Maître Jean-Paul RENOUD-GRAPPIN
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Jeanne Louise Genet, Madame CAMPAN (1752-1822).
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Jeanne Louise Genet, Madame CAMPAN (1752-1822).
Estimation 1 000 € - 1 200 €
Lot volontaire
Description
Jeanne Louise Genet, Madame CAMPAN (1752-1822). L.A.S., Mantes sur Seine 1er janvier 1819, à Mlle Juliette ROLLAND, chez le colonel Cottin, directeur d'artillerie à La Fère ; 7 pages in-4, adresse.
Belle et longue lettre à une ancienne élève.
Elle est heureuse de retrouver chaque année « la preuve que ce bon petit cœur, et ce jugement vif que je vous remarquais, avaient jugé mes soins, et apprécié ma tendresse vraiment maternelle. J'avois juré au pied de l'autel d'Ecouen de servir de seconde mère à ces bonnes petites filles de nos braves militaires et mon cœur avoit pris part à mes sermens. - Depuis que mon troupeau est dispersé, depuis qu'on a fait de moi une vieille bergere sans houlette, je m'occupe autant que je le puis de mes pauvres brebis dispersées - j'en ai placé plusieurs et très bien »… Mais elle s'inquiète vivement pour la fille du colonel BALLEYDIER. « Il y a quinze ans après la bataille d'Austerlitz, je me chargeai d'une petite fille délaissée par une méchante mère », et dont le père a été tué en duel au lendemain de la bataille : « Cet homme, fort bien né, tenait à une honorable famille de la Savoie, il s'était mal marié. Sa femme résidait alors à St Germain, à la nouvelle de la mort de son mari, elle en partit, et abandonna deux enfans, une petite fille couchée sur la paille, un petit garçon en nourrice ; les succès de mon établissement me tenoient lieu de fortune, je me chargeai des entans ». On retrouva la mère, qui fut obligée de reprendre son fils. « Je gardai la pauvre petite - je la fis entrer à Ecouen lorsque je m'y transportai. Elle profita peu, je la grondai souvent, mais sans fruit, son caractere avoit besoin d'être souvent repris, souvent encouragé ; quand elle passa à St Denis sans moi, elle perdit sa protectrice. Elle y eut des dégouts probablement des torts de l'Enfance, enfin elle en sortit un an avant le temps ». Le maréchal MACDONALD la renvoya à sa mère, qui « la fit entrer novice dans un couvent de Trapistes ! L'austérité de cet ordre fut au dessus de ses forces, Adeline Balleydier fut obligée de le quitter », et, venue à Paris, elle s'adressa à Mme Campan : « je sentis qu'il falloit, pour le titre si honorable des militaires français, pour mes nombreuses élèves, pour notre institution d'Ecouen, pour moi-même sauver cette pauvre abandonnée ». Elle organisa une collecte pour pouvoir l'habiller, et l'a mise en pension chez d'anciennes maîtresses de son institution de Saint-Germain : « la voilà à l'abri du froid, de la faim, et ce qui est bien plus de la honte ». Mais les faibles moyens de Mme Campan l'obligent à avoir de nouveau recours à des collectes. Et elle charge Juliette de solliciter la charité des militaires de La Fère pour sauver Adeline : « Ma petite nièce Clémence Gamot, nièce de la Male Ney est ma trésorière. Elle a comme moi un cœur pénétré de tout ce que l'on doit aux braves militaires »... La jeune Balleydier « travaille quatre heures par jour pour réparer les étourderies de son enfance, nous la sauverons, nous en ferons un bon sujet, Dieu nous aidera ». Mme Campan rappelle qu'elle a pu placer ainsi plusieurs de ses pauvres filles, dont elle donne les noms…
À propos de la vente
AUTOGRAPHES & MANUSCRITS - PLUMES DE L'HISTOIRE
Lieu de vente
Date
18/09/2026 à 14h00
Ref. : 226165 - 109
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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