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École coloniale andine (Pérou ou Haut-Pérou). XVIIIe siècle.
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École coloniale andine (Pérou ou Haut-Pérou). XVIIIe siècle.
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Estimation 4 000 € - 6 000 €
Lot volontaire
Description
École coloniale andine (Pérou ou Haut-Pérou). XVIIIe siècle.
« Christ crucifié avec un personnage en prière et un lama »
Ensemble sculptural en bois sculpté et polychrome, avec des appliques en miroir et en argent.
83 x 40 x 20 cm.
Magnifique et très intéressant ensemble sculptural de dévotion, sculpté et polychromé en bois, dominé par la figure du Christ crucifié sur une croix peinte en vert, élevée sur un socle architectural élaboré qui constitue en soi une remarquable œuvre de sculpture sur bois. L’ensemble est enrichi d’appliques en miroir et en argent, ainsi que d’un petit relief en filigrane d’argent représentant un lama, aux côtés de motifs ornementaux populaires.
Au pied de la croix apparaissent deux figures présentant un intérêt iconographique particulier : un lama et une figure masculine agenouillée en attitude de prière. La présence du lama est très inhabituelle dans l’imagerie chrétienne européenne et évoque directement la sphère culturelle andine, où cet animal jouait un rôle fondamental dans la vie économique, sociale et symbolique des communautés autochtones.
La figure en prière, représentée coiffée d’un chapeau à larges bords et vêtue d’un costume local, semble représenter un fidèle, un donateur ou un autochtone christianisé intégré à la composition. Ce procédé iconographique était relativement courant dans certaines formes d’art colonial latino-américain, où les fidèles pouvaient être représentés aux côtés d’images sacrées en signe de dévotion et de mécénat.
L’œuvre présente également une ornementation en argent remarquable, comprenant plusieurs éléments décoratifs en filigrane, une technique profondément enracinée dans les territoires vice-royaux andins. La base en gradins et la décoration caractéristique du socle renforcent encore son lien avec la production artistique populaire du Pérou ou du Haut-Pérou au XVIIIe siècle.
Au-delà de sa qualité sculpturale, cette pièce constitue un exemple remarquable du processus de rencontre et de synthèse entre les traditions autochtones et l’iconographie chrétienne introduite pendant la période coloniale. L’intégration d’éléments issus du monde andin dans un programme de dévotion chrétienne fait de cette œuvre un témoignage précieux de la réalité culturelle complexe de la vice-royauté du Pérou.
Bien que l’identité précise du personnage agenouillé reste à élucider, la présence combinée du Christ crucifié, du personnage en prière et du lama semble répondre à un programme iconographique conçu spécifiquement pour le contexte andin, ce qui confère à l’œuvre une importance historique et ethnographique particulière.
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