une image représentant un tableau où l'on voit une jeune fille assise à une table avec un chienPhoto 2/6 du lotPhoto 3/6 du lotPhoto 4/6 du lotPhoto 5/6 du lotPhoto 6/6 du lot
Premium La Suite Subastas

32 - École néo-hispanique ou vice-royale. Vers 1750–1780
Voir la version originale (English)

Estimation 4 000 € - 8 000 €
Description
École néo-hispanique ou vice-royale. Vers 1750–1780 « Portrait d’une jeune fille noble avec un petit chien de compagnie et des armoiries » Huile sur toile. 95 × 79 cm. Ce portrait d’enfant tout en délicatesse représente une jeune fille issue d’une famille de haut rang social, accompagnée d’un petit chien de compagnie et des armoiries familiales, symboles explicites de son identité et de sa lignée. L’œuvre s’inscrit dans la tradition du portrait aristocratique formel produit dans l’ensemble des vice-royautés d’Amérique espagnole au XVIIIe siècle, destiné à affirmer visuellement le rang, la légitimité et la mémoire familiale des élites créoles. Le modèle est représenté assise dans un sillón frailero (fauteuil de moine espagnol) et revêtue de vêtements somptueux et de bijoux raffinés. Sa coiffure relevée, ornée de rubans, souligne encore davantage son statut privilégié. La robe bleue aux galons dorés et la jupe de couleur claire reflètent une interprétation locale de la mode de la cour espagnole. Les bracelets, le collier de perles de corail, les ornements en or et les chaînes possèdent un caractère typiquement hispanique et colonial, que l’on retrouve fréquemment dans les portraits d’enfants aristocratiques à travers l’Empire espagnol. Le corail, par ailleurs, était traditionnellement considéré comme une protection contre le mauvais œil et apparaît régulièrement dans les portraits d’enfants nobles et de membres des élites coloniales des Amériques. Pris dans leur ensemble, ces éléments correspondent aux conventions de représentation couramment employées dans les portraits d’enfants issus des milieux aristocratiques et aisés au sein des vice-royautés espagnoles. La jeune modèle est investie d’une dignité aristocratique, tout en conservant un touchant sentiment d’innocence enfantine que le peintre ne cherche pas à dissimuler. Cet équilibre entre formalité et tendresse est caractéristique de nombreux portraits du XVIIIe siècle réalisés en Nouvelle-Espagne. À ses côtés repose un petit chien de compagnie sur une table recouverte d’un tissu richement frangé. Ces animaux, que l’on retrouve fréquemment dans les portraits de la noblesse européenne et hispano-américaine, symbolisaient la fidélité, l’obéissance et le raffinement domestique, tout en servant de marqueurs de distinction sociale. La présence de la table d’apparat, du rideau cramoisi théâtral encadrant la composition et du mobilier de tradition espagnole renforce le caractère formel et figuratif du portrait. Le chien porte un collier d’une élaboration exceptionnelle, orné des initiales C.I.M.B., qui, selon la tradition de la peinture aristocratique du XVIIIe siècle, pourraient correspondre aux initiales des prénoms et des noms de famille de la jeune noble. Le blason représenté à côté du modèle présente un intérêt particulier. Le bouclier est divisé en quatre quartiers en sautoir et présente, dans les quartiers supérieur et inférieur, un lion rampant d’azur sur fond d’or. Les quartiers latéraux comportent une bande de sable chargée de trois motifs floraux sur fond d’argent. La composition suggère l’union de deux lignées familiales par le mariage ou la succession héréditaire. Le bouclier est surmonté d’une couronne noble, indiquant l’appartenance à un milieu social privilégié. La présence des armoiries confirme qu’il ne s’agit pas d’une image idéalisée, mais plutôt d’un portrait « ad vivum » destiné à préserver l’identité d’un individu précis et de sa famille. De telles représentations étaient particulièrement courantes parmi les élites créoles de la Nouvelle-Espagne et de la vice-royauté du Pérou, où l’héraldique continuait de jouer un rôle central en tant qu’expression de prestige et de légitimité sociale. Sur le plan stylistique, le tableau s’inscrit dans la sensibilité artistique caractéristique de nombreux ateliers coloniaux du XVIIIe siècle, où les modèles iconographiques européens étaient adaptés et réinterprétés localement. La pose de face du modèle, l’attention méticuleuse portée aux bijoux et aux textiles, ainsi que l’alliance entre la dignité cérémonielle et une tendresse enfantine indéniable ancrent fermement l’œuvre dans la riche tradition du portrait hispano-américain. Il serait particulièrement intéressant d’étudier la possibilité d’une alliance matrimoniale — souvent au sein de familles créoles de deuxième ou troisième génération établies à Mexico, Puebla ou Lima — entre une lignée arborant le lion rampant d’azur sur fond d’or (telle que les familles Silva, Córdoba ou León) et une autre arborant la bande de sable chargée de motifs floraux (telles que les Liniers, les Echeverría ou certaines branches cantabriques des familles Salazar ou Velarde). Une identification précise des armoiries pourrait à terme permettre de rattacher le tableau à une famille noble ou administrative spécifique des vice-royautés hispano-américaines, ouvrant ainsi de nouvelles pistes pour la recherche historique et généalogique. La présence simultanée de l’héraldique, du chien de compagnie, du mobilier de tradition espagnole et des atours somptueux forme un ensemble iconographique particulièrement représentatif de la culture aristocratique de l’Amérique espagnole du XVIIIe siècle.
Voir la version originale (English)
À propos de la vente Dialogues avec le passé : Vestigia
Lieu de vente
Date 02/07/2026 à 19h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi