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photographie en noir et blanc représentant une sculpture d'une femme assise sur une chaisePhoto 2/3 du lotPhoto 3/3 du lot
Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Hermitage Fine Art

27 - LYNN CHADWICK (1914–2003)

Estimation 2 500 000 € - 2 700 000 €
Description
LYNN CHADWICK (1914–2003) High Hat Man and High Hat Woman, 1968 bronze édition 1/4 H. 232 cm et 237 cm, respectivement Conçues en 1968, les présentes sculptures font partie d’une édition de quatre exemplaires. PROVENANCE : The Estate of the Artist Finartis Kunsthandels AG, Suisse Collection privée LITTÉRATURE : D. Farr et E. Chadwick, Lynn Chadwick, Sculptor: With a Complete Illustrated Catalogue 1947–2005, Lund Humphries, Londres, 2006, nos 570 et 571, p. 258 (autres fontes reproduites). EXPOSITION : Osborne Samuel Gallery, Londres, 2004 (reproduites). High Hat Man et High Hat Woman, deux sculptures monumentales en bronze, ont été conçues en 1968, au sommet de la maturité artistique de Lynn Chadwick. Cette paire témoigne de l’intérêt constant de l’artiste pour la figure humaine et les relations entre les formes. La figure masculine, caractérisée par un torse large et rectangulaire, contraste avec la silhouette féminine, plus élancée et allongée, qui se distingue par son cou étroit, ses jambes plus longues ainsi que le modelé subtil de sa poitrine et de son abdomen. Toutes deux portent de hauts chapeaux aux formes géométriques caractéristiques. Leurs corps anguleux et leurs membres étirés réduisent la figure humaine à quelques formes géométriques essentielles, tandis que les différences de posture et de proportions suggèrent une relation psychologique entre les deux personnages. Chadwick parvient à saisir cette notion insaisissable d’« attitude » grâce au jeu subtil entre leurs formes. Évoquant les archétypes jungiens du masculin et du féminin, cette paire s’inscrit dans l’exploration par l’artiste des couples debout, assis ou allongés, un thème récurrent de son œuvre depuis le milieu des années 1950. La méthode de Chadwick était instinctive et expérimentale. Il élaborait ses sculptures directement en trois dimensions, généralement sans dessins préparatoires. Cette approche présentait des affinités avec les principes artistiques de l’automatisme, de l’art informel et de l’expressionnisme abstrait. Les formes naissaient du processus de construction plutôt que de l’exécution d’un projet préalablement défini. Il soudait des tiges d’acier pour former des structures ajourées, un procédé qu’il décrivait comme le fait de « dessiner avec des tiges d’acier », avant d’appliquer du Stolit, un composé de gypse et de limaille de fer, afin de créer des surfaces pouvant être lissées ou travaillées en relief. Les modèles étaient ensuite fondus en bronze. Bien que coûteux et techniquement complexe, ce procédé rendant particulièrement exigeante la réalisation de sculptures de cette envergure, le bronze occupa une place prépondérante dans sa production à partir de la fin des années 1950. Chadwick considérait la couleur comme un élément susceptible de détourner l’attention de la forme. Il privilégiait ainsi les effets de patine, les textures de surface et, occasionnellement, les facettes de bronze poli. L’association de structures géométriques rigides et de formes organiques dans son œuvre évoque également les tendances biomorphiques de l’abstraction d’après-guerre. Chadwick n’avait reçu aucune formation académique en sculpture. Formé au dessin architectural, il travailla dans des cabinets d’architecture avant de se tourner vers la sculpture. Après la Seconde Guerre mondiale, sa collaboration avec l’architecte Rodney Thomas l’amena à ses premières expérimentations avec des mobiles, à une époque où les œuvres d’Alexander Calder étaient encore relativement peu connues en Grande-Bretagne, comme Chadwick le rappela par la suite. En 1950, désireux d’acquérir les compétences techniques nécessaires à la réalisation d’œuvres de plus grandes dimensions, il suivit une formation en soudure à la British Oxygen Company's Welding School, à Cricklewood, Londres, où il apprit à travailler le fer, l’acier, le laiton et le cuivre. Son œuvre évolua progressivement des mobiles et des constructions ajourées vers la sculpture en volume. Pendant de nombreuses années, Chadwick assura lui-même une grande partie de la réalisation technique de ses sculptures. En 1971, il établit sa propre fonderie à Lypiatt Park, principalement destinée à la production de bijoux et de bronzes de petit format. Chadwick acquit une renommée internationale en 1952, lorsqu’il exposa au pavillon britannique de la XXVIe Biennale de Venise, aux côtés d’une nouvelle génération de sculpteurs britanniques associés à la célèbre notion de « Géométrie de la peur » formulée par Herbert Read. Leurs formes anguleuses, souvent squelettiques, traduisaient les angoisses de l’Europe d’après-guerre, un contexte dans lequel les premières sculptures de Chadwick furent largement interprétées. Lors de la Biennale de Venise de 1956, il reçut le Prix international de sculpture, devançant Alberto Giacometti et César, et devenant ainsi le plus jeune lauréat de cette distinction. Il fut nommé Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique (CBE) en 1964. Conçue douze ans après son triomphe à Venise, la présente paire réunit la rigueur architecturale de ses constructions, la richesse matérielle de ses bronzes de maturité et son intérêt constant pour la relation psychologique entre les figures humaines. Dépassant deux mètres de hauteur, High Hat Man et High Hat Woman associent abstraction géométrique et présence profondément humaine, incarnant pleinement le caractère monumental et expressif du langage sculptural de Chadwick à son apogée. NONOBSTANT LE PRÉSENT RAPPORT OU TOUTE DISCUSSION CONCERNANT UN LOT, TOUS LES LOTS SONT PROPOSÉS ET VENDUS ‘EN ÉTAT’, CONFORMÉMENT AUX CONDITIONS GÉNÉRALES DE VENTE PUBLIÉES DANS LE CATALOGUE.
Description du lot modifiée le 14/10/2026 à 11h18
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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