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170 - Portrait grotesque d'un jeune homme coiffé d'un couvre-chef …
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Estimation 1 000 € - 2 000 €
Description
Portrait grotesque d'un jeune homme coiffé d'un couvre-chef rouge École lombarde, début du XVIIIe siècle huile sur toile 43 x 32 cm Le tableau représente un jeune homme du peuple en demi-buste, vu de face sur un fond sombre et neutre, caractérisé par une expression fortement exagérée et théâtrale, accentuée par un sourire irrégulier qui laisse apparaître ses dents et par un regard fixe dirigé directement vers le spectateur. Le personnage porte une simple chemise claire à plis verticaux et un couvre-chef rouge excentrique, orné d’éléments en plumes ou de tiges décoratives qui confèrent à l’image un caractère ambigu, à mi-chemin entre le portrait populaire, la figure bouffonne et l’étude physionomique. Le rendu pictural, construit à l’aide d’une matière rapide et synthétique dominée par des bruns profonds et des accents lumineux soudains sur le visage et les mains, inscrit l’œuvre dans le courant de la peinture de genre lombarde entre la fin du XVIIe siècle et les premières décennies du XVIIIe siècle.L’image semble liée à cette tradition naturaliste issue de l’enseignement d’Annibale Carracci et du cercle carracien de Bologne, au sein duquel l’étude directe du vivant, des expressions populaires et des physionomies excentriques avait donné naissance à un nouvel intérêt pour ce qu’on appelle les « têtes de caractère ». Cette culture, qui s’est largement répandue dans le nord de l’Italie entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, a connu un succès particulier en Lombardie auprès d’artistes orientés vers une représentation intense et non idéalisée des classes modestes et des figures marginales. Le présent tableau semble en effet conserver cet héritage des Carracci dans la grande attention portée à la vérité physionomique, dans la frontalité immédiate du personnage et dans l’ambiguïté psychologique de l’expression, suspendue entre l’observation d’après nature et la déformation caricaturale.Dans ce contexte, l’œuvre présente des affinités significatives avec la peinture d’Antonio Cifrondi, notamment dans la tension expressive du visage, dans le coup de pinceau énergique et dans le goût pour les personnages populaires saisis dans des attitudes presque théâtrales. De même, le naturalisme brut et la volonté d’accentuer les traits les plus irréguliers du personnage rappellent la sensibilité de Pietro Bellotti, interprète d’une peinture profondément intéressée par le monde des mendiants, des clochards et des demi-figures de caractère. Le sourire dévoilé et délibérément dérangeant, rare dans l’art du portrait officiel de l’époque, trouve des équivalents précis dans la tradition des têtes grotesques et des études physionomiques issues du milieu des Carracci, puis réinterprétées dans la peinture de genre lombarde.La coiffe excentrique contribue en outre à renforcer la dimension théâtrale et carnavalesque de l’image, suggérant la représentation possible d’un personnage de comédie, d’un bouffon ou d’une figure délibérément caricaturale destinée au goût des collectionneurs pour l’étrange et le grotesque. L’œuvre apparaît ainsi comme un témoignage intéressant de la persistance de la culture naturaliste des Carracci dans la peinture lombarde du début du XVIIIe siècle et de sa transformation dans un sens plus populaire, expressif et pittoresque, dans la tradition des peintres de mendiants et de têtes de caractère.
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À propos de la vente Art classique - Exclusivité web
Lieu de vente
Date 23/09/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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