Ce manteau est en laine et comporte un ruban bleu au niveau du col.Photo 2/4 du lotPhoto 3/4 du lotPhoto 4/4 du lot
MILLON

480 - Rare manteau de cavalerie,

Estimation 800 € - 1 200 €
Description
Rare manteau de cavalerie, probable projet d’après le modèle dessiné par Victor Mikhaïlovitch Vasnetsov (1848-1928) pour Nicolas II, repris par l'Armée rouge dès 1919. Manteau en laine gris-marron, croisé à trois bandes de tissu bleu en diagonales (« razgavori ») retenues par de simples boutons, pointes du col bleues (pour la cavalerie), le col et les manches gris foncé. Tampon à l’intérieur. Usures, accidents et manques. Époque soviétique. Historique On connait tous le chef d'œuvre « Les bogatyrs » du célèbre peintre Viktor Vasnetsov, mais moins sa création d'un modèle de coiffe qui deviendra un symbole de l'Union soviétique (ill. 1). C’est Nicolas II, grand amateur du style “vieille Russie”, qui demande à Vasnetsov en 1913 de dessiner de nouveaux uniformes pour la Garde impériale, qu'on peut imaginer en couleurs chatoyantes. Le Tsar aurait voulu les introduire à l'occasion du Tricentenaire des Romanov, mais il n’en sera rien, les seuls uniformes qui ont vu le jour en 1913 sont ceux du modèle kaki agrémenté de plastrons de couleurs variées. Entre temps, à Tsarskoïe Selo, Vasnetsov participe à la décoration intérieure et extérieure du « Feodorovsky Sobor » de style néo-russe (église régimentaire de la garde personnelle du Tsar, régiment combiné d'Infanterie et Escorte particulière de Sa Majesté, le « Konvoi ») qui deviendra plus tard l'église personnelle des Souverains. Non seulement Vasnetsov peint-il (avec Nesterov) mais dessine aussi des costumes pour le clergé et le personnel, dans le même style que l'église et le « village » voisin où ils résident (Feodorovsky Gorodok, ill. 2). Quelques années après, certainement dès 1915, Nicolas II, nouveau commandant-en-chef, confiant de l'emporter sur les Allemands, les Autrichiens et les Ottomans, aurait demandé à Vasnetsov de dessiner des uniformes pour les Défilés de la Victoire à Berlin, Vienne et Constantinople, qu'il prévoyait pour 1917. C'est là que Vasnetsov fait appel à ses Bogatyrs pour inspirer les troupes. Le résultat côtoie des soldats alliés dans une vitrine du Musée de la Première Guerre mondiale au « Ratnaya Palata » de Tsarskoe Selo (ill. 3). Des uniformes auraient été confectionnés dans des manufatures en Sibérie et entreposés ensuite à Petrograd en attente d’une victoire qui ne vint pas… Et ces uniformes, qui voulaient faire le lien entre les héros légendaires du XIIe siècle et la soldatesque russe du XXe pour lui insuffler un peu de bravoure, ne sont jamais sortis de leurs entrepôts. Pendant la Guerre civile, les Bolcheviks, qui n'avaient pas d'uniformes, se sont emparés de tous les uniformes tsaristes qu'ils ont trouvés. Les vêtements de hussards ont eu beaucoup de succès ainsi que les shakos des Écoles militaires, mais ils ne suffisaient pas pour habiller la nouvelle Armée rouge. Fin 1918, Trotsky lance un concours et, en janvier 1919, Vasnetsov l'emporte sur Kustodiev : les kaftans et casques tsaristes des années 1910 se sont réincarnés sans difficulté. On a mis des losanges au col, supprimé les pattes d'épaules et l'étoile rouge a remplacé l'aigle bicéphale (ill. 4). La coiffe de Vasnetsov deviendra célèbre sous le nom « bogatyrka » qui changera un peu de forme, et de noms ; elle terminera sa carrière militaire sous le nom de boudionovka et de frounzenka, dans les années 1940 en Finlande.
À propos de la vente Art Russe - Collection de Monsieur G - Partie 3
Lieu de vente
Date 18/09/2026 à 11h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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