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ASTROLABE PLANISPHÉRIQUE PERSAN MÉDIÉVAL en laiton doré, dat…
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ASTROLABE PLANISPHÉRIQUE PERSAN MÉDIÉVAL en laiton doré, dat…
Estimation 45 000 € - 50 000 €
Lot volontaire
Description
ASTROLABE PLANISPHÉRIQUE PERSAN MÉDIÉVAL en laiton doré, daté de 744 de l'Hégire lunaire [= 1343 du calendrier grégorien].
Pièce historique issue d'une collection privée. Cet astrolabe est signalé pour la première fois en 1996 par Madame Dominique Brieux, celle-ci fournit une première description, publiée en 2021, dans le Répertoire des facteurs d'astrolabes constitué par Alain Brieux et Francis Madison.
Cet instrument remarquable, se distingue à plusieurs niveaux − esthétique, historique et scientifique - il est ici décrit pour la première fois, de manière précise.
L'instrument a été réalisé par un fabricant reconnu, issu de la famille al-Kirmānī : une famille réputée de facteurs d'astrolabes sur quatre générations, originaires de la région de Kermān située au sud-est de l'Iran. Six autres astrolabes, du même constructeur Jaʿfar, fils d'ʿUmar al-Kirmānī sont actuellement connus : cet exemplaire est le plus ancien d'entre eux.
Cet astrolabe a été réalisé au XIVe siècle après l'invasion mongole de la Perse, pendant le règne de Abu Ishaq Inju, ou Abū Esḥāq (1321-1358), dernier souverain de la dynastie mineure des Inju, l'une des dynasties mineures qui ont régné par intermittence sur la Perse après l'effondrement des Ilkhanides. La région de Kermān est au cœur du conflit entre divers chefs régionaux visant à contrôler le sud-est de la Perse. Cet instrument a sans doute été conçu en vue d'une expédition conquérante dans cette région ; en effet, le souverain Inju tenta par deux fois, en 1345, de mener à Kermān des expéditions qui se soldèrent par un échec.
L'instrument, en laiton finement gravé, est fondu entièrement d'une seule pièce avec le limbe et le fond. Il comprend un trône surélevé et ciselé, il est de forme trilobée avec deux lobes formant des boucles percées de chaque côté. Un percement central est doté d'un étrier à double anneau de suspension. L'exécution du trône (Kursi) est caractéristique des astrolabes fabriqués par la famille al-Kirmānī.
La signature de l'astrolabe en koufique ainsi que sa date, indiquée en numération abjad, apparaissent au dos de l'instrument, dans le quart supérieur droit de la mère :
« Fait par Jaʿfar b. [ibn] ʿUmar ibn Dawlatshāh al-Kirmānī | En l'année 744 de l'Hégire lunaire, 1614 de l'ère d'Alexandre, 715 de l'ère de Yazdagird. »
Son commanditaire est Yūsuf b. [ibn] Muḥammad b. [ibn] 'Alā' ad-dīn al-Miskī. Son nom est gravé au dos de la mère, dans la partie inférieure centrale. Aucune correspondance avec ce nom n'a pu être établie jusqu'alors : Yūsuf, fils de Muḥammad, fils de 'Alā' ad-dīn [Noblesse de la religion] al-Miskī [le musc en arabe], probablement un conquérant de la dynastie Inju.
Le trône (Kursi) porte une inscription poétique gravée en persan naskhī qui se poursuit sur les deux côtés du trône et qui indique approximativement :
کشیدە تیغ عالمگیر روشن رای بخشد
« La lame / épée dégainée du conquérant du monde au jugement assuré darde »
شعایش عنکبوتی شکل، دورانش سطرلابی
« Des rayons en forme d'araignée tournant comme un astrolabe »
Cette inscription en naskhī, qui se distingue des inscriptions calligraphiées en koufique (kūfī) sur l'ensemble de l'instrument, est coulée dans un métal argent et a été calligraphiée vraisemblablement, par une autre main, à une date sans doute postérieure. Cette pratique destinée à augmenter la valeur marchande d'un objet authentique est signalée par David A. King (version en ligne, p. 322 et suivantes).
