Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Description
CARON, Arquebusier du roi
Paire de pistolets duel en coffret
D’un Pair à son fils, duelliste philologue
Caron, arquebusier du Roi.
Paire de pistolets duel en coffret.
Numérotés 1 & 2 à la queue de culasse et entièrement ciselées, amatis en creux et damasquinés.
Platines avant à décor de salamandres et rinceaux, accident à la platine du N°1 manque la queue de gâchette.
Canons marqués sur le pans supérieur « CARON ARQer DU ROI. PASSAGEDE L’OPERA.20. » et « ACIER FONDU » sur l’inferieur.
Ils sont gravés en suite des platines, avec mascaron sur le dernier tiers du canon et tète de griffon à la masselotte.
Crosses en ébène cannelé et sculpté, accident au pistolet N°2.
Toutes garnitures fer richement décorées, pontets ornés de personnages nus dans le gout de la renaissance et phœnix et calottes à pans creux. Vis de contre-platine guillochées.
Longueurs totales : 42 cm
Armes de catégorie D.
Coffret en bois laqué noir et incrustations de feuilles de métal découpé et ciselé.
Plaquette centrale chiffrée « TL » sous couronne de Marquis, pour Théodose de Lagrené 1800-1862, père d’Edmond de Lagrené dit « Le duelliste philologue » 1842-1909.
Quelque saut au plaquage.
Intérieur à compartiment garni de velours vert, présence d’un tampon à l’ancre dans le logement de la boîte à poudre.
Complet de ses accessoires, moule à balles articulé, ciselé et bleui, boîte à poudre et amorces, cuillère à poudre, maillet, baguettes de chargement, démonte-cheminé/tournevis, cuillère à poudre.
Couvercle marqué « CARON ARQUEBUSIER DU ROIPASSAGE DE L OPERA 20 PARIS ».
Démentions : 46/24/7 cm.
CARON Alphonse,
Arquebusier du Roi (1839-1852). M. H. à Paris en 1839-1844-1849. En 1855, présente des armes à feu de luxe à Paris (Exposition Universelle, musée de l'Armée). Est armurier en 1844 chez MARQUIS, galerie du baromètre, 20 passage de l'Opéra et bld des Italiens. Nombreux brevets : 1844 (Chien de fusil à tête mobile), 1846 (pistolet à capsule), 1849 (arbalète fusil), 1859 (système de fusil) et 1858 (corde de nettoyage). Exposition de Londres en 1851 (Price Medal) et 1862. Exposition de Paris en 1855 (Médaille 1ère classe). - Galerie du Baromètre, 20, passage de l'Opéra - J1,J3,A4, C6,
Le « Qui est qui » de l’arme en France T1, page 89.
Théodose de Lagrené, Pair de France,
Sa mission en Chine
Théodose de Lagrené (1800-1862) est un diplomate français qui entre aux Affaires étrangères en 1822. Après avoir été secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg puis
ministre plénipotentiaire en Grèce, il est nommé commandeur de la Légion d’honneur en 1842.
De 1843 à 1846, il dirige une mission diplomatique et commerciale en Chine, organisée conjointement par les ministères de la Marine et des Affaires étrangères. Cette mission est décidée dans le contexte de l’ouverture de la Chine au commerce occidental, à la suite du traité de Nankin signé entre la Grande-Bretagne et la Chine en 1842. La France souhaite obtenir des avantages commerciaux similaires, notamment l’accès à de nouveaux ports chinois.
L’ambassade quitte Brest le 12 décembre 1843 et arrive à Macao en août 1844. Elle comprend notamment Charles de Montigny, futur consul à Shanghai et Ningbo, Jules Itier, chargé de la mission commerciale, et le père Joseph-Marie Callery, interprète. Des délégués commerciaux spécialisés dans les cotons, les laines, les soieries et les articles de Paris rejoignent également la mission.
Les négociations avec le représentant chinois Qi-ying aboutissent à la signature du traité de Whampoa, le 24 octobre 1844, à bord de l’Archimède. Ce traité ouvre cinq ports chinois au commerce français : Canton, Fou-Tchou, Amouï, Ning-Po et Chang-haï. Il accorde également aux missionnaires catholiques le droit de propager leur religion. La ratification définitive du traité a lieu le 31 décembre 1845.
Au-delà de son objectif diplomatique, la mission poursuit d’importants intérêts commerciaux et industriels. Les délégués étudient les matières premières, les productions et les techniques chinoises. Ils s’intéressent notamment aux soieries, aux laques, aux objets en jade et aux peintures. Ils collectent des échantillons et rapportent une importante collection de dessins représentant des procédés agricoles et industriels chinois.
Ces observations sont réunies dans une Étude pratique du commerce d’exportation de la Chine, publiée en 1849. Cet ouvrage témoigne de la volonté française de mieux connaître les productions chinoises afin de développer les échanges commerciaux et de découvrir de nouvelles techniques industrielles.
Après son retour en France, Théodose de Lagrené se retire de la vie politique à la suite du coup d’État de 1849. Il devient membre du conseil d’administration du chemin de fer du Nord et décède en 1862.
Edmond de Lagrené, « LE duelliste philologue »
(propriétaire des pistolets par descendance).
Edmond de Lagrené est un diplomate français connu pour sa réputation de duelliste redouté. En 1861, alors qu’il étudie à Bonn, il tue son adversaire lors d’un duel et doit se réfugier à Spa, en Belgique, pour échapper aux poursuites. Cet événement contribue à forger son image d’homme attaché aux codes de l’honneur et de l’aristocratie.
Sa réputation est également illustrée par une anecdote rapportée par Léon Daudet dans ses souvenirs littéraires. À la brasserie Weber, rue Royale à Paris, un malentendu oppose Edmond de Lagrené à Marcel Proust et manque de provoquer un duel. Après une altercation verbale, Lagrené déclare :
« Messieurs, sachez que je n'ai jamais eu la moindre intention d'insulter Monsieur Proust. D'ailleurs, je ne le connais pas, mais cette façon d'avoir la tête près du bonnet me le rend sympathique. »
Grâce à l’intervention de leur ami commun, Robert de Flers, les deux hommes finissent par se réconcilier. Cette anecdote témoigne de la place des duels et des codes de l’honneur dans les milieux mondains parisiens de l’époque, tout en illustrant la personnalité de Lagrené.
En parallèle, Edmond poursuit une carrière diplomatique, notamment en Chine et en Bolivie. Il meurt à Paris le 13 février 1909, sans s’être marié.
Expert : Alban Degrave
À propos de la vente
Collection Nicolas Chenivesse-Menzler | Château de Charmes
Lieu de vente
Date
10/10/2026 à 09h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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