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École néo-hispanique. Mexique. XVIIIe siècle.
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École néo-hispanique. Mexique. XVIIIe siècle.
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Estimation 2 500 € - 4 000 €
Lot volontaire
Description
École néo-hispanique. Mexique. XVIIIe siècle.
« Le Prisonnier divin, flagellé et raillé »
Huile sur toile.
29 x 32 cm.
Ce tableau incarne l’une des nombreuses expressions de l’art vice-royal mexicain, avec sa représentation puissante et très percutante du Christ flagellé, un sujet dont la popularité dans la dévotion populaire frôle souvent la frontière entre le sacré et le profane.
Dans le domaine de l’art religieux populaire, le Christ — raillé, humilié et maltraité par ses bourreaux — est fréquemment représenté baignant dans une abondance de sang, dans le but d’obtenir un « effet » visuel : émouvoir profondément les fidèles et, par l’excès de souffrances endurées, susciter la compassion, l’indignation et la réflexion spirituelle.
L’œuvre présentée ici incarne les valeurs esthétiques et dévotionnelles qui ont donné naissance aux célèbres «Christ saignants» de la période vice-royale, des images qui étaient largement vénérées dans toutes les églises de la Nouvelle-Espagne et qui restent remarquables par la puissante réaction émotionnelle qu’elles inspiraient — et continuent d’inspirer — au sein de la culture religieuse populaire.
Initialement destinées à la dévotion tant publique que domestique, les œuvres de ce type occupent aujourd’hui une place fascinante entre le sacré et le profane, entre le culte religieux et le collectionnisme, entre les sanctuaires et les musées, entre les églises et les collections privées.
L’artiste a suivi les principes régissant l’imagerie sacrée établis par le Concile de Trente, selon lesquels les images religieuses devaient « non seulement instruire les fidèles sur les articles de la foi, mais aussi inspirer la gratitude pour le miracle du sacrifice du Christ ».
Ce tableau remplit cet objectif avec une efficacité remarquable. La profusion de sang et la représentation vivante de la souffrance visent à éveiller les émotions et à interpeller les sens, permettant ainsi à l’image de pénétrer directement dans l’expérience spirituelle du spectateur.
L’imagerie religieuse moderne recherche souvent un effet différent. Plutôt que de mettre l’accent sur l’effusion de sang par un réalisme dramatique, les représentations contemporaines ont tendance à en atténuer la présence, se concentrant plutôt sur la dignité sereine du sacrifice du Christ. Dans ces images, la rédemption est transmise par la contemplation et la réflexion spirituelle plutôt que par l’impact viscéral de la souffrance physique.
Ce tableau de l’époque vice-royale appartient à un univers dévotionnel différent : un univers dans lequel l’émotion, l’empathie et le réalisme dramatique étaient considérés comme des instruments essentiels pour rapprocher les fidèles du mystère de la Passion du Christ.
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Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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