Description
OLIVIERIO (Antonio Francesco). La Alamanna. Venise, Vincenzo Valgrisi, 1567. 3 parties en 2 volumes in-4, maroquin rouge, triple filet doré, dos orné à la grotesque, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure française du XVIIIe siècle). Édition originale de ce poème épique en vingt-quatre chants.
Dans cette épopée en vers, Antonio Francesco Oliviero (1520-1580) décrit la guerre de Schmalkalden, qui, en 1545, au sein de l'Empire romain germanique, opposa Charles Quint (1500-1558) à une coalition de princes protestants d'Allemagne du Nord qui réclamaient la reconnaissance juridique du protestantisme. Bien que la victoire échut à l'empereur, il lui fut désormais impossible d'ignorer la progression des idées luthériennes en Allemagne.
À la suite de La Alamanna viennent trois autres poèmes d'Oliviero : Carlo Quinto in Olma, L'Origine d'Amore et Canzone..., qui ferme le second tome.
Somptueuse impression de Vincenzo Valgrisi, alias Vincent Vaugris, imprimeur lyonnais établi à Venise puis à Rome.
L’ouvrage est orné d’un bel encadrement architectural sur le titre, comprenant un portrait équestre de Charles-Quint sous un arc de triomphe (répété deux fois), d'un portrait de l'auteur (répété trois fois) et de la grande marque de l'imprimeur (répétée aussi). Le texte est illustré de 36 scènes gravées avec encadrement composé de quatre bois séparés, dont 12 à pleine page, d’une lettrine historiée au commencement de chaque livre, de bandeaux et culs-de-lampe, le tout gravé sur bois.
Seule la première partie de l'ouvrage est illustrée. En effet, ainsi que le précise la préface de la deuxième partie, l'entreprise, très ambitieuse, se révéla trop onéreuse et ne fut pas menée à son terme. Le cycle iconographique présente des ressemblances avec celui de l'Orlando furioso publié chez le même éditeur en 1556.
Magnifique exemplaire en fines reliures parisiennes du xviiie siècle.
L'exemplaire du collectionneur d'art Joseph-Antoine Crozat (1751, n°1712), président au Parlement de Paris, avec son ex-libris manuscrit au verso du feuillet de titre.
Président de la chambre des enquêtes du Parlement de Paris, Joseph-Antoine Crozat (1699-1750), marquis de Tugny, était le fils du financier Antoine Crozat (v. 1655-1738), première fortune de France à la fin du règne de Louis XIV et premier propriétaire de la Louisiane. En 1740, Tugny hérita de la collection de peintures de son oncle, Pierre Crozat (1661-1740) : le fameux Cabinet de Crozat. Partageant avec cet oncle un goût très éclairé pour les beaux-arts, il employa l'essentiel de son temps et de son immense fortune à enrichir sa collection. Devenue l'un des plus précieux ensembles de peintures jamais rassemblés (au nombre duquel figuraient un Raphaël, douze Rubens, huit Rembrandt, cinq Poussin, trois Watteau, deux Chardin...), la collection de Crozat fut, en 1770, par l'intermédiaire de Diderot mais au grand scandale des contemporains, vendue en bloc à Catherine II de Russie. Elle constitue, depuis 1772, l'un des fleurons du musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. La bibliothèque de Joseph-Antoine de Crozat, quant à elle, avait été dispersée en 1751, au cours d'une vente qui ne comptait pas moins de 5 000 numéros. Les ouvrages que nous avons pu localiser, qui proviennent de cette bibliothèque, présentent tous le même ex-libris manuscrit : Ex Bibliotheca D. Crozat in Suprema Parisiensi Curia Praesidis.
L’exemplaire a ensuite appartenu au célèbre bibliophile anglais Richard Heber (1773-1833), collectionneur insatiable, qui consacra lui aussi son temps et sa fortune à voyager à travers l'Europe entière à la recherche d'éditions rares et précieuses, qu'il choisissait avec soin, et constitua ainsi ce qui devint l'une des plus gigantesques collections de livres jamais formées par un particulier. En une trentaine d'années, de 1800 à 1830, il réunit plus de 150 000 volumes. Il aimait à dire qu'il lui fallait posséder trois exemplaires de chaque ouvrage : le premier pour le montrer, le deuxième pour le lire et un dernier pour l'échanger ! Walter Scott, dont il était proche et qui lui dédia le sixième chant de son poème Marmion, qualifia sa bibliothèque de « supérieure à toutes les autres dans le monde ». La dispersion de celle-ci donna lieu, entre 1834 et 1837, à seize ventes qui se tinrent à Londres, Oxford, Gand et Paris.
L’exemplaire est décrit au catalogue Heber (1836, IX, n°2206) en ces termes : "beautiful copy, in old French red morocco, by Padeloup".
Le feuillet blanc x8 n’a pas été conservé.
Adams, O-167 – Mortimer, n°326 – CNCE 38244.
À propos de la vente
Beaux livres anciens - Une bibliothèque du Languedoc
Lieu de vente
Date
20/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi