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Edgar DEGAS (1834-1917) « Danseuse, arabesque ouverte sur la…
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Edgar DEGAS (1834-1917) « Danseuse, arabesque ouverte sur la…
Estimation 200 000 € - 300 000 €
Lot volontaire
Description
Edgar DEGAS (1834-1917)
« Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, bras droit à terre »
Modèle original en cire créé entre 1882 et 1895
Épreuve en bronze à patine brun- noir, fonte à la cire perdue ; édition de 20 épreuves numérotées de
A à T et de deux numérotés HER et HER D à partir de 1919
Signé « Degas » en creux sur la terrasse
Porte le cachet de l’éditeur «CIRE PERDUE / A.A. HEBRARD», le numéro du modèle et de
l’exemplaire « 2/ HER D » dans l’angle postérieur gauche de la terrasse
Hauteur : 27,5 cm, terrasse L. 38 x P. 11 cm ; Longueur totale : 42,5 cm ; Poids : env. 3,3 kg
Provenance : Succession Hébrard ; Galerie Drouant-David ; acquis auprès de cette dernière en 1952 par le père de l’actuel propriétaire ; collection particulière
Œuvres en rapport :
-Edgar Degas, Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, bras droit à terre, vers 1885-1890, cire originale, plastiline, armature en métal sur une base en bois, signé "Degas" dans la cire, dim. 29 x 43,2 x 24,2 cm, ancienne collection M et Mme Paul Mellon, Washington, National Gallery of Art, n°inv.1999.80.1;
-Edgar Degas, Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, bronze n°2 MODELE, porte le cachet "DEGAS" imprimé dans la cire avant la fonte, porte la marque de fonderie "CIRE PERDUE A.A.HEBRARD", porte l’inscription "2/MODELE" sur la terrasse, porte en dessous de la base, le numéro « 2 », dim. 28,3 x 20,4 x 36,7 cm (base 11,3 x 37,9 cm), Pasadena, Norton Simon Museum, n°inv. 1977.02.02;
-Edgar Degas, Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, bronze à patine brun-noir, marque avec signature, numérotation et marque de fonderie "Degas", "2/HER" et "A.A. HÉBRARD CIRE PERDUE", H.28.3 cm, provenance: Paul Rosenberg & Co., Inc., New York., Mr. and Mrs. Norton Simon, Los Angeles (acquis en 1964), Lucille Ellis Simon, Los Angeles, Vente Christie’s New York du 8/11/2000.
Autres exemplaires répertoriés conservés dans des institutions muséales:
-Edgar Degas, Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, fonte vers 1920, bronze numéroté "2/A", don de Mme H.O Havemeyer en 1929, New York, The Metropolitan Museum, n°inv. 29.100.398;
-Edgar Degas, Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, exemplaire 2/H, Tokyo, Bridgestone Museum of Art, Ishibashi Foundation;
-Edgar Degas, Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, entre 1921 et 1931, statuette en bronze patiné, signé sur la terrasse à droite "DEGAS", à l'arrière gauche cachet "CIRE PERDUE A.A. HEBRARD", gravé au-dessous du cachet "2/P", gravé à l'intérieur "2", H. 28,2 x L. 43 x P. 21 cm; pds. 3,3 kg, Paris, musée d'Orsay, n°inv.RF 2067;
-Edgar Degas, Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, statuette en bronze, signée "Degas", porte la marque du fondeur et le numéro "2/R"H. 27 cm, Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, n°inv. 2672.
Bibliographie :
-Joseph S. Czestochowski, Anne Pingeot, Degas Sculptures. Catalogue raisonné of the Bronzes, Memphis, 2002, notre exemplaire indiqué comme "non localisé" et répertorié sous le n°2 HER D, p.125.
Littérature en rapport:
-John Rewald, Degas, Works in Sculpture, A Complete Catalogue, New York, 1944, p. 24, no. XLI , un autre exemplaire illustré, p. 96;
-John Rewald, Degas Sculpture, London, 1957, no. XLI, un autre exemplaire illustré p. 152;
- Franco Russoli & Fiorella Minervino, L'opera completa di Degas, Milan, 1970, no. S3, la cire illustrée, p. 140;
-Degas Scultore, cat. exp. tenu au Centre Mostre di Firenze Palazzo Strozzi du 16 avril au 15 juin 1986, Mazzotta, p.101 et p.173 ;
-John Rewald, Degas's Complete Sculpture, Catalogue Raisonné, San Francisco, 1990, no. XLI, la cire illustrée p. 120, une autre épreuce illustrée p. 121;
-Ss dir Bruno Gaudichon et Catherine Chevillot, Degas Sculpteur, cat. exp., Roubaix, La Piscine-musée d’art et d’industrie André Diligent, 8 octobre 2010-15 janvier 2011, Paris, Gallimard, 2010, exemplaire 2/P illustré sous le n°98 p.175;
-Sara Campbell, Richard Kendall, Daphne Barbour, Shelley Sturman, Degas in the Norton Simon Museum, Ninetheenth-century art, volume II , Norton Simon Foundation, 2009, N°69 modèle, pp.362-364;
-Ss dir. Suzanne Glover Lindsay, Daphne S Barbour, Shelley G. Sturman, Edgar Degas Sculpture, Washington, National Gallery of Art, Princeton University Press, 2010, cat. n°33, cire originale, pp. 213-215;
-Gregory Hedberg, The Degas Plasters : Groundbreaking Revelations about Degas’ Sculpture and the Hébrard Bronzes, Stuttgart, Arnoldsche, 2023, pp.107-109.
Pour Edgar Degas la danse est un véritable laboratoire du mouvement. Il interprète le thème en deux et trois dimensions, jusqu’à trouver dans ses séries d’arabesques une sorte de phrase sculpturale idéale. À partir des années 1880, les ballerines deviennent un motif quasi exclusif. Observé au foyer de l'Opéra comme en studio, il capte dans ces instants éphémères le moment où l’effort affleure sous la grâce. La danseuse est pour l'artiste moins un sujet anecdotique ou pittoresque qu’un dispositif d’étude. Elle lui permet d’explorer le corps en action, les déséquilibres contrôlés, les tensions musculaires qui construisent une véritable architecture vivante.
Ses petites esquisses en cire procèdent directement de cette démarche analytique : Degas modèle d’abord pour lui-même, sans visée d’exposition ou de commercialisation, prolongeant dans l’espace les recherches menées sur le motif des danseuses en peinture et au pastel. John Rewald souligne que ces figures fixent « l’instant unique » où un geste s’achève tandis que le suivant se prépare, plaçant la sculpture dans une tension constante entre immobilité et dynamique interne. Dans cette perspective, la fascination de Degas pour la danse rejoint une réflexion plus large sur le corps comme harmonie matérielle, architecture tendue par le geste plutôt qu’idéal lisse et abstrait.
L’arabesque, loin de la virtuosité spectaculaire de la scène, devient le motif privilégié de cette investigation : pose tenue et fragile, où l’artiste scrute la mécanique intime du déséquilibre, l’effort tendu sous la grâce: la sculpture semble être prête à s'animer.
Dans Danseuse, arabesque ouverte sur la jambe droite, bras droit à terre conçue vers 1882-1895, Degas pousse à l’extrême cette logique de déséquilibre maîtrisé. Le corps s’élance en avant à partir d’un point d’appui minimal, tandis que le bras tombant vers le sol et la jambe en arabesque construisent une diagonale tendue qui inscrit la figure dans l’espace plus qu’elle n’en occupe la masse.
À sa mort, l’inventaire de l’atelier révèle un corpus important de plus de cent cinquante statuettes – notamment des danseuses, arabesques, figures en extension ou en flexion – dont soixante-treize font l'objet à partir de 1919 d'une édition posthume en bronze par la fonderie Hébrard selon un contrat signé en 1918 entre les héritiers de Degas et l'éditeur Adrien-Aurélien Hébrard
En vertu du contrat de 1918 qui prévoyait la réalisation de vingt épreuves pour chacun des différents modèles auxquels s’ajoutaient deux séries réservées, HER et HER D destinées originellement au fondeur et aux héritiers de Degas, notre exemplaire est marqué HER D. Il était considéré comme 'non localisé' dans le catalogue raisonné de Joseph S. Czestochowski, Anne Pingeot en 2002 et était conservé depuis 1952 dans la même famille.
À propos de la vente
Estampes - Dessins et Tableaux modernes - Sculptures - Art contemporain
Lieu de vente
Date
19/06/2026 à 14h00
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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