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GOMBAULD, Jean Ogier de - L'Endimion de Gombauld.
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GOMBAULD, Jean Ogier de - L'Endimion de Gombauld.
Estimation 600 €
Lot volontaire
Description
GOMBAULD, Jean Ogier de - L'Endimion de Gombauld. Paris, Nicolas Buon, 1624. In-8, (12) ff. dont le front., 351 pp. Frontispice et 16 figures à pleine page, dessinés par Crispin de Passe le jeune et gravés au burin par celui-ci, Léonard Gaultier, Charles David ou Jean Picart (v. Duportal, n°517). HOFER, Baroque Book Illustration, 1951, 27 (''one of the finest illustrated books of the baroque period in France''), vélin ivoire à rabats.
GAY II, 98 (''rare''). TCH III, 437. ARBOUR 12219. LEVER 150. Edition originale dédiée à la Reine. Gombaud fut un des fondateurs de l'Académie française. Familier de l'hôtel de Rambouillet, on l'appréciait beaucoup malgré ses bizarreries sans nombre et son aspect extérieur qui ne rendait que trop visible sa pauvreté. Il contribua à l'oeuvre collective "La Guirlande de Julie". Il était reçu à la cour, bien qu'il fut huguenot et ne cacha pas ses convictions. L'Endymion, sous une forme allégorique, retrace l'amour impossible du poète pour Marie de Médicis personnifiée sous les traits de Diane. Il aurait eu l'insigne faveur de lui en faire une prélecture. La complaisance de la marquise de Rambouillet à cet égard fut remarquable. Il put, chez elle, régler les modulations de sa voix et éprouver sa mimique avant la redoutable audition. Anne d'Autriche, également séduite, favorisa la publication qui circulait déjà sous forme manuscrite.
L'odyssée d'Endymion, d'une rare force poétique, conserve l'ambiguité d'un songe. Le jeune homme que découvre Pysandre sur le mont Lathmos (les anciens croyaient que la lune descendait sur ce mont pour venir baiser Endymion) où il est venu conjurer une éclipse de lune, et qui lui conte ses aventures, se réveille d'un profond sommeil, tout étonné d'être de nouveau dans sa patrie. Il relate ses amours impossibles avec l'inaccessible Diane qui lui accorde néanmoins sa bienveillance. Il en retirera, pareil aux Dieux, l'immortalité. Endymion se rend coupable, malgré lui, d'un acte sacrilège. Ayant coupé, à la demande d'une jeune fille, le rameau d'un arbre, celui-ci se met à saigner. On apprend que cet arbre n'est autre que Diophanie métamorphosée, pour laquelle soupire Hermodan. Endymion capturé sera voué à sa grande joie au sacrifice de Diane, tandis qu'Hermodan, dont les plaintes ont ému les Dieux, devenu la sève de l'arbre, sera uni à jamais à sa bien-aimée. Endymion accomplit lui-même le sacrifice à Diane, car le grand prêtre, au dernier moment, hésite, troublé par sa nièce Sténobée (amoureuse du jeune homme, elle tombe sans connaissance). Charron refuse de le prendre dans sa barque. Endymion s'endort sous un arbre, dont les fruits symbolisent les songes vains et les feuilles les souhaits. Diane lui apparaît pour la dernière fois, lui promettant une éternelle gloire. Le tintamarre des habitants d'Héraclée, qui cherchent à dissiper l'éclipse de lune, réveille le dormeur qui se trouve ramené au point de départ du roman. (Voir analyse dans Koerting, I, 163-173).
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