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41 - JACOPO ROBUSTI, dit LE TINTORETTO
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Estimation 50 000 € - 80 000 €
Description
JACOPO ROBUSTI, dit LE TINTORETTO (Venise, 1518/19 - 1594) Vierge à l'Enfant (La Madonna Curtis) Vers 1538 Huile sur toile, 143 x 110 cm Ce tableau a été déclaré d’un intérêt historique et artistique extraordinaire et soumis à un régime de notification ; il ne peut donc pas être exporté hors d’Italie. Ce tableau a été déclaré d’un intérêt historique et artistique extraordinaire et soumis à un régime de notification ; il ne peut donc pas être exporté hors d’Italie. Provenance : Venise, collection Curtis, palais Barbaro sur le Grand Canal (depuis la fin du XIXe siècle) Bibliographie : R. Pallucchini, La giovinezza di Tintoretto, Milan 1950, p. 77, 154, note 23 Arslan, 1960, p. 33, note 44 R. Pallucchini, Tintoretto, Florence 1969, p. 10 L'œuvre complète de Tintoret. Présentation de C. Bernari. Appareils critiques et philologiques de P. De Vecchi, Milan 1970, n° 11, pp. 86-87 Pallucchini, La jeunesse de Tintoret. La jeunesse du Greco. Polycopiés, sous la direction de P. Rossi, Université de Padoue. Institut d'histoire de l'art, chaire d'histoire de l'art moderne, 1974-1975, pp. 57-58 R. Pallucchini et P. Rossi, Tintoret. Les œuvres sacrées et profanes, Milan 1982, I, p. 133, n° 15, illustré fig. 12 R. Echols, F. Ilchman, « Toward a new Tintoretto catalogue » dans Jacopo Tintoretto : Actas del Congreso Internacional, Madrid, Museo Nacional del Prado, 26-27 février 2007, p. 121, n° 5 A. Donati, « Tintoretto, retour à la case départ. Le problème du catalogue et un ajout hypothétique à Giovanni Galizzi », dans *Studi Veneziani*, LXXIII, 2016, pp. 275-276, note 63, fig. 4 Appartenant depuis la fin du XIXe siècle à la célèbre collection de la famille anglo-américaine Curtis du Palazzo Barbaro sur le Grand Canal ; l’un des cercles culturels les plus raffinés de la Venise fin de siècle, fréquenté par Henry James et John Singer Sargent –, la toile présentée ici constitue un témoignage d’une importance extraordinaire pour retracer les débuts de l’activité de Jacopo Robusti. Le tableau s’inscrit avec une grande rigueur philologique dans le débat sur la jeunesse du peintre, se présentant comme un élément crucial pour comprendre son évolution stylistique. Son importance sur le plan qualitatif et formel trouve un écho précis dans le récent essai d’Andrea Donati (cf. Donati 2016), qui qualifie le tableau de « d’une grande beauté », y reconnaissant « toutes les caractéristiques du jeune Tintoret, qui fait ici ses premiers pas avec une audace absolue ». Dans cette phase germinale, datable vers 1538, la composition résout de manière magistrale et empirique les premières influences vénitiennes : d’une part, on y perçoit les échos du paysage et de la spatialité perspective raffinée de Bonifacio Veronese ; dûment mis en évidence en son temps par Rodolfo Pallucchini –, d’autre part, on perçoit déjà ce sentiment de monumentalité débordante emprunté aux modèles de Jacopo Sansovino, artisan de la diffusion de la « manière » du centre de l’Italie à Venise. C’est précisément ce dialogue intense avec la culture toscane et romaine qui pousse le jeune Tintoretto à opter pour un choix technique singulier et d’une extrême précision d’exécution, en préparant la toile à la manière d’un panneau, en appliquant une couche d’apprêt si dense et méticuleuse qu’elle dissimule entièrement la trame du tissu. Sur cette surface lisse, Jacopo définit les volumes avec une fierté du trait et une application chromatique qui devaient paraître bouleversantes aux yeux de ses contemporains et, comme le suggère Donati, une telle « arrogance » picturale a sans doute ébranlé les canons rigides de la vieille garde vénitienne, suscitant la méfiance précoce et la suspicion de Titien Vecellio face à un talent aussi autonome et indomptable (cf. Donati 2016). D’un point de vue strictement matériel et conservatoire, la surface picturale est actuellement recouverte d’un vernis ancien, dont l’épaisseur atténue son éclat d’origine, mais on devine aisément, comme le note Donati, qu’un nettoyage des vernis superficiels promet de redonner aux tissus et aux teints leur vivacité vibrante d’origine, révélant pleinement la superbe qualité chromatique et l’efficacité des contrastes lumineux (cf. Donati, Le jeune Tintoret, catalogue de l’exposition sous la direction de R. Battaglia, P. Marini, V. Romani, 2018, n° 29 (cité)
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À propos de la vente ISSUS DES COLLECTIONS CURTIS DU PALAZZO BARBARO : PEINTURES, MEUBLES, ŒUVRES D'ART
Lieu de vente
Date 29/09/2026 à 14h45
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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