Le pourtour du limbe porte une inscription en arabe الواثق بالملک الاکبر سلطان اسکندر
« Al-wāthiq bi-l-malik al-akbar / Sulṭān Iskandar », ce qui signifie « Celui qui place sa confiance dans le plus grand des rois, le sultan Iskandar ».
La signification de cette inscription et la personne désignée par le terme al-wāthiq, ainsi que l'identité précise du sultan, restent incertaines. Il s'agit peut-être d'une évocation à Alexandre le Grand, nommé Iskandar en Perse, roi charismatique et héros mythique, très souvent invoqué dans les récits de bravoure et de conquête.
Sur le dos de la mère figure un limbe divisé à 90° ainsi qu'un carré des ombres, sur les quarts inférieurs des échelles de cotangentes sur le limbe ainsi qu'une table astrologique.
Le fond de la mère comporte un répertoire géographique inscrit en koufique et en cercles concentriques avec, au centre, un premier cercle donnant les indications du nord et du sud (répétées deux fois). Les cercles concentriques suivants offrent une liste de localités (en Iran et Asie centrale, Irak, Egypte, Syrie et Inde) avec, pour chaque localité : la longitude, la latitude et l'inḥirāf (azimut de la kibla ou direction de la Mecque).
Le fond de la mère est percé en bas d'une mortaise (placée dans l'axe central à un centimètre du bord du limbe environ) celle-ci porte un tenon de forme circulaire, celui-ci permet de maintenir en place les tympans percés. Les tympans sont au nombre de cinq, dont trois tympans entièrement gravés en koufique sans point diacritique, deux tympans sont doubles. Les tympans gravés présentent sur l'une des faces une table des horizons. Deux tympans ne comportent aucune inscription, sur l'un d'entre eux figure une étiquette ancienne, contrecollée et rédigée en persan à l'encre noire qui indique :
« L'astrolabe est en bon état, composé de trois simples disques, fabriqué par Al-Kermāni. ».
Dans la description donnée par Madame Dominique Brieux (p. 109 du Répertoire des astrolabes.), l'araignée est mentionnée comme manquante et les tympans sont au nombre de 4, dont le tympan portant l'étiquette manuscrite. L'araignée actuelle, de facture inférieure et de type safavide, a été ajoutée ultérieurement ainsi que probablement le tympan vierge. Il en va de même pour l'alidade à pinnules, qui ne porte ni inscription ni échelle, ainsi que l'axe et le cheval, vraisemblablement ajoutés à l'instrument initial.
Cet astrolabe, premier exemplaire connu de ce constructeur, est à considérer de façon certaine.
Dimensions : Diamètre : 14,7 mm ; H. avec anneau de suspension : 210 mm, sans : 175 mm ; épaisseur : 7 mm.
Provenance : Collection particulière, France (Normandie)
Références bibliographiques :
- Alain Brieux, Francis Madison (avec la collaboration de Youssef Ragheb), Répertoire des facteurs d'astrolabes et leurs œuvres en Terre d'islam, édition préparée par Bruno Halff et Muriel Roiland, Turnhout, Brepols, 2021. Cet exemplaire apparaît sous le n° 9, T. I, p. 109 et T. II, figures. 129-130-131. L'instrument décrit en partie par Dominique Brieux est présenté sans araignée et avec seulement 4 tympans dont le tympan portant une étiquette manuscrite.
- Robert T Gunther, Astrolabes of the World, The Holland Press, 1976, pp. 128-129.
- David A. King, "Medieval Astronomical Instruments: A Catalogue in Preparation ... Parts 1.1-2.3, October 1996 version [en ligne].
Anglais :
REMARQUABLE PERSIAN BRASS ASTROLABE CONSTRUCTED DURING MEDIEVAL PERIOD - 14th Century
Signed by Jaʿfar ibn ʿUmar al-Kirmānī in the year 744 (Hijra) [= 1343]."
Historical Astrolabe from a private collection, manufactured by a famous maker, this astrolabe was first documented by Dominique Brieux in 1996 and featured in the *Répertoire des facteurs d'astrolabes* published in 2021. It is described in detail here for the first time.
Fiche rédigée par Madame Marine FROMANGER Expert Membre de la CNE - Librairie Alain BRIEUX
Description du lot modifiée le 08/07/2026 à 12h24
Crédits photos : Contacter la Maison de ventes
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