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Pedro de Orrente (Murcie, 1580 – Valence, 1645)
« La rencont…
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Pedro de Orrente (Murcie, 1580 – Valence, 1645)
« La rencont…
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Estimation 10 000 € - 18 000 €
Lot volontaire
Description
Pedro de Orrente (Murcie, 1580 – Valence, 1645)
« La rencontre entre Jésus et la Samaritaine »
Huile sur toile.
81 x 102 cm.
Un certificat d’authenticité établi par M. José Gómez Frechina est joint.
José Gómez Frechina attribue le présent tableau à Pedro Orrente en se fondant à la fois sur sa grande similitude de composition avec d’autres versions connues du sujet et sur une série de caractéristiques stylistiques qu’il considère comme des traits typiquement autographes du maître murcien.
L’auteur souligne que ce «Christ et la Samaritaine au puits» constitue une œuvre jusqu’alors inédite dans le catalogue d’Orrente, bien que la composition fût déjà connue grâce à une autre version autographe publiée par Diego Angulo et Alfonso E. Pérez Sánchez, ainsi qu’à une troisième variante réalisée par un disciple de l’artiste. Selon Frechina, la grande similitude entre ces compositions s’inscrit parfaitement dans les pratiques d’atelier héritées de la famille Bassano, selon lesquelles Orrente développait de multiples versions d’inventions à succès afin de répondre à la demande de commandes.
D’un point de vue stylistique, Frechina affirme que les caractéristiques du tableau « révèlent le caractère autographe de Pedro Orrente », soulignant en particulier « les plis en zigzag typiques des drapés, l’utilisation contrastée de la lumière et de l’ombre, la précision du dessin, l’étude anatomique détaillée, la richesse des couleurs, les coups de pinceau vigoureux du ciel et la maîtrise dans la représentation des animaux, autant d’éléments qui renvoient à sa formation vénitienne ».
Il souligne en outre la présence d’éléments récurrents dans l’œuvre d’Orrente, tels que le paysage structuré par « ces masses d’arbres caractéristiques du peintre, se découpant sur un ciel bleuté parsemé de nuages », une formule qui revient à plusieurs reprises dans les œuvres attribuées avec certitude à l’artiste. La composition se déploie dans un vaste cadre naturel où le Christ, assis près du puits, s’entretient avec la Samaritaine tandis que les apôtres avancent au loin vers un centre urbain.
Frechina attire également l’attention sur certains motifs architecturaux à l’arrière-plan. Il note que le bâtiment en forme de dôme surmonté d’une lanterne apparaît dans d’autres œuvres autographes d’Orrente, notamment la « Crucifixion » du Metropolitan Museum of Art de New York et plusieurs versions des « Noces de Cana ». Cet élément architectural récurrent constitue un point de comparaison supplémentaire et significatif à l’appui de l’attribution.
Une importance particulière est accordée au chien placé à côté de la Samaritaine. Frechina relie ce détail au talent reconnu d’Orrente en tant que peintre animalier, rappelant les éloges que lui avait adressés Francisco Pacheco dans son *Arte de la Pintura* (1649), où Orrente est célébré comme l’un des plus grands peintres animaliers d’Espagne. Cet aspect de son œuvre explique également pourquoi la tradition de l’histoire de l’art l’a longtemps surnommé le « Bassano espagnol ».
Pris dans leur ensemble, la correspondance compositionnelle avec d’autres versions autographes, la qualité technique de l’exécution, la présence de motifs paysagers et architecturaux récurrents, ainsi que les traits stylistiques spécifiques identifiés par Gómez Frechina constituent les principaux arguments étayant l’attribution du tableau à Pedro Orrente.
L’œuvre peut donc s’intégrer en toute cohérence dans le corpus de maturité de Pedro Orrente, constituant un témoignage précieux de la puissance narrative et du naturalisme raffiné qui caractérisent l’œuvre de l’artiste traditionnellement connu sous le nom de « Bassano espagnol ».
Situé dans un paysage richement boisé et présentant un sens évident de la mise en scène et de la composition à l’italienne, ce tableau représente la rencontre entre le Christ et la Samaritaine, l’un des épisodes les plus célèbres du Nouveau Testament (Jean 4, 5-42).
Dans ce passage, le Christ s’arrête pour se reposer près du puits de Jacob à Sychar et brise les barrières culturelles de son époque en demandant de l’eau à une Samaritaine. Le message universel véhiculé par cet épisode est que, en s’adressant à une Samaritaine — un groupe marginalisé par la communauté juive — et en lui pardonnant son passé, le Christ démontre que son message de salut s’adresse à toute l’humanité.
Au cours de leur conversation, le Christ lui offre « l’eau vive », qui symbolise la grâce divine et le Saint-Esprit, en expliquant que quiconque en boira ne connaîtra plus jamais la soif spirituelle.
C’est également au cours de ce dialogue que le Christ révèle ouvertement son identité de Messie.
Cet épisode enseigne que Dieu recherche des fidèles qui l’adorent « en esprit et en vérité », indépendamment de tout temple physique ou sanctuaire terrestre.
Ce magnifique tableau se distingue par le naturel de ses personnages, dont les gestes, les expressions, les regards et les mouvements sont rendus avec une sensibilité extraordinaire. Une attention particulière est accordée à l’éloquence des mains et des visages, qui communiquent la profondeur spirituelle de la rencontre avec une dignité sereine et une grande humanité.
Véritable joyau signé par l’un des maîtres de l’Âge d’or espagnol, cette œuvre possède la rare capacité d’enrichir toute collection privée ou muséale. Elle invite à la contemplation silencieuse, transmettant un profond sentiment de paix à travers une scène de « sacra conversazione » à la fois simple, intime, détendue et profondément humaine.
Voir la version originale (English)
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Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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