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COLLIN DU BOCAGE

203 - LEPAUTE dit DE BELLE FONTAINE à Paris Époque Louis XVI, vers…

Estimation 15 000 € - 18 000 €
Description
LEPAUTE dit DE BELLE FONTAINE à Paris Époque Louis XVI, vers 1780-1790 Horloge de parquet d’époque Louis XVI dotée d’un mouvement mécanique à entraînement par poids et d’un balancier compensé, double complication affichant l’équation du temps, le calendrier perpétuel astronomique, et les équinoxes et solstices Cadran : émail blanc, chiffres romains pour les heures et graduation périphérique des minutes, calendrier astronomique indiquant les mois, les aiguilles en bronze avec serpentines et fleur de lys, les quantièmes, les saisons, les signes du zodiaque ainsi que les principaux événements du cycle solaire, notamment les équinoxes et solstices, la troisième aiguille du centre avec un soleil indique l’équation du temps permettant de mesurer la différence entre le temps solaire et le temps moyen, signature de l’émailleur en bas du cadran « Coteau » avec la signature de l’horloger « Lepaute de Belle Fontaine » et son titre « Hger de Monsieur à Paris ». Boîtier: en placage de bois précieux orné de frises et de filets géométriques, arbore une élégante architecture Louis XVI, la porte est ornée d’un fin cerclage en bronze doré ciselé qui met en valeur le cadran, la partie inférieure, laisse entrevoir le balancier, tout l’ensemble est vitré sur plusieurs faces et présente une forme cintrée qui se rétrécit vers le haut (le chapeau est manquant). Mouvement: visible à travers la caisse est en laiton, il est commandé par deux poids cylindriques et animé par un balancier compensé à lentille, l’ensemble des rouages comprend également un train de sonnerie indépendant pour les heures et les demi-heures, tout cela témoigne d’une exécution soignée et d’une conception technique qui est typique de la fin du XVIIIe siècle. Dimensions : Hauteur : env. 190 cm Largeur : env. 55 cm Profondeur : env. 30 cm Cette horloge incarne les qualités les plus prisées des grandes productions parisiennes de la fin de l’Ancien Régime : une caisse d’une exécution impeccable, une complication astronomique, un calendrier perpétuel et une élégance architecturale. JACQUES-JOSEPH LEPAUTE, dit « de Belle Fontaine » (1750-1796), Horloger de Monsieur, à Paris La signature figurant sur le cadran de cette horloge correspond à Jacques-Joseph Lepaute, dit « de Belle Fontaine », l’un des plus brillants représentants de la célèbre dynastie d’horlogers Lepaute active à Paris au XVIII? siècle. Né à Bellefontaine, près du Luxembourg, il appartient à l’importante lignée d’horlogers Lepaute de Thonne-la-Long, qui joua un rôle majeur dans le développement de l’horlogerie française. Installé à Paris dans la seconde moitié du XVIII? siècle, il exerce successivement rue Saint-Honoré, rue Neuve-des-Petits-Champs puis rue des Gravilliers. Rapidement reconnu pour la qualité de ses réalisations, il se spécialise dans les pendules et régulateurs de haute précision ainsi que dans les horloges à complications astronomiques et calendaires destinées à une clientèle aristocratique et savante. En 1783, il obtient le prestigieux titre d’« Horloger de Monsieur », c’est-à-dire horloger attitré de Louis-Stanislas-Xavier de France, comte de Provence, frère de Louis XVI et futur roi Louis XVIII. Cette distinction comptait parmi les plus honorifiques de l’Ancien Régime et consacrait son rang parmi les meilleurs horlogers parisiens de son temps. Ses ateliers collaborent avec les plus grands artistes et artisans du règne de Louis XVI, notamment les bronziers Robert Osmond, Jean-Baptiste Osmond, François Rémond, ainsi que l’émailleur Joseph Coteau, figures majeures des arts décoratifs français. Les œuvres de Lepaute de Bellefontaine se distinguent par la qualité de leur exécution, la précision de leurs mouvements et l’intégration de complications sophistiquées telles que l’équation du temps, les calendriers perpétuels ou les indications astronomiques. Plusieurs de ses réalisations sont aujourd’hui conservées dans de prestigieuses collections publiques et royales, notamment au Palais de Buckingham, au Victoria and Albert Museum, à la Wallace Collection ou encore dans les collections royales de Varsovie. L’horloge présentée constitue ainsi un remarquable témoignage de l’horlogerie savante parisienne de la fin du règne de Louis XVI et illustre parfaitement le savoir-faire de Jacques-Joseph Lepaute de Bellefontaine, Horloger de Monsieur. Membre de la célèbre dynastie Lepaute, il compte parmi les horlogers les plus réputés de la fin du XVIII? siècle. Ses productions comme la nôtre, souvent enrichies de complications astronomiques et calendaires, figurent aujourd’hui dans les plus importantes collections européennes. Lepaute de Bellefontaine : horloger de Monsieur à la fin du XVIIIe siècle Un artisan au service du frère du roi Jean-Baptiste-Henri Lepaute de Bellefontaine est l’un des représentants de la dynastie horlogère Lepaute, famille dont l’influence sur l’horlogerie française du XVIIIe siècle est considérable. À la fin de l’Ancien Régime, il occupe la charge d’horloger de Monsieur — titre désignant le frère cadet du roi, en l’occurrence le comte de Provence, futur Louis XVIII —, ce qui le place au cœur des réseaux de patronage royal caractéristiques du Siècle des Lumières. La dynastie Lepaute, une famille d’horlogers royaux La famille Lepaute s’impose à Paris dès le milieu du XVIIIe siècle. Jean-André Lepaute (1720–1789), fondateur de la lignée, obtient le titre d’horloger du roi et livre notamment les horloges du Palais du Luxembourg et de l’École Militaire. Il publie en 1755 un Traité d’horlogerie qui fait référence et contribue à la diffusion des savoirs techniques dans l’esprit encyclopédiste de l’époque. La maison Lepaute produit principalement des horloges de parquet, des pendules de cheminée et des régulateurs — ces horloges de précision à balancier compensé utilisées comme étalons de temps. La Révolution et la rupture des charges royales La Révolution française de 1789 met fin au système des charges et titres royaux. Le comte de Provence s’exile en 1791, privant Lepaute de Bellefontaine de son principal commanditaire institutionnel. La maison Lepaute survit néanmoins à la période révolutionnaire et impériale, en adaptant sa production aux nouvelles élites et aux commandes publiques — notamment pour les bâtiments officiels de la République puis de l’Empire. Cette capacité d’adaptation distingue les grandes maisons horlogères parisiennes des artisans moins établis, qui disparaissent avec leurs protecteurs. Ce que révèle cette figure pour l’histoire de l’horlogerie française Lepaute de Bellefontaine illustre un modèle économique propre à l’Ancien Régime : la charge royale comme levier de réputation et de commandes. Ce système, parallèle à celui des guildes et des jurandes, structure la hiérarchie des ateliers parisiens jusqu’en 1791, date à laquelle la loi Le Chapelier supprime les corporations. Pour le collectionneur ou l’historien, une pendule ou une montre signée d’un horloger « de Monsieur » ou « du Roi » constitue un marqueur chronologique et social précis : elle situe la pièce dans un réseau de patronage identifiable, ce qui en renforce la traçabilité et la valeur documentaire au-delà de ses seules qualités mécaniques. Lot présenté par le cabinet Ader Watches, Monsieur Geoffroy ADER
À propos de la vente Belle vente classique - Souvenirs historiques
Lieu de vente
Date 19/06/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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