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Premium Nicolas Nouvelet Commissaire-priseur

246 - Commode royale d'époque Louis XVI, livrée en 1786 pour la co…

Estimation 15 000 € - 25 000 €
Description
Commode royale d'époque Louis XVI, livrée en 1786 pour la comtesse d'Angiviller à l'hôtel du Gouvernement du château de Rambouillet, réalisée par Jean-Henri Riesener. Commode en acajou et placage d'acajou à ramages ronceux, la façade à léger ressaut ouvrant par cinq tiroirs sur trois rangs dont les deux du bas sans traverse, à décor de mouluration, les panneaux latéraux légèrement incurvés, les montants antérieurs et postérieurs arrondis reposant sur de larges pieds tournés cannelés en toupies. Ornementation de mouluration de bronze doré et ciselé sous la frise et le bas, entrée de serrures en anneaux, chapiteaux surmontant les pieds et sabots. Estampillée sur chacun des montants postérieurs J.H. Riesener. Portant au revers deux marques au fer à chaud - un double g entrelacés et un chiffre R, toutes deux sous couronne royale ainsi qu'un numéro à l'encre noire partiellement effacé du N°668. Époque Louis XVI, vers 1786 H. 90 cm - L. 148 cm - P. 64 cm (plateau de marbre fleur de pêcher du XIXe siècle réparé, anneaux de tirage, serrures et entrées rapportées ; petites fentes sur les panneaux latéraux, petits chocs, manque la clé, un anneau de tirage incomplet) Provenance : Livrée pour la chambre de l'appartement situé au 1er étage de l'hôtel du Gouvernement, au château de Rambouillet, cette commode fut destinée à la comtesse d'Angiviller, épouse du comte d'Angiviller, administrateur des arts et dernier directeur général des Bâtiments du Roi sous Louis XVI. Ce meuble réalisé par Jean-Henri Riesener illustre parfaitement son savoir-faire : un modèle d'équilibre et de sobriété, alliant élégance et grande maîtrise technique - Château de Rambouillet, hôtel du Gouvernement pour la chambre des appartements de la comtesse d'Angiviller (reproduite) - Collection privée - Collection Viel, vente de Mes Maurice et Etienne Ader, Paris, Galerie George Petit, le 24 mai 1932, lot n° 89 - Collection privée, vente Mes Couturier et de Nicolay, Paris, Palais d'Orsay, 21 juin 1979, lot n°127 (reproduite) L'ordre du garde général des meubles de la Couronne n°57 du 23 février 1786 mentionne pour le domaine de Rambouillet, sous la conduite du sculpteur Jean Hauré, entrepreneur de meuble de la Couronne pour Riesener (fig. 1) : 1 commode de 4 pieds et 6 pouces et 2 encoignures en bois d'acajou. 900 livres (An O1 3288) correspondant aux dimensions de notre meuble. Le mémoire des Fournisseurs du garde meuble de la Couronne du 1er semestre 1786 à Paris (AN O1 3638), dans le cadre de la soumission de M. Riesener pour les ébénisteries mentionne notre commode avec une description plus précise cette fois-ci de l'ébéniste (fig. 2) : Commode de bois d'acajou plus recherchée que la précédente avec des moulures de bois autour des panneaux, une moulure dorée en dessous de la frise ornée de consoles, chapiteaux ciselés (sur les pieds) et sabots entrée de serrure en anneaux dorés d'or moulu… 400 livres Une découverte lors de l'expertise : le numéro d'inventaire permettant de localiser la commode dans les appartements de la comtesse d'Angiviller La découverte d'un numéro d'inventaire à l'encre noire non mentionné dans les catalogues de vente de 1932 et 1979, mis au jour lors de l'expertise d'avril 2026, révèle, bien que partiellement effacé, le numéro 668. Celui-ci correspond à l'inventaire de novembre 1787 du domaine de Rambouillet, où figure également le n° 668. Il permet ainsi de localiser la commode au premier étage, dans les appartements de comtesse d'Angiviller, et plus précisément dans sa chambre. Inventaire du château de Rambouillet de novembre 1787 (An 3440, f° n° 668) (fig. 2) : 1 commode de 4 pieds et 3 pouces à deux grands et trois petits tiroirs en bois d'acajou orné d'entrées en anneaux moulures et sabots de cuivre doré d'or moulu, le dessus de marbre blanc veiné. (An O1 3440) Nous noterons la différence de trois pouces relevés dans cet inventaire due probablement à une erreur de mesure, ce qui est courant dans les inventaires de ces époques. Jean-Henri Riesener (1734-1806) est un ébéniste d'origine allemande, formé dans l'atelier de Jean-François Oeben. Reçu maître le 23 janvier 1768, il connaît une ascension rapide. En 1774, il succède à Gilles Joubert et obtient le titre d'ébéniste ordinaire du Roi auprès du mobilier de la Couronne. Cette distinction prestigieuse témoigne de son succès et de l'excellence de son savoir-faire artisanal proposant des meubles de grand luxe. Bibliographie : - J. Nicolay, L'Art et la Manière des Maîtres Ébénistes français du XVIIIe siècle, Paris, 1956 & 1976, Fig. AA (reproduite). - R. Serrette, «Le mystère des double G couronnés enfin élucidé», L'Objet d'art, octobre 2024, p. 77. - A. Maes, L'hôtel du comte d'Angiviller à Rambouillet. Une demeure à la mode à la vieille de la Révolution, 2024, Versalia, Revue de la Société des Amis de Versailles, p. 165 (reproduite) - A. Maes, Le comte d'Angiviller, Directeur des Arts sous louis XVI, 2025, Monelle Hayot eds - Archives nationales, Paris, An O1 3288, An O1 3440, An O1 3638. Expert : Arnaud Romieux Tel : 06 08 27 09 92
À propos de la vente Beaux-arts et arts décoratifs d'hier et d'aujourd'hui
Lieu de vente
Date 23/06/2026 à 13h30
Ref. : 0546 - 29
Description du lot modifiée le 04/06/2026 à 12h26
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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