Premium Thierry de Maigret
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Maria Melania KLINGSLAND dite Mela MUTER (1876-1967)
Nature …
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Maria Melania KLINGSLAND dite Mela MUTER (1876-1967)
Nature …
Estimation 40 000 € - 60 000 €
Lot volontaire
Description
Maria Melania KLINGSLAND dite Mela MUTER (1876-1967)
Nature morte
Huile sur toile, signée en haut vers la droite.
73 x 60 cm
Provenance :
Ancienne collection Mme Henry Lapauze*
Collection particulière * Il s'agit très certainement de la troisième femme d'Henry Lapauze (1867-1925), Marie Paule
Fontenelle (1889-1975)
Mela Muter s’impose, dès les premières décennies du XXe siècle, comme l’une des figures marquantes de l’Ecole de
Paris. Arrivée à Paris en 1901, après une première formation à Varsovie, elle fréquente les académies libres et expose
rapidement dans les grands salons parisiens. Son oeuvre, qui embrasse aussi bien le portrait, le paysage que la nature
morte, se distingue par une matière dense, nerveuse, et par une construction où le sujet reste toujours essentiel.
Dans cette composition, Muter ne traite pas seulement le motif comme un exercice de nature morte. Les poissons,
sans doute la pêche du jour, sont posés sur un journal dont on distingue le titre [La] Dépêche. Ce détail, entre pêche et
Dépêche et produits frais et nouvelles fraîches, introduit une note humoristique sans détourner le regard de la peinture
elle-même.
La construction du tableau repose sur un équilibre très maîtrisé, le motif paraît d’abord désordonné, presque improvisé, mais Muter en maîtrise parfaitement l’organisation ; elle y déploie une touche épaisse, presque heurtée, faite d’empâtements, de reprises et de stries colorées. Le dossier de la chaise, placé à l’arrière-plan, donne à la scène un ancrage domestique et familier, tandis que la bouteille verte, dressée sur la gauche, vient stabiliser la composition. Son vert profond agit comme un contrepoint aux tons roses, rouges et orangés des poissons, dont il renforce l’intensité. Muter oppose ainsi le vert froid de la bouteille aux roses, rouges et orangés des poissons. La chaise, le journal et la bouteille placent la scène dans un cadre simple et banal, tandis que la touche épaisse et nerveuse donne au motif une présence immédiate, prise sur le vif.
Au verso, une ancienne étiquette manuscrite porte la mention Exposition de Madam / Nature morte/appartient à Mme Henry Lapauze/10 rue Royale. Cette indication nous laisse supposer que Mme Henry Lapauze, est très vraisemblablement Marie- Paule Fontenelle, troisième et dernière épouse d’Henry Lapauze, critique d’art, conservateur du Petit Palais et fondateur de La Renaissance de l’art français et des industries du luxe. Après la mort de son mari en 1925, Marie-Paule Lapauze poursuit son activité dans le milieu artistique parisien : elle reprend la direction de la revue et ouvre, en 1926, la Galerie de la Renaissance.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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