un tableau représentant une femme en manteau de fourrure, les mains posées sur le mentonPhoto 2/2 du lot
Lot phare sélectionné par la Maison de ventes.
Premium Wannenes Art Auctions

Estimation 20 000 € - 30 000 €
Description
ANTONIO MANCINI Albano Laziale, 1852 - Rome, 1930 Ophélie (étude) Signé « A Mancini » en haut à droite Huile sur toile, 61 x 48 cm Le tableau a été déclaré d’un intérêt historique et artistique extraordinaire et soumis à un régime de notification ; il ne peut donc pas être exporté hors d’Italie. Provenance : Venise, Collection Curtis Expositions : Première Exposition internationale d’art de la ville de Venise, Venise, 1895 Bibliographie : Première Biennale internationale d’art de la ville de Venise, Venise 1895, p. 110, n° 205 Deuxième exposition internationale d'art de la ville de Venise, catalogue de l'exposition, Venise 1897, p. 117 (Introduction au catalogue) E. Giannelli, Artistes napolitains vivants. Peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, Naples 1916, p. 306 D. Varagnolo, « Antonio Mancini à Venise, dates et souvenirs », dans Ateneo Veneto, année CXXXII, vol. 128, n° 1-2, Venise 1941, p. 3 A. Schettini, Mancini, Naples 1953, pp. 169, 239 (œuvre dont l'emplacement est inconnu) D. Cecchi, Antonio Mancini, Turin, 1966, p. 155 A. Schettini, La peinture napolitaine du XIXe siècle, vol. II, Naples, 1967, p. 170 D. Cecchi, « Hommes et histoires du Palazzo Barbaro », dans *Il Gazzettino di Venezia*, 17 septembre 1971, p. 3 A. Don Riccardo, *Catalogue d'art du XIXe siècle. « Vesuvio » des peintres napolitains, vol. II, Rome 1973, p. 287 A. Schettini, La peinture napolitaine du XIXe siècle, 4 vol., vol. III, Naples 1973, p. 170 P. Ricci, Art et artistes à Naples (1800-1943), Naples 1981, p. 69 (il indique à tort que l'œuvre a été exposée à Venise en 1897) Photo de groupe. Antonio Mancini et ses amis à Minori durant l'été 1922, Minori Aula Consiliare, catalogue de l'exposition sous la direction de M. Bignardi, Ravello 1992, p. 57 M. Quesada, M. Nicoletti, P. Pancotto, Musée d'art italien de Lima, Venise 1994, p. 163 T. Zambrotta, dans Catalogue général de la Galerie municipale d'art moderne et contemporain, sous la direction de G. Bonasegale, Rome 1994, p. 544 M. Castellarin, dans Antonio Mancini/Génie rebelle, Milan Bottegantica, catalogue de l'exposition sous la direction d'E. Savoia et S. Bosi, Crocetta del Montello 2016, pp. 28, 30 C. Virno, Antonio Mancini. Catalogue raisonné de l’œuvre. I, Peintures à l’huile sur toile, bois, papier et miroir, Rome 2019, p. 271, n° 411 L’une des rencontres les plus marquantes de la maturité artistique d’Antonio Mancini (Rome, 1852 ; 1930) fut celle avec Daniel Sargent Curtis, collectionneur américain et raffiné mécène des arts, qui, avec son épouse Ariana Wormeley Curtis, transforma le Palazzo Barbaro sur le Grand Canal en l’un des centres les plus importants de la culture internationale à Venise. La relation entre l'artiste et la famille Curtis dépassa le cadre traditionnel du rapport entre peintre et commanditaire, s'inscrivant dans une profonde communion culturelle au sein du milieu international raffiné qui animait la demeure vénitienne. Le lien avec Ralph Wormeley Curtis, fils de Daniel et Ariana, peintre et passionné d’art, qui disposait de son propre atelier au Palazzo Barbaro, fut particulièrement significatif. Entre les deux artistes s’établit une relation d’estime réciproque et de fréquentation, nourrie par les échanges dans leurs ateliers respectifs et par leur appartenance commune à ce milieu vénitien international qui réunissait des personnalités telles que John Singer Sargent, Henry James, James McNeill Whistler et Ettore Tito. Pour Mancini, le Palazzo Barbaro représentait non seulement un lieu prestigieux où il recevait des