une image représentant un tableau où l'on voit un groupe de personnes rassemblées autour d'une horlogePhoto 2/9 du lotPhoto 3/9 du lotPhoto 4/9 du lotPhoto 5/9 du lotPhoto 6/9 du lotPhoto 7/9 du lotPhoto 8/9 du lotPhoto 9/9 du lot
Premium La Suite Subastas

33 - École vice-royale. Cuzco. XVIIIe siècle.
Voir la version originale (English)

Estimation 15 000 € - 20 000 €
Description
École vice-royale. Cuzco. XVIIIe siècle. « L’Exaltation et la défense de l’Eucharistie avec Charles II » Huile sur toile. 162 x 111 cm. Une œuvre picturale importante, aux traits naïfs caractéristiques de la peinture de Cuzco, très comparable à celle actuellement exposée dans la salle 6 du musée Pedro de Osma à Lima. Dans ce tableau, sainte Rose de Lima apparaît, le visage rayonnant (ici remplacé par une colonne ou un pilier), soutenant l’ostensoir au-dessus d’elle, défendant au péril de sa vie l’Eucharistie et la présence réelle de Jésus en son sein. Il s’agit d’une scène profondément symbolique ou allégorique, comportant deux plans clairement différenciés : le Ciel et la Gloire, d’une part, jaillissant, illuminés dans une mer de nuages, avec la Sainte Trinité semblant presque embrasser l’ostensoir qui se fond dans son espace ; et la Terre, d’autre part, où rois, puissances et dominations, chrétiens et infidèles, s’inclinent en signe d’adoration et de révérence devant lui. Dans un cadre d’époque richement sculpté de palmettes et de feuillages (non dorés), nous contemplons donc l’Exaltation et la Défense de l’Eucharistie, thème très récurrent aux XVIIe et XVIIIe siècles. Dans le tableau du musée mentionné, apparaît sainte Rose, première sainte née à Lima à avoir été canonisée sur le continent américain sous le règne de Charles II (qui apparaît dans les deux tableaux à gauche, brandissant une épée), devenue un emblème de la ferveur catholique et de la résistance spirituelle américaine. La sainte apparaît comme la défenseuse orthodoxe et tridentine de l’Eucharistie, contestée en Espagne par les protestants, les illuministes, les Maures et les Juifs. Dans les deux œuvres, on voit, à gauche, le jeune roi d’Espagne Charles II (1661–1700), l’épée à la main, accompagné de sa cour, face aux Maures, aux Juifs et aux infidèles situés à droite, qui tentent de renverser l’ostensoir. Il existe d’autres œuvres de la vice-royauté, antérieures à celles-ci, telles que la série du Corpus Christi peinte à la fin du XVIIe siècle pour l’église de Santa Ana, qui constituent le témoignage pictural et iconographique le plus complet de la fête baroque au Pérou de la vice-royauté. On y voit plusieurs nobles incas ou curacas, coiffés de leurs parures et vêtus de leurs habits royaux, qui se sont découverts la tête en signe de respect envers l’Eucharistie et de loyauté envers la Maison d’Autriche. Pour la Maison d’Autriche espagnole, en effet, la défense de l’Eucharistie revêtait une profonde portée politique. L’Hostie sacrée « incarnait la signification providentielle de leur monarchie », comme le rappelait Juan de Solórzano Pereira (1575–1655), juge de l’Audiencia royale de Lima et procureur du Conseil des Indes. Ce sens providentiel se reflète dans notre œuvre. Symboliquement, on peut voir, aux pieds de la colonne centrale sur laquelle repose l’ostensoir, un globe couronné d’un sceptre et d’une couronne royale, émergeant de la base du tronc et du socle qui donne vie et sens (Ostensoir-Providence) à cette monarchie. La légende raconte que depuis son fondateur, le comte Rodolphe d’Autriche (1218–1291), qui vint en aide à un prêtre marchant un ostensoir à la main, en l’installant sur son cheval et en le transportant comme s’il s’agissait d’un serviteur, ce clerc eut prophétisé que « la Maison d’Autriche, en raison de sa vénération pour l’Eucharistie, régnerait sur le monde entier ». Œuvre créée pour une mairie, un riche propriétaire terrien ou même un lieu de culte, elle incarne le sens orthodoxe de la doctrine apportée par les Espagnols avec leurs rois, ainsi que l’ordre quasi juridique de ce Protectorat qui s’étendait sur ceux qui « suivaient et professaient la vraie doctrine ». Dans les personnages, on remarque le détail et la richesse des vêtements, des brocarts et des broderies de tous les personnages, ainsi que la présence, dans le coin inférieur gauche, d’un timide lion hispanique derrière le roi, à ses pieds, tel qu’il apparaît dans d’autres représentations, comme celle attribuée à Sebastián de Herrera Barnuevo, symbolisant la force de la monarchie espagnole, la puissance, la force d’âme et la bravoure du roi face à ses ennemis.
Voir la version originale (English)
À propos de la vente Dialogues avec le passé : Vestigia
Lieu de vente
Date 02/07/2026 à 19h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi