas, 1834-1917, Original Wax Sculptures M Knoedler and Compagny inc, New York, 1955, cat.27 ;
- John Rewald, Degas, Works in Sculpture, A Complete Catalogue, New York, 1944, p.81, n°XXVIII ;
-John Rewald, Degas Sculpture, London, 1957, p.147, pls 68-70, n° XXVIII ;
-Charles Millard, The Sculpture of Edgar Degas, Princeton 1976, pp.24 et 37, n°55 et 68, fig.84 ;
-Anne Pingeot, Franck Horvat, Degas, sculptures, Paris, Réunion des musées nationaux, 1991, modèle répertorié sous le n°15 p.159 ;
- Sara Campbell, "A catalogue of Degas's bronze", in Apollo, n° 142, 1995, p.27;
-Sara Campbell, Richard Kendall, Daphne Barbour, Shelley Sturman, Degas in the Norton Simon Museum, Ninetheenth-century art, volume II , Norton Simon Foundation, 2009, N°69 modèle, n°71 pp.369-371 ;
-Ss dir. S Glover Lindsay, Daphné S Barbour and Shelley G. Sturman, Edgar Degas Sculpture, Washington, National Gallery of Art, Princeton University Press, 2010, notice 22, pp.164-168;
-Ss dir Bruno Gaudichon et Catherine Chevillot, Degas Sculpteur, un exceptionnel hors les murs , cat. exp., Roubaix, La Piscine-musée d'art et d'industrie André Diligent, 8 octobre 2010-15 janvier 2011, Paris, Gallimard, 2010, p.192-193 ;
-Gregory Hedberg, The Degas Plasters, Groundbreaking revelations about Degas's Sculpture and the Hébrard bronzes, Arnoldsche, Stuttgart, 2023, pl. 33, p.302-303.
- M Knoedler and Compagny inc , Edgar Degas, 1834-1917, Original Wax Sculptures,Londres, New York, 1955, cat.27
Ce sujet en bronze conventionnellement intitulé Danseuse attachant le cordon de son maillot compte parmi les plus étonnants de l'ensemble sculpté de danseuses d'Edgard Degas. En interprétant ce thème en deux et en trois dimensions, l'artiste a fait de la danse son thème de prédilection et un véritable laboratoire du mouvement. Ses petites esquisses en cire procèdent de son dispositif d'étude des corps en action, animés de déséquilibres contrôlés, de tensions musculaires et de poses où l'effort affleure sous la grâce.
Dans Danseuse attachant le cordon de son maillot, la tension et l'effort se traduisent par une attitude plus posée, plus terre à terre, plus recueillie. La figure paraît surprise dans un moment de préparation, avant l'exercice ou l'entrée en scène : la légère torsion du buste, l'inclinaison des épaules, tout le corps se concentre silencieusement sur ce geste intime, privé, capté presqu'à la dérobée, d'ajustement du maillot.
Plus statique que les grandes arabesques, moins démonstrative que d'autres variantes ostensiblement dynamiques, cette statuette explore une temporalité différente de la danse, celle du "hors champ" du spectacle, où le corps se replie sur lui-même, dans un geste presque trivial, et offre au sculpteur un champ d'étude plus discret, d'une rare intensité plastique.
Toutefois la composition ne se laisse pas réduire à l'illustration d'un simple geste utilitaire. Elle manifeste surtout l'intérêt de Degas pour la tridimensionnalité du corps, la dissymétrie des contours et les accidents du mouvement observé sur le vif. La tension de l'abdomen, l'étirement du nombril dans la torsion, la profondeur du sillon dorsal et l'articulation nerveuse des masses traduisent un modelé d'une rare intensité. Un certain nombre d'historiens d'art ont souligné que cette approche de Degas rapproche la statuette de la grande tradition antique de la figura serpentinata reprise à l'époque maniériste ou baroque. Avec moins d'emphase toutefois, le sculpteur impose une torsion virtuose alliant déséquilibre retenu, angles imprévus et asymétries volontaires. Et c'est précisément de cette subtilité que naît la singularité de cette oeuvre.
A la mort de Degas, l'inventaire de l'atelier révèle un corpus important de plus de cent cinquante statuettes, dont soixante-treize font l'objet à partir de 1919 d'une édition posthume en bronze par la fonderie Hébrard selon un contrat signé en 1918 entre les héritiers de Degas et l'éditeur Adrien-Aurélien Hébrard.
En vertu du contrat de 1918 qui prévoyait la réalisation de vingt épreuves pour chacun des différents modèles auxquels s'ajoutaient deux séries réservées, HER et HER D destinées originellement au fondeur et aux héritiers de Degas, notre exemplaire est marqué 33 HER D. En 2002, le catalogue raisonné de Joseph S. Czestochowski, Anne Pingeot le considérait encore comme non localisé. Or il était conservé précieusement dans la célèbre collection de Jacqueline Delubac. Actrice remarquée des années 30 et épouse de Sacha Guitry de 1935 à 1939, cette femme dotée d'un goût visionnaire et élégant constitua une importante collection d'art moderne, d'abord seule puis accompagnée de son second époux, le diamantaire Myran Eknayan, qu'elle épousa en 1981. Dès les années 1950, elle se tourna vers la peinture moderne et réunit des oeuvres de Corot, Renoir, Monet, Manet, Picasso, Braque, Miró, Dubuffet, Bacon, ainsi que des sculptures de Rodin et de Degas.
En remerciement du legs majeur qu'elle fit au musée des Beaux Arts de Lyon, cette institution organisa une exposition qui mit en lumière sa personnalité de collectionneuse ainsi que son goût, montrant notamment, par des vues d'intérieur, comment les oeuvres s'inscrivaient dans son espace de vie. Une photographie reproduite dans le catalogue de l'exposition dévoile notre sculpture, placée dans le grand salon de l'appartement de l'avenue Maurice Barrès à Neuilly sur Seine.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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