commandes, mais aussi un lieu privilégié de confrontation avec une culture figurative internationale. C’est là, entre avril et mai 1895, qu’il réalisa le célèbre portrait de John Lowell Gardner Jr., aujourd’hui conservé au Isabella Stewart Gardner Museum de Boston, lors du séjour vénitien de la famille Gardner. Les notes de John Gardner évoquent les séances de pose et les moments de convivialité passés avec Mancini et Ettore Tito dans les salles du palais. Présenté à la Première Exposition internationale d’art de la ville de Venise en 1895 (n° 205), le tableau présenté ici est désigné dans le catalogue sous le titre d’Ophelia (étude). Tout comme le Garçon romain (cf. Virno, cat. 332), lui aussi exposé lors de cette même manifestation et déclaré dans le catalogue comme appartenant à Daniel Sargent Curtis, l’œuvre faisait déjà partie de la collection vénitienne des Curtis, comme l’attestent les sources d’archives, bien que cette provenance n’ait pas été explicitement mentionnée dans la fiche d’exposition. La qualification d’« étude » pourrait expliquer l’absence de la grille caractéristique, élément fréquent dans la peinture de Mancini des années 1890. Grâce à ce procédé, l’artiste construisait la composition à partir de champs chromatiques individuels, qui n’acquéraient une unité visuelle complète que lorsqu’on les observait à distance. Dans les lettres adressées aux collectionneurs, et en particulier à Daniel Curtis, Mancini exposait sa méthode picturale et soulignait l’importance d’une distance de visionnement adéquate pour ses œuvres. Curtis, tout en appréciant sa force novatrice, privilégiait les tableaux dépourvus des traces visibles de la grille, demandant à l’artiste des œuvres « simples et grandes » et « sans cage ». L’œuvre représente une figure féminine en buste baignée d’une lumière rasante, identifiée comme étant Agrippina Ruggeri, l’un des modèles les plus fréquemment représentés par Mancini. La jeune femme apparaît la tête ceinte d’une couronne de feuilles qui s’étend également sur sa robe, la transformant en une présence suspendue entre le portrait et l’allégorie. La référence à l’Hémélie shakespearienne transparaît dans sa posture repliée, dans ses mains jointes et dans l’expression absorbée et mélancolique de la protagoniste. La composition révèle pleinement les qualités les plus novatrices de la peinture de Mancini : un coup de pinceau libre et vibrant, construit à partir de touches courtes et lumineuses, capable d’effacer la frontière entre la forme et la matière picturale. Le personnage se détache sur un fond à peine esquissé, tandis que la lumière concentre l’attention sur le visage et les mains, traduisant la dimension psychologique du sujet à travers une extraordinaire intensité expressive. La référence à l’univers shakespearien n’était pas un épisode isolé dans l’œuvre de l’artiste : environ trente ans plus tard, Mancini reviendra sur le thème d’Hamlet avec une autre esquisse consacrée au prince danois. En ce sens, « Ophélie (étude) » de 1895 représente un moment particulièrement significatif de sa recherche sur la figure humaine, suspendue entre réalité, introspection psychologique et suggestion symbolique. Conservée dans la collection Curtis du Palazzo Barbaro, cette œuvre constitue donc un témoignage exceptionnel non seulement de la maturité créative de Mancini, mais aussi du rôle joué par la famille Curtis dans le soutien et la mise en valeur de l’une des personnalités les plus originales de la peinture européenne entre le XIXe et le XXe siècle.
Voir la version originale (Italien)
À propos de la vente ISSUS DES COLLECTIONS CURTIS DU PALAZZO BARBARO : PEINTURES, MEUBLES, ŒUVRES D'ART
Lieu de vente
Date 29/09/2026 à 14h45
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
Vous aimerez aussi