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10 - ARTAUD (Antonin). Héliogabale ou l'Anarchiste couronné.

Estimation 1 500 € - 2 000 €
Description
ARTAUD (Antonin). Héliogabale ou l'Anarchiste couronné. Paris, Denoël & Steele, 1934. In-8, demi-chagrin orangé avec coins, tête dorée, couverture et dos (Reliure de l'époque). Édition originale ornée de six vignettes d'André Derain. Un des 5 exemplaires de tête sur pur fil. " S’il y a autour du cadavre d’Héliogabale, mort sans tombeau, et égorgé par sa police dans les latrines de son palais, une intense circulation de sang et d’excréments, il y a autour de son berceau une intense circulation de sperme." L'histoire d'Héliogabale telle que rappelée dans la thèse de Madeleine Turrell Rodack doit ici être racontée brièvement, puisqu'elle fait le lien avec le livre suivant, relatif au voyage d'Artaud au Mexique : "Il s'agit de la Syrie du troisième siècle, du jeune Varius Antonius, dit Héliogabale, qui, nourri dans la Syrie coloniale, devint empereur romain et installa à Rome le culte du soleil dont il avait été le prêtre à Emèse. Artaud se plonge dans une étude de ce culte du soleil et de celui de la lune, y trouvant l'opposition éternelle du principe masculin et du principe féminin qui sont à la base de l'univers. Les sacerdotes d'Emèse, comme les Incas, se disaient descendants du soleil. La description du temple du soleil où se passaient des rites sanglants et mystérieux, où se produisit une sorte de transmutation de sentiments et d'émotions surchargées qui devenaient la manifestation des forces des dieux, fait penser aux pyramides noires à chambres souterraines et à "idoles" sanglantes, aux sacrifices joyeux, même consentis, à la divinité, qu'on trouve chez les Aztèques. Mais Artaud veut montrer que cette religion syrienne, purificatrice à l'origine, avait commencé à se détériorer et à perdre son contenu. En était-il ainsi chez les Aztèques ? Il est pourtant certain qu'Artaud, qui avait déjà rencontré cette ancienne civilisation mexicaine dans ses recherches, pouvait bien rapprocher ces deux mondes dans son esprit. Le soleil était en effet, chez les deux, la divinite principale - le soleil, manifestation de l'unité, de l'Un vers lequel l'univers aspire et dans lequel il finira par se réincorporer. En faisant des recherches pour Héliogabale, Artaud a trouvé les matériaux nécessaires pour élaborer sa vision de la culture fondamentale du Mexique." Reliure défraichie, couverture légèrement insolée. Turell Rodack, Antonin Artaud et la vision du Mexique, 1974.
À propos de la vente Eros & Thanatos - Extraits choisis de la bibliothèque L-D S
Lieu de vente
Date 07/10/2026 à 14h00
Crédits photos :
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