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AGUTTES

28 - JAPON, POSSIBLEMENT DE LA PERIODE EDO, XVIIIe SIECLE Statue …

Estimation 3 000 € - 4 000 €
Description
JAPON, POSSIBLEMENT DE LA PERIODE EDO, XVIIIe SIECLE Statue en terre cuite partiellement polychromée représentant possiblement Kishimojin. L'ogresse figurée assise en seiza relâché, vêtue d'une large robe croisée dont les pans s'étalent sur la base. Sa main droite désignant la grenade qu'elle tient dans la main gauche. La chevelure coiffée en “mizura” retombant sur les épaules et délicatement détaillée. Le visage rond, à l'expression sereine, la bouche petite, les yeux très étirés, mi-clos. Sur une base en bois naturel postérieure.  H. tot. 56 cm ; Dim. 50 x 33 x 32,5 cm Provenance: Collection particulière belge Information Expertise: Certificat de datation par thermoluminescence du Brussels Art Laboratory du 17 novembre 2023.  Notice: Hārītī est une divinité gardienne du bouddhisme et une déesse de la fertilité liée à la maternité et à la protection de l’enfance, connue en Chine sous le nom de Guizimu et au Japon sous les noms de Kishimojin (鬼子母神), Kariteimo, ou encore Kangimo (« la Mère de la Joie »). La tradition rapporte qu’à l’époque du Bouddha Shākyamuni, Kishimojin était une ogresse (rakshasa ou yakṣa) redoutée, mère de centaines d’enfants. Pour nourrir sa nombreuse progéniture, elle enlevait et dévorait les enfants des autres familles. Le Bouddha décida de lui faire éprouver la souffrance qu’elle infligeait : il cacha son plus jeune enfant sous son bol à aumônes. Désespérée après de vaines recherches, Kishimojin implora son aide. Le Bouddha lui demanda alors si elle pouvait concevoir la douleur des parents ayant perdu un enfant, alors qu’elle-même en possédait des centaines. Profondément bouleversée, elle se repentit, promit de renoncer à la chair humaine, se nourrissant exclusivement de grenades — le fruit devenant dès lors son attribut symbolique — et se convertit à l’enseignement bouddhique. Cette inversion radicale de son rôle — de dévoreuse d’enfants à divinité protectrice — est au cœur de son mythe et illustre la puissance transformatrice de la compassion et de l’Éveil. Dans le Sūtra du Lotus, elle apparaît aux côtés des Dix Filles Démones (Jūrasetsu-nyo), jurant de protéger les pratiquants du texte sacré et de leur transmettre des formules protectrices (dhāraṇī). À ce titre, elle occupe une place essentielle dans les écoles japonaises du Lotus, notamment la tradition Nichiren, où son culte se développe particulièrement à partir du XIIIᵉ siècle. Possiblement issue de traditions indiennes anciennes et intégrée au bouddhisme à partir de cultes yakṣa, voire de substrats iraniens, Hārītī/Kishimojin incarne une figure ambivalente devenue bienveillante. Protectrice de la foi et de la maternité, elle symbolise la transformation des forces destructrices en puissances de protection et de fécondité.
À propos de la vente Arts d'Asie
Lieu de vente
Date 09/06/2026 à 11h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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