Description
HOKUSAI (1760-1849)
DEUX DESSINS SUR UNE MÊME FEUILLE : Guerrier chinois terrassant trois tigres ; deux cavaliers au galop.
Encre sumi sur papier, avec rehauts d'encre rouge et brune pour le dessin de gauche. Respectivement datés 1820-1825 et 1834-1835.
Cachet du collectionneur Hayashi Tadamasa dans l'angle inférieur droit.
DIM. (TOTALE) 27,2 X 38,8 CM (10 11/16 X 15 1/4 IN.)
(Rousseurs et salissures, légère usure des bords).
Publiés séparément dans :
Orientations, ill. 9, p. 90 et ill. 11, p. 91.
BAFJ, ill. 11, p. 38 et ill.14, pp. 39-40.
NOTE
Laissons à nouveau s'exprimer Bernard Rousseau, tout d'abord au sujet du guerrier chinois :
" Stylistiquement datable vers 1820-1825, ce dessin jamais destiné à être publié, est parfaitement représentatif du travail de Hokusai à cette époque : un trait naturellement juste, un jeu entre des traits fins pour le visage et des traits à épaisseur variable pour les vêtements, des cheveux inimitables, des rehauts de rose ".
Ce commentaire n'est pas sans rappeler celui du dessin précédent, figurant Masayoshi et le singe blanc. De fait, les deux dessins sont proches malgré leurs vingt ans d'écart. Mais Bernard Rousseau ne disait-il pas, en décrivant le dessin avec Masayoshi, qu'il portait en lui toutes les caractéristiques de ce qui allait être la marque de fabrique de Hokusai pour les trente prochaines années ? Vingt ans plus tard, c'est bien le cas.
Notons par ailleurs que le guerrier chinois a ce faciès typique (double narines, forme des yeux et expression) qui fut baptisé " Homo-hokusaïensis ", et dont Bernard Rousseau pensait que la première apparition pouvait remonter à l'ouvrage Beibei Kyôdan paru en 1815, et à l'illustration figurant Tenmoku Hôin dont le shita-e fait partie du lot 81 (également publié dans Orientations et BAFJ).
Concernant le croquis figurant les cavaliers au galop, Bernard Rousseau l'attribue à une période plus tardive, vers 1834-1835.
Il considère que ce croquis est un bon exemple du trait de Hokusai à cette époque. Il écrit :
" Jamais vu auparavant chez Hokusai, ce trait surprend par son épaisseur, ses maladresses et, surtout, cette étrange sensation qu'il aurait pu être fait par quelqu'un qui se servait de sa main gauche ". (BAFJ, p. 39)
Or, Bernard Rousseau a constaté que dans l'évolution stylistique de Hokusai au fil de sa vie, trois périodes sont marquées par un changement brutal : vers 1827-1828, vers 1834-1835 et en 1848-1849.
Alors que la dernière serait vraisemblablement due à l'âge, les deux premières serait dues à un problème de santé. (BAFJ, p. 31). L'attaque d'apoplexie qui a frappé Hokusai vers 1827-1828 est connue. Elle aurait induit une paralysie partielle et des tremblements dans sa main droite, qui mirent environ une année à s'estomper, suite à une automédication à priori efficace. Bernard Rousseau constate qu'à peu près à cette époque, le style et la méthode de travail de Hokusai changent. Il observe un nouveau changement brutal au moment où Hokusai travaille aux trois volumes des Fugaku hyakkei (Cent vues du Mont Fuji) en 1834. Il oppose des dessins dénotant une grande maîtrise, à l'apparition soudaine de dessins aux traits hésitants et à la présence d'une autre main. Selon Bernard Rousseau, cette différence ne peut s'expliquer que par une nouvelle attaque, que l'artiste aurait gardée secrète, bien qu'il ait été rapporté que Hokusai serait resté alité au cours de la période de la famine (qui a débuté vers 1833 et a connu un pic vers 1836). (voir Machotka, Ewa, Visual Genesis of Japanese Identity : Hokusai's Hyakunin isshu, p.66-67)
Bernard Rousseau écrit :
" En fait, Hokusai donne l'impression d'avoir su utiliser cet accident pour rendre ses gravures encore plus forte, en les simplifiant, voire stylisant . Un bon exemple de trait de Hokusai à cette époque se trouve dans le dessin ''Deux cavaliers''… " (BAFJ, p. 39)
À propos de la vente
COLLECTION BERNARD ROUSSEAU – DESSINS DE HOKUSAI, PEINTURES DU JAPON ET DE LA CHINE
Lieu de vente
Date
22/10/2026 à 15h30
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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