Description
MÉRIMÉE (Prosper).
Théâtre de Clara Gazul, comédienne espagnole.
Paris : A. Sautelet et Cie, 1825. — In-8, 204 x 127 : (2 ff.), ix, 337 pp., (1 f.). Demi-veau olive, dos lisse orné, tranches mouchetées (reliure de l’époque).
Édition originale recherchée du premier ouvrage de Prosper Mérimée, publiée anonymement.
Il s’agit d’un recueil de six comédies introduites par une préface signée Joseph L’Estrange, pseudonyme de l’auteur. Il comprend : Les Espagnols en Danemarck — Une femme est un diable, ou la Tentation de saint Antoine — L’Amour africain — Inès Mendo, ou le Préjugé vaincu — Le Ciel et l’Enfer.
Cet ouvrage occupe une place importante dans l’histoire du théâtre. Soucieux de rénover le théâtre français, Mérimée tenta d’appliquer dans ses pièces la nouvelle théorie du théâtre moderne que Stendhal avait notamment exposée dans Racine et Shakespeare (1823). Ces comédies n’étaient cependant pas destinées à être jouées.
Parmi les pièces figure L’Amour africain, qualifiée de « comédie » mais racontant une histoire tragique. À Cordoue, le riche Maure Hadji Nouman a acheté la belle esclave Mojana. Son ami Zeïn, un Bédouin du désert, est tombé amoureux de la même femme au marché aux esclaves et a vendu tous ses biens pour l’acheter, mais arrive trop tard. Il vient réclamer de l’argent à Nouman, puis découvre que c’est son ami qui a acquis l’esclave. Il exige qu’on la lui remette, invoquant le serment que Nouman a fait après que Zeïn lui a sauvé la vie dans le désert. Nouman hésite, puis propose que Mojana choisisse entre eux. Elle se jette dans les bras de Nouman.
Zeïn, désespéré et furieux, tire son poignard. Les deux amis s’affrontent et se tuent mutuellement. Nouman, en mourant, poignarde aussi Mojana, la rendant responsable de la mort de son ami.
Mais le dénouement se révèle être une pièce dans la pièce : le serviteur annonce « le souper est prêt et la pièce finie », les acteurs se relèvent, et Mojana s’adresse au public pour conclure, présentant L’Amour africain comme une « comédie, ou, si vous voulez, tragédie », et excusant les manières peu galantes du Bédouin par la chaleur du Sahara.
Exemplaire en reliure de l’époque, un des rares portant sur le faux titre l’indication « Théâtre de Clara Gazul », la plupart portant « Collection des théâtres étrangers ». Sans le très rare portrait de « Clara Gazul » qui n’aurait été relié que dans une cinquantaine d’exemplaires.
Dos passé, frottements d’usage. Manque angulaire aux deux derniers feuillets, sans atteinte au texte. Traces brunes sur les gardes. Quelques rousseurs éparses.
À propos de la vente
Bibliothèque Claude Mozis - Afrique Noire et diaspora africaine
Lieu de vente
Date
21/10/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi