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un gros plan d'un morceau de papier sur lequel on a écrit
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10 - [SIGNOVERT Jean - BRAQUE Georges]

Estimation 300 € - 500 €
Description
[SIGNOVERT Jean - BRAQUE Georges] Manuscrit autographe inédit de Jean Signovert destiné aux Nouvelles de l'Estampe, S.D. Ensemble de 4 pages manuscrites à l'encre bleue sur papier quadrillé, 2 feuilles issues d'un cahier de brouillon à spirales in-, (22 cm) conservées dans sa chemise d'origine portant les mentions manuscrites en marge probablement de la main de sa femme Josie : "Paru dans les Nouvelles de l'Estampe mais revu avec Cl. Villard". Important texte de réflexion consacré à Georges Braque et à la gravure d'interprétation. Rédigé sous la forme d'un véritable manifeste professionnel, Signovert y évoque sa rencontre avec Braque, son rôle dans la transposition gravée de ses dessins et défend avec vigueur la place créatrice du graveur au sein du processus de l'estampe. Comparant son métier à celui du musicien interprétant Bach, Beethoven ou Mozart, il revendique explicitement sa collaboration avec Braque : « J'ai interprété Braque, pourquoi en rougirais-je ? Non et non ». Le texte constitue également un témoignage rare sur les pratiques de l'atelier de gravure au XXe siècle et sur les relations entre peintre et graveur. Signovert y cite plusieurs artistes majeurs dont il a interprété les œuvres gravées, parmi lesquels Hans Arp, Maurice Estève, Serge Poliakoff et Charles Lapicque. La conclusion, « Ni moi ni Braque n'avons menti », confère à l'ensemble la valeur d'une véritable profession de foi artistique. Plus qu'un article sur Braque, ce manuscrit constitue une vibrante défense du métier de graveur. Écrit avec un style direct, proche de l'oralité, il révèle un Jean Signovert intime, revendiquant avec passion la place du graveur dans le processus de création et répondant aux incompréhensions de certains collectionneurs à l'égard de la gravure d'interprétation. Manuscrit inédit d'un grand intérêt pour l'histoire de l'estampe moderne, la collaboration Braque-Signovert et l'étude des ateliers de gravure de l'après-guerre. Retranscription : "À propos d'une gravure (Honni soit qui mal y pense) La rencontre d'un jeune et d'un moins jeune n'est-elle pas intéressante, et ne doit-elle pas porter ses fruits ? Que doit-on préférer du pommier, du pommier qui porte la pomme, ou de la pomme elle-même ? On admire le pommier et on croque la pomme. Le soleil qui dore la chose a besoin de la chose. Cet magnifique rencontre que j'ai faite avec un des pionniers du cubisme, un des grands de la peinture de notre siècle, de cette époque énorme et colossale, reste et restera gravée en moi comme certaines marques sanglantes et indélébiles de mon enfance. Comme lui, comme eux, je m'étais fait moi-même, moi qui n'étais rien, que l'on ne voulait pas parce que je sois quelque chose. J'étais et je resterai quoi que l'on fasse, accroché à ce nom prestigieux. c'était ma revanche la plus belle qui me soit donnée. Voudrais ton maintenant que je la renie, pour lui, pour moi, pour mon art, pour la gravure à qui j'ai offert ma vie, par laquelle j'ai écrit dans le métal, toutes mes plus belles pages d'amour et de souffrance. Non je ne renie n'y ne renierai rien. Oui j'ai travaillé à côté de lui, comme l'on travaille à côté d'un être aimé. Oui, pour lui j'ai gravé avec un cœur énorme, interprétant ses dessins, faisant surgir avec ma pointe ou mon acide son dessin de la plaque de métal. Ce que mon père et ma mère m'avais donné, cadeau formidable à ma naissance, moi, Signovert je lui offrait. Je le lui donnai. une rencontre des plus proches, avec un de ces monstres sacrés du cubisme, j'en suis fier. Si j'étais musicien et que je devais interpréter Bach, Beethoven ou Mozart, j'en serais fier et ne voudrais les trahir. J'ai interprété Braque, pourquoi en rougirais-je ? Non et non. Vous, collectionneur, vous vous insurgissez pourquoi ne pas vous être renseigné avant, pourquoi ne pas apprendre notre métier permettez-moi de vous dire que vous me paraissez légèrement ridicule. Rendez-vous dans un atelier de graveur — pas d'imprimeur — de graveur, je dis bien, et regardez le travail, attendez 2 jours, 3 jours, 8 jours, un an, la naissance d'une gravure, et quand vous aurez vu comment on la porte et comment on l'accouche, alors vous comprendrez la gravure d'interprétation, faudrait-il qu'elle soit faite comme elle doit être faite. Sans trahir. mais qu'elle soit d'interprétation. J'ai gravé Arp j'ai gravé Estève j'ai gravé Poliakoff Lapicque aussi et si mon nom n'y est pas mis en lettres d'or cela est de votre faute et le perdant c'est vous. Mais vous avez choisi cette place par votre paresse et cela n'est que justice. Maintenant gardez nous à nous notre part de justice et de vérité. Ni moi ni Braque n'avons menti. Il faut bien que la fleur est sa tige. Et de ce servir l'un l'autre tous l'art est là." Usures, trous de punaise, ratures, quelques taches. Provenance : fonds d'atelier Jean SIGNOVERT.
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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