une trompette entourée d'un ruban sur fond noirPhoto 2/7 du lotPhoto 3/7 du lotPhoto 4/7 du lotPhoto 5/7 du lotPhoto 6/7 du lotPhoto 7/7 du lot
Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
MILLON

706 - EXCEPTIONNELLE TROMPETTE DE SAINT-GEORGES EN ARGENT REMISE A…

Estimation 20 000 € - 30 000 €
Description
EXCEPTIONNELLE TROMPETTE DE SAINT-GEORGES EN ARGENT REMISE AU 2E ESCADRON DU 1ER RÉGIMENT COSAQUE DE NERTCHINSK EN 1900 Trompette en argent 84 zolotniks (875 millièmes), le pavillon appliqué d’une croix de Saint-Georges (en métal) entourée de l’inscription gravée en cyrillique : “ЗA ЭЮРЬ, ХИНГАНЬ И ЦИЦИКАРЬ ВЬ 1900 ГОДУ / 2й СОТНЯ 1ГО НЕРЧИНСКОГО ПОЛКА ЗАБАЙКАЛЬСКОГО КАЗАЧЬЯГО ВОЙСКА.” (« Pour Éïour, le Khingan & Tsitsikar l’année 1900 » / « Au 2e escadron du 1er régiment de Nertchinsk de l’Armée cosaque de Transbaïkalie. »), avec son ruban aux couleurs de l’Ordre se terminant par deux imposants glands de passementerie en fils d’argent, rehaussés de fils orange et noir. Très bon état, légers chocs. Saint-Pétersbourg, 1899-1903 (circa 1900). Sans poinçon d’orfèvre apparent. L. 34,5 cm. Poids brut : 714,0 g. Historique En Russie, la remise de trompettes de distinction en argent « ordinaires » eut vraisemblablement lieu pendant la Guerre austro-russo-turque de 1735-1739 et, en 1796, le Gouvernement ordonna que les trompettes (et timbales) en argent reçues soient considérées comme des insignes de distinction et fassent partie des régalia régimentaires. En 1805, on crée une distinction supérieure décernée pour actes de bravoure exceptionnels, la trompette de Saint-Georges en argent (Труба серебряная Георгиевская) qui se distingue de la version en argent standard par l’insigne de l’Ordre de Saint-Georges (en métal argenté) qui est appliqué sur lе pavillon de la trompette avec une inscription indiquant pourquoi, quand et à quelle unité militaire cette distinction était accordée. Elle recevait aussi un ruban (étroit) de Saint-Georges orange et noir avec glands. À partir de 1816, on distingue des différences entre la forme des trompettes pour la cavalerie et l'infanterie : la première était longue (35 à 50 cm) et étroite, tandis que la seconde était plus courte (20 à 30 cm) et incurvée. Les trompettes d’argent de Saint-Georges occupèrent ainsi, jusqu’en 1917, une place éminente parmi les distinctions collectives de l’Armée impériale russe. Accordées à une unité pour faits d’armes, elles ne relevaient pas de la récompense individuelle, mais de la mémoire régimentaire. L’instrument, par nature lié à la transmission des signaux et au cérémonial militaire, devenait ainsi le support matériel d’un honneur collectif, destiné à perpétuer le souvenir d’une action remarquable. Notre trompette se rattache directement à la campagne de Chine de 1900, menée en Mandchourie dans le contexte de l’insurrection des Boxers. Son inscription « Pour Éïour, le Khingan et Tsitsikar en 1900 » correspond à la dédicace accordée par Nicolas II aux 1re et 2e “sotnias” (escadrons) du 1er régiment de Nertchinsk de l’Armée cosaque de Transbaïkalie. Elle commémore les opérations conduites par cette unité aux confins orientaux de l’Empire russe, notamment autour d’Éïour, dans la région du Khingan, puis à Tsitsikar (aujourd’hui Qiqihar). Le récit d’Alexandre Makovkine, publié à Saint-Pétersbourg en 1907 dans son histoire du 1er régiment de Nertchinsk, éclaire la portée symbolique de cette distinction. Au cours d’un engagement, alors que la position du chef du détachement et de l’étendard se trouvait menacée, les musiciens du régiment, chargés des trompettes, auraient momentanément abandonné leurs instruments pour prendre part à la défense, chachkas au clair. Rapporté dans l’historiographie régimentaire, cet épisode souligne la valeur attribuée à l’ensemble de l’unité et permet de comprendre le choix d’une récompense aussi prestigieuse que les trompettes d’argent de Saint-Georges. Ce ne sera que le 19 février (4 mars) 1903 que l’empereur Nicolas II octroiera 4 trompettes d’argent de Saint-Georges aux deux escadrons de ce régiment, soit deux par escadron. Par son décor, son inscription et son ruban conservé aux couleurs de l’ordre, cette trompette s’impose comme un témoin rare de la culture militaire impériale russe. À la fois instrument, insigne et objet de mémoire, elle porte sur son pavillon l’écho d’une campagne d’Extrême-Orient et l’hommage rendu à une sotnia cosaque distinguée pour sa conduite en 1900. Oeuvres en rapport Plusieurs trompettes d’argent de Saint-Georges comparables sont conservées au Musée historique d’État à Moscou : celle du 11e régiment de grenadiers de Phanagorie, décernée pour Plevna en 1877 ; celle du 122e régiment d’infanterie de Tambov, pour le combat de Gorny Bougarov la même année ; et celle du 97e régiment d’infanterie de Livonie, pour Yuhuantun en 1905.
À propos de la vente Art Russe - Collection de Monsieur G - Partie 3
Lieu de vente
Date 18/09/2026 à 11h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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