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Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898 )
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Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898 )
Estimation 80 000 € - 120 000 €
Lot volontaire
Description
Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898 )
Tête de femme et main, étude pour 'Sainte Geneviève enfant en prière' - circa 1875-1876
Fusain, mine de plomb, estompe et rehauts de craie blanche avec mise au carreau
Porte la cote de la main de Maître Paul Delapalme, liquidateur de la succession de l'artiste, en bas au centre "Côte 9e / …e pièce"
56.5 x 46.5 cm
Provenance : Resté dans la descendance de l’artiste, le cachet de la succession de l'artiste (Lugt L.2104) en bas à droite
Collection de Mlle Jordan, rue Madame, Paris, 1972
Galerie Aaron & cie, Paris
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire lors du Salon du Dessin, le 28 mars 2019
Collection Louis Grandchamp des Raux
Expositions : Paris, Galerie Jacques Blot, Quelques dessins et peintures de Puvis de Chavannes, préfacé par Maurice Denis, 4-9 mars 1941
Paris, musée Galliera, Dessins et petits tableaux de Pierre Puvis de Chavannes, 1952, n° 99
Paris, Grand Palais, Ottawa, National Gallery of Canada, Puvis de Chavannes 1824-1898, novembre 1976- mai 1977, p. 137, n° 112, reproduit p. 141
Bibliographie : H. Puvis de Chavannes, "Peintures et dessins de Puvis de Chavannes", in Beaux-Arts, 7 mars 1941, reproduit p.5
Journal de l’Amateur d’art, n° 89, 25 avril 1952, reproduit p. 17
L’Estampille l’Objet d’art, n° 554, mars 2019, reproduit p. 76
L’authenticité de cette œuvre a été reconnue par le Comité Pierre Puvis de Chavannes dans un certificat établi le 16 février 2019 sous le numéro 19-02-16. Il pourra être remis à l'acquéreur.
Charcoal, graphite, estompe, and white chalk highlights with squaring; 22 1/4 x 18 1/4 in.
Du règne de Louis XV à la Troisième République, de basilique Sainte-Geneviève à Panthéon, l’édifice commandé à l’architecte Jacques-Germain Soufflot en 1755 oscille entre des fonctions politiques et religieuses. Au gré des changements de régime, le décor du Panthéon ne cesse d’évoluer. Notre dessin nous amène en 1874, lorsque Philippe de Chennevières, tout juste nommé ministre des Beaux-Arts, commande un important cycle iconographique retraçant l’histoire nationale et religieuse de la France pour l’église Sainte-Geneviève, devenue définitivement Panthéon en 1885. Puvis de Chavannes, et onze autres artistes, sont sollicités pour contribuer à la réalisation du projet décrit comme : « Un vaste poème de peinture et de sculpture à la gloire de cette sainte Geneviève qui restera la figure la plus idéale des premiers temps de notre race, poème où la légende de la patronne de Paris se combinerait avec l’histoire merveilleuse des origines chrétiennes de la France ». La Troisième République avait en effet pour objectif de reformuler entièrement la construction du récit national et entend réaffirmer la dimension chrétienne du passé national. Après tant de tourments et de changements politiques violents, cette volonté de synthèse visait avant tout à instaurer un climat d’apaisement et d’unité.
Un premier ensemble est conçu autour de l’enfance de sainte Geneviève, centré sur sa Rencontre avec saint Germain d’Auxerre. Destiné à orner le mur sud à l’entrée du monument, le tableau représentant Sainte Geneviève enfant en prière est décrit précisément par le cartouche de la toile : « Dès son âge le plus tendre, sainte Geneviève donna les marques d’une piété ardente sans cesse en prière, elle frappait de surprise et d’admiration tous ceux qui la voyaient. » L’œuvre finale, de dimensions monumentales, est exposée au Salon de 1876, puis installée in situ le 22 mai 1877.
Puvis de Chavannes propose une iconographie nouvelle : sa composition, très poétique, présente la sainte enfant, vêtue d’un vêtement blanc immaculé, agenouillée en prière devant une croix en bois. L’ambiance de la scène est bucolique, un paysan a interrompu son labour à l’arrière-plan, des moutons paissent, et un couple observe la jeune fille. Identifiés tantôt comme les parents de la sainte tantôt comme un couple de bûcherons, ces derniers servent de témoins et de figures admonitrices, invitant le spectateur à suivre leur regard. Notre dessin est une étude pour la tête et la main droite de la femme figurée au premier-plan. Une autre esquisse préparatoire pour cette figure est conservée au musée Sainte-Croix à Poitiers1. Ces deux dessins témoignent du processus du création de l’artiste qui prépare minutieusement ses projets picturaux, révélant l’importance fondamentale du dessin dans l’élaboration de ses compositions murales. Puvis de Chavanne trace avec précision sur une feuille mise au carreau les détails du visage de cette femme, y place les ombres par le biais d’un vaste réseau de hachures et la lumière grâce à des rehauts de craie blanche. C’est toute la délicatesse et la puissance du geste de Puvis de Chavannes qui s’exprime ici et qui n’a de cesse de nous séduire.
1. N° d’inv. : 899.1.2
Pierre PUVIS DE CHAVANNES (1824 - 1898 )
56.5 x 46.5 cm
The Panthéon, commissioned from the architect Jacques-Germain Soufflot in 1755, has oscillated between political and religious functions from the reign of Louis XV to the Third Republic. As regimes changed, the Panthéon’s interior decoration continued to evolve. Our drawing takes us back to 1874, when Philippe de Chennevières, having just been appointed Ministre des Beaux-Arts, commissioned an important series of works retracing the national and religious history of France for the Eglise de Sainte Geneviève, which became the Panthéon in 1885. Puvis de Chavannes, as well as eleven other artists, were invited to contribute to the project described as “a vast poem of painting and sculpture in honour of Saint Genevieve who will remain the most perfect figure from our people’s earliest days, a poem in which the legend of the patron saint of Paris is interwoven with the wondrous history of France’s Christian origins”. The aim of the Third Republic was, in fact, to completely reshape the national narrative and to reaffirm the Christian dimension of the nation’s past. After so much turmoil and violent political upheaval, there was a need and a desire for calm and unity.
A first group was imagined around the childhood of Saint Genevieve, centred on the Rencontre avec Saint Germain d’Auxerre. The painting representing Sainte Geneviève en Prière, intended for the southern wall at the entrance to the monument, is described by the cartouche on the canvas: « From a very young age, Saint Geneviève showed signs of fervent piety; constantly in prayer, she filled all who saw her with awe and admiration”. The finished work, of monumental size, was exhibited at the Salon of 1876, then installed in situ on 22 May 1877.
Puvis de Chavannes offered a new sort of iconography - his composition was poetic, depicting the child saint in a garment of immaculate white, kneeling in prayer before a wooden cross. The atmosphere of the scene is bucolic, a peasant in the background has ceased his labouring, the sheep are grazing and a couple are watching the young girl. Identified at times as the parents of the saint and at others as a couple of woodcutters, the latter are there as witnesses and cautionary figures, inviting the viewer to follow their gaze. The present drawing is a study for the head and the right hand of the woman in the foreground. Another preparatory sketch for this figure can be found at the Musée Sainte-Croix in Poitiers (1). These two drawings show the artist’s creative process and careful preparation, revealing the fundamental importance of drawing in the development of his murals. Puvis de Chavannes meticulously traces the details of this woman’s face on a squared sheet of paper, rendering the shadows by using a vast network of hatching and the light by means of white chalk. It is the full delicacy and power of Puvis de Chavannes’s gesture that is expressed here, and which never ceases to captivate us.